Autisme·Psychophobie

L’effet plante verte

Ici, je vais surtout parler de mon expérience propre. L’effet plante verte, c’est de l’exclusion sociale. La différence avec l’exclusion classique, c’est qu’elle est plus insidieuse. En gros, une personne exclue ne pourra pas venir avec les autres à la table.

Une personne traitée en plante verte, elle, pourra s’asseoir avec les autres, mais on l’ignorera quand elle parlera, on la coupera sans arrêt, on ne lui dira pas « bonjour » ou « aurevoir », demandera des nouvelles de tout le monde sauf d’elle, etc. A côté de ça, les gens diront peut-être à la personne qu’elle est « leur amie » et feront semblant de l’inclure.

L’exclusion classique, comme l’effet plante verte, ce n’est pas juste se « sentir un peu seul » ou être un peu mis à l’écart de temps en temps. En effet, se sentir un peu seul et à l’écart une fois de temps en temps, ça arrive à tout le monde et n’est pas grave. Ce qui est problématique dans l’effet plante verte, c’est que ça vise toujours les mêmes personnes, tout le temps.

Les témoignages que j’ai récoltés montrent que l’effet plante verte arrive énormément à des personnes anxieuses, borderline, autistes, HP, dépressives, etc. Bref, à toute sorte de personne neuroatypique. Et cela vient en général de groupes de neurotypiques. C’est donc une forme de psychophobie.

Il faut noter aussi que cela ne dépend pas forcément du fait de partager des centres d’intérêt ou non. Dans les expériences que j’ai récoltées et la mienne, l’effet plante verte nous arrive souvent avec des personnes NT malgré le fait de partager des centres d’intérêt.

En outre, ce n’est pas juste « de la malchance », puisque ça se répète avec des groupes différents, dans des circonstances différentes (travail, association, militantisme, lycée, collège, voyage…). 

Le lycée

Lorsque je m’installais à une table, les gens ne me disaient pas « bonjour » si je ne le faisais pas en premier. Et pire, quand ils venaient s’installer à MA table (où j’étais en premier donc), ils ne le faisaient pas plus. J’ai testé en ne disant rien, de temps en temps, pour voir.
Lorsque je disais quelque chose, ils ne répondaient pas ou répondaient de manière laconique, avant de reprendre leur discussion comme si je n’étais pas là. 

De temps en temps, j’avais une vraie discussion avec une personne (c’était rare mais ça arrivait)… Sauf qu’en général, il y avait toujours un connard pour venir, parler à l’autre personne (d’autre chose) sans me calculer, et m’exclure de ma propre discussion. 

Les gens avaient décrété que j’étais « asocial » de manière arbitraire, parce que je ne partageais pas certains centres d’intérêt communs (par exemple, jouer au foot avec les garçons), entre autres. Du coup, ils ne me proposaient jamais d’aller au cinéma avec eux (par exemple), alors que j’aurais pu être intéressé. Ensuite, de temps en temps, ils me faisaient remarquer que je « restais seul » (alors que c’étaient eux qui ne m’invitaient pas 

Par contre, ils se souvenaient de mon existence quand ils avaient besoin d’une info, d’un service, en cas de travail en groupe (pour me refiler tout le travail parce que j’étais fiable), ou pour s’amuser de mes bizarreries. Ou, parfois, pour être intrusifs. 

Tout le monde avait vaguement remarqué que je collais pas aux stéréotypes des hétéros (ce que je suis pas), mais je ne collais pas non plus aux stéréotypes sur les homos (ce que je suis pas non plus, d’ailleurs). Et ça devait les stresser, entre ceux qui voulaient savoir si « je me branlais » ou m’intéressais à des filles, et les quelques-uns qui me faisaient des blagues carambar sur l’homosexualité pendant plus de 40 minutes, pour m’amener à me trahir. 

Pour rester sur ce sujet, pour les gens, j’étais un garçon visuellement, j’avais une tête de garçon… mais ils ne me percevaient pas et ne me traitaient pas réellement comme un garçon. En bref, j’étais une sorte de créature bizarre, classable socialement ni dans les filles, ni dans les garçons, ni dans les homos, ni dans les hétéros. Et chez qui les différents aspects (tête, corps, façon de parler, de me tenir, etc) « n’allaient pas ensemble ». Et c’était à peu près la seule chose qui intéressait les gens chez moi en tant que personne (ça devait mettre du piquant dans leur quotidien). 

Personne n’était « méchant », ouvertement hostile ou agressif. Bien sûr, il y avait tous les jours au moins une ou deux perles (psychophobes, sexistes, homophobes), mais toujours sur un ton de blague, de fausse camaraderie… 

Tout le monde m’aimait bien, comme une bonne plante verte qui décore et qui amuse les autres juste en existant, qui rend parfois des services, et qui ne dérange pas (trop). Enfin, si jamais je remettais les gens en place, là, on arrêtait de bien m’aimer par contre… 

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Bébé Groot fait la danse de la victoire.

La licence

Et à la fac, cela a continué, sous d’autres formes.

Au début, ça avait l’air sympa, il y avait des groupes qui m’avaient invité à les rejoindre (sans que je n’aie à taper l’incruste). Sauf que, rapidement, ça a recommencé. 

Par exemple, en L1, j’étais dans un groupe de quatre/cinq personnes. Les autres parlaient de leurs centres d’intérêt respectifs et s’écoutaient (et je les écoutais), mais moi, dès que je parlais de mes intérêts on ne m’écoutait pas. 

Ils continuaient aussi souvent leur conversation commencée en cours, sans prendre la peine de m’expliquer de quoi ils parlaient. Ou parlaient de leurs amis (ils se présentaient tous leurs amis, mais moi je ne les rencontrais jamais), des sorties qu’ils avaient fait (et auxquelles je n’avais, bien sûr, pas été invité)…

J’ai parfois demandé gentiment et poliment si on pouvait aller à une table ronde, manger à un endroit moins bruyant (pour que j’entende), de m’expliquer de quoi ils parlaient… mais ça ne changeait rien. 

J’ai bien essayé de changer ça, en leur demandant gentiment parfois (de changer de table, de manger dans un endroit moins bruyant, de m’expliquer plus…), mais sans résultat.

Je me suis éloigné assez rapidement. Par respect pour moi-même, je n’ai jamais aimé ramper aux pieds des gens pour avoir du respect. Donc, j’ai essayé d’aller vers d’autres gens, groupes… et le problème s’est répété chaque fois. 

Il y a eu ce groupe où les gens (qui me traitaient en plante verte au quotidien) se sont souvenus de moi un jour… pour tenter de fouiller dans ma vie privée. 

Il y a eu cette fille qui était devenue « amie » avec moi, parce qu’on avait les mêmes horaires (donc elle se servait de moi pour passer le temps… jusqu’à ce que ses vrais amis soient là). Elle aimait bien aussi s’inscrire avec moi aux travaux de groupe, me laisser faire tout le travail, me demander de la couvrir en cas d’absence… En plus, j’ai découvert que (derrière ses dehors tolérants) elle était bien homophobe et raciste. 

Il y a eu cet « ami » qui s’intéressait à moi pour se défouler sur moi par des petites piques (même si je lui renvoyais dans les dents), pour que je lui prête des objets, lui serve de faire-valoir quand il draguait, l’aide dans ses dissertations (et si je m’étais laissé faire je lui aurais fait ses dissert entières…), et puis qui m’a pris comme son grand ami après avoir rompu avec sa copine (il s’emmerdait). Ensuite, il a trouvé une autre copine, et je n’existais plus. 

Quand je l’ai remis en place pour de bon, il a coupé les ponts et demandé à tous ses amis de faire pareil. Une relation de respect ça ne devait pas l’intéresser…

Et l’effet plante verte ne concernait pas que mes « amis ». Je connaissais presque tout le monde dans l’amphi, mais personne ne me disait jamais bonjour spontanément. 

Le master

En master, c’est devenu encore plus évident. Les gens, sauf exception, ne me calculaient pas DU TOUT. Même quand je disais « bonjour » ou « aurevoir », les gens n’avaient pas la politesse de base de répondre (trop absorbés par leurs petites conversations). En licence, au moins, les gens me répondaient…

Le milieu homo

J’ai fréquenté plusieurs années un forum gay et lesbien, et je suis souvent allé aux rencontres entre membres. 

De temps en temps, c’était de super moments où j’étais totalement inclus. Avec le temps, j’ai appris que ces personnes qui avaient été inclusives étaient toutes neuroatypiques d’ailleurs (un surdoué, deux hypersensibles…). Tiens tiens. 

Par contre, face à des groupes neurotypiques, c’était la catastrophe. Que le groupe soit petit ou grand, qu’on soit dans un bar, un parc, une salle de billard… c’était pareil, d’ailleurs. 

Dans une conversation, j’essayais de parler. Voilà ce que ça donnais. 
Moi « truc à dire sur le sujet de la conversation ». 
Eux « oui tu as raison » / « oui c’est vrai » / « OK ». Ensuite, ils se remettaient à parler entre eux, comme si je n’avais rien dit. Et ça pouvait arriver quatre ou cinq fois dans une discussion. 

Et là aussi, j’entendais toujours parler de soirées où tout le monde (y compris des nouveaux) semblait invité, et moi (vétéran chevronné du forum) non. Les gens se demandaient des nouvelles (détaillées) entre eux, et demandaient même des nouvelles des absents, mais pas des miennes. Sans oublier les private jokes et les messes basses excluantes. 

Le pire c’est que même à MES évènements (organisés par moi, donc), c’était pareil

Après, je conçois très bien qu’ils n’aient pas eu envie d’être amis avec moi, de m’inviter à leurs soirées, etc. C’est une question de goûts et de choix personnels. Je respecte.

Sauf que là, on n’était pas dans des apéros privés entre potes. On était dans des événements publics, supposés être inclusifs. Et pas réservés aux personnes (neurotypiques) qui faisaient partie du club… 

A un moment donné, il faut être cohérents. Soit tu organises un événement entre potes, et tu n’invites que les gens que tu veux voir. Soit tu organises un événement public et inclusif, tu assumes, et tu fais l’effort d’inclure les personnes avec qui tu n’as pas (pour autant) envie d’une amitié. Mais tu invites pas les gens pour ensuite les traiter en pot de fleurs. Et tu ne vas pas à leurs événements pour les ignorer. 

J’ai ensuite été invité (par mon copain de l’époque, M) aux soirées d’une association gay et lesbienne étudiante. 

Quand j’y allais avec lui, les gens faisaient un effort minimal de politesse (me dire bonjour, échanger quelques mots, essayer légèrement de me connaître…) parce que j’étais « le copain de M ». Enfin, parfois. Parfois aussi, ils ne parlaient qu’à M et pas à moi.

Quand j’y allais seul, j’étais invisible. Il y avait ceux qui papillonnaient toute la soirée d’une personne à l’autre, sans s’attarder sur personne (et qui ne me remarquaient souvent même pas). Et il y avait ceux qui restaient en petits groupes, dans lesquels je n’étais jamais inclus. 

La seule exception, ça a été un mec bourré, malheureux et jaloux, qui avait été mis à l’écart par ses potes (pour ne pas plomber l’ambiance festive…), et qui s’est donc rabattu sur moi comme confident. Lui non plus, cependant, ne me prêtait pas attention le reste du temps. 

Encore une fois, ne pas vouloir être amis avec moi, je respecte, j’accepte, je comprends. Mais encore une fois (aussi), c’était un espace qui se voulait inclusif (LGBT). Pas une soirée entre potes. 

Cela m’est aussi arrivé dans le travail, en voyage

Pourquoi c’est irrespectueux 

1 – C’est hypocrite et trompeur

Les gens nous font croire et nous disent qu’on est leurs amis, pour ensuite nous ignorer, se servir de nous, voire nous marcher dessus. Ils profitent donc de nos handicaps sociaux, de notre isolement, de notre manque d’expérience sociale, etc. 

C’est finalement une escroquerie affective et sociale, puisque nous on met du temps, de l’énergie, de l’argent (restos, bars…), de l’investissement mental, et eux ne font que se servir avant de nous jeter. Et là, on se rend compte, comme une claque, qu’on n’a encore pas de (vrais) amis. 

C’est doublement hypocrite dans les milieux qui se présentent comme inclusifs (milieu homo…). Surtout que, bon, quand on est neuroatypique ET qu’on n’est pas hétéro-cisgenre, on est doublement exclus de la société « normale ». Et on se retrouve exclus AUSSI dans le milieu homo… 

2 – On ne « consent » pas à être une plante verte

Ce consentement est vicié, il n’existe pas. Parce qu’il est basé sur un mensonge, une fausse apparence, sur nos handicaps sociaux… 

Pourquoi l’effet plante verte existe

Les personnes friandes de séries américaines qui se passent au lycée, se diront : c’est normal, il y a les populaires, et puis il y a les autres. Cela a toujours été comme ça depuis Mathusalem, et cela sera toujours comme ça. 

D’autres personnes neuroatypiques pensent que c’est ELLES le problème. Que ELLES ne font pas bien quelque chose, que ELLES ne donnent pas envie aux gens de les inclure et de les respecter… Parce que si tout le monde fait ça, c’est forcément que quelque chose déconne dans leur manière d’être à ELLES. 

Je suis passé par là aussi, essayant désespérément de comprendre ce qui n’allait pas, ce que je pouvais faire de mieux…

La réponse était simple, en réalité. Rien. Je ne pouvais rien faire de plus ou de mieux, car ça ne dépendait pas de moi, mais des personnes NT. 

Je l’ai compris pour deux raisons

1 ) En fréquentant des milieux où les gens me traitaient avec respect, ou au moins comme une personne. Même ceux qui ne m’aimaient pas moi (ou mon blog, mes idées…). Comme par hasard, des personnes neuroatypiques. 

Si il existe des milieux sans effet plante verte, c’est que ça n’a rien d’automatique et ne vient pas de nous, mais des personnes qui se comportent ainsi. 

2 ) En discutant avec des personnes autistes plus âgées, qui m’ont expliqué que je n’avais pas un langage corporel de neurotypique (regard, posture, voix…). Et que c’était ça qui coinçait. 

En plus du langage corporel, il y a aussi ma manière de raisonner, de structurer mes idées et mes phrases, de m’habiller, de manger… qui me mettent à part. 

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14 réflexions au sujet de « L’effet plante verte »

  1. Je ne suis pas neuroatypique, mais c’est fou comme je me reconnais là-dedans ! C’était comme ça avec la plus part des gens avant que je connaisse la première personne avec qui j’étais pas comme une plante verte. Maintenant je m’inclue pas quand y’a pas d’effort de l’autre côté. :’)

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  2. Je ne sais pas si je suis neuroatypique ou pas, mais j’ai reconnu ici une grande partie de ma vie sociale. L’effet plante verte j’ai bien connu, mais le summum ça a été durant mes deux premières années d’études supérieures au point que j’en ai fait une dépression et que j’ai abandonné des études qui me plaisaient pour me réorienter.
    Maintenant j’ai réussi à (presque) outrepasser ça, mais se faire des amis reste très difficile pour moi, mais engager la conversion ne me pose généralement pas de problème puisque plus je suis mal à l’aise, plus je vais parler, c’est limite un don du ciel d’être aussi bavarde même si ça a beaucoup d’inconvénient.

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  3. Très probablement neuroatypique moi même (mais non diagnostiqué), je reconnais mon vécu du primaire et en partie du collège dans ton témoignage. Puis j’ai appris à jouer des codes parfois, à les repérer de plus en plus finement, au point de dépasser la plus part de ceux que je connais dans leur perception et interprétation du non verbal… Et au final, je ne saurait dire à quel point je me suis rendu compatible avec les NT, ou a quel point je me suis rendu filtrant pour ne côtoyer que des neuroatypique (ou NT très inclusif)

    Néanmoins, je n’ai pas la même perception de l’irrespect des NT. De mon point de vu, il n’est probablement pas si simple (même si certains y arrivent, parfois sans en percevoir d’effort) pour des NT de s’adapter aux autres. Pourquoi ?
    Parce-que pour s’adapter il me semble falloir :
    – l’occasion d’apprendre (et un NT à de forte chance de ne connaitre que pas ou peu de NAT, donc moins d’occasion de comprendre comment s’adapter)
    – le besoin d’apprendre (si 95% de son entourage ne nécessite pas d’effort d’adaptation, qui ressent le besoin de s’adapter au 5% restant ? pas tout le monde)
    – les capacité d’apprendre (comprendre est accepter que nous ne somme pas tous égaux me semble d’autant plus difficile que l’on n’est pas confronté à ces inégalités personnellement. En étant dans la norme dominante, il me semble plus facile de supposer que tout le monde marche comme soi-même (qui est un référenciel pratique car observable et interogable à volonté), alors qu’en étant hors norme, et plus particulièrement hors norme neural, les innégalités interne à chacun sont rappellé chaque jour (sans forcément être identifié pour autant, il m’aura fallu plus de 25ans pour accepter ces différences) )

    Et selon un principe de responsabilité non violente qui m’est chère, je trouve que c’est à celui est gêné de chercher à dissiper ça gène, pas à ceux qui ne sont pas gêné et donc n’ont pas de raison de vouloir consacrer de l’énergie à dissiper cette gène, peu importe qui est « légitimement en tord », c’est celui qui à la gène qui à envie de la résoudre.
    Un exemple qui n’a rien a voir avec la neurotypicité :

    Dans un local associatif, une personne s’investit beaucoup, et trouve inadmissible que les autres ne face pas le minimum qu’est de laver leur verre après s’en être servi.
    Plutôt que de fustiger les autres (violence par ingérence dans la liberté des autres de ne pas le faire)
    Il lui est possible de faire la vaisselle pour tout le monde (au risque de se faire violence, de développer du ressentiment et d’en vouloir aux autres)
    Mais il lui est possible aussi de déporter la gène aux autres en mettant les verres sale dans un coin où il ne gène pas la personne très investie, mais devrons être lavé avant usage par chacun.

    Bref, trouver un moyen soit de s’adapter aux autre, soit que les autres ai envie de s’adapter à nous.

    Pour ma part, j’ai développé un look qui écarte ceux qui n’auraient pas envie de s’adapter, et qui attise la curiosité de ceux qui on envie de me découvrir (et qui provoque des réactions satisfaisante chez les NT plutôt que de les subir de façon inacceptable tel que ça l’était auparavant)

    PS : je trouve toujours d’une extrême violence, de dire :
    > qui démontre que les oppressions à l’envers (comme la NT-phobie, ou le racisme antiblanc, l’hétérophobie…) ne peuvent pas exister.
    Qu’on préfère utiliser un autre terme qu’oppressions pour désigné les [dominance]phobie, pour faire comprendre qu’il y a une différence de vécu, systémique et ordinaire dans un cas, réactive dans l’autre, je l’entend très bien. Mais formuler ainsi, ce que j’entends c’est que les violences subie par une personne identifié comme dominante sont nié que leur ressenti est considéré illégitime, bref, qu’elle n’ont pas le droit de souffrir parce-qu’elle sont privilégié, qu’elles n’ont pas le droit de faire reconnaître inaccessibilité des violence qu’elles peuvent subir, même si c’est exceptionnellement… Et qu’en leur niant ce droit, ces dominant essai de se défendre face à ceux qui les traitent ainsi, de du coup les deux camps entretiennent une opposition plutôt que d’écouter et de reconnaître ce que subissent les autres, quand bien même les proportions sont terriblement différentes.
    Je reste toujours outré par les « faites ce que je dis, pas ce que je fais », et nié la violence que quelqu’un qui a subi peu développer en vers chaque individu d’un ensemble identifié comme bourreau, pour demander ensuite à ces même individus, qu’il ai été individuellement violent ou non, de ne pas être violent alors qu’ils viennent de subir une violence réactive… ça me semble perdu d’avance, et incohérent.
    Je ne dit pas qu’une personne oppressé à toujours la ressource pour réagir autrement que violemment, et ne lui jetterais pas la pierre, mais nier qu’un privilégié puisse subir une violence réactive en étant identifié comme potentiel agresseur, ça me semble être une violence supplémentaire, évitable et contre-productive.
    (un avis d’assigné dominant, assigné privilégié (je n’ai pas demandé à l’être, et ne le suis en pratique que sur certains des plans parmis ceux où je suis considéré comme tel) qui s’efforce de respecter chaque être, mais pour ne pas avoir à être irrespectueux, se tiens à l’écart de ceux qui ne le respecte pas en lui faisant violence, que ce soit par oppression systémique, sur les plans ou je suis hors norme, ou par hostilité d’opprimés quand je suis identifié aux dominants)

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  4. Un petit complément sur mes propos sur « c’est à celui qui est gêné de faire le nécessaire pour évacuer sa gène », je ne dit pas que c’est « normal », ce que je trouve, c’est que c’est le plus constructif, à titre individuel, puisque c’est ce qui pousse à agir sur ce sur quoi on peu agir le plus facilement : soit-même.

    Après, collectivement, je suis pour faire prendre conscience que tout le monde est, sur un plan ou sur un autre, à certain moment seulement dans le meilleur des cas, dans la position de la minorité gêné ou carrément opprimée. Du coup, en prenant conscience de cela, cela pousse à être collectivement aidant et respectueux de ces exceptions qui perturbe nos habitudes et enrichissent nos quotidiens. Mais pour moi, ce n’est pas à celui qui est gêné d’imposer (ou de vouloir imposer) au autres de dissiper sa gêne, mais à lui de s’en occuper, éventuellement en sensibilisant les autres pour qu’il choisisse de dissiper sa gêne. Mais dans un cas on est dans la violence, dans l’autre dans l’émancipation, l’écoute et la bienveillance.

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  5. Alors, déjà, l’exemple de la personne qui fait tout dans ton association n’a non seulement rien à voir avec le fait d’être NT ou pas, mais surtout rien à voir avec les questions de privilège ou d’oppression. Enfin, à moins que tu me dises pas tout (par exemple, c’est la seule femme sur 10 hommes et elle se tape toutes les tâches ingrates, ou c’est le seul jeune, ou le seul noir ou la seule noire… évidemment dans ce cas ça changerait la donne, mais c’est pas le sujet ici, bref).

    Donc, je réponds à la suite
    « Parce-que pour s’adapter il me semble falloir :
    – l’occasion d’apprendre (et un NT à de forte chance de ne connaitre que pas ou peu de NA, donc moins d’occasion de comprendre comment s’adapter) »

    Je crois que tu sous-estimes le pourcentage de NA dans la population. Dans un groupe un tant soit peu grand (par exemple une classe ou un groupe de rando de 20 personnes) il y a toujours des NA.
    Simplement la plupart du temps ça ne se « voit pas » tout simplement parce que ce n’est pas marqué sur le front et que leur comportement ne correspond pas à l’imaginaire.

    De plus, si on suivait ta logique, on pourrait dire pareil pour les hétéros, ou les cisgenres (par rapport au cissexisme et à la transphobie), ou les non-juifs (par rapport à l’antisémitisme), etc. Que ils n’ont « jamais rencontré » des personnes homo/bi/pan, trans, juives (en fait si, tout le monde en a rencontré mais souvent on ne le sait pas c’est tout) et donc leurs comportements de dominants ordinaires (les blagues, les commentaires problématiques…) sont excusables.

    « – le besoin d’apprendre (si 95% de son entourage ne nécessite pas d’effort d’adaptation, qui ressent le besoin de s’adapter au 5% restant ? pas tout le monde) »

    Mais encore une fois, dans ce cas, moi je suis mince et je ne connais maximum que 5% de gros, pourquoi j’arrêterais d’être grossophobe ? Je suis blanc et je connais une minorité seulement de personnes racisées, quel besoin ai-je de ne plus être raciste ?
    (Quand je dis grossophobe et raciste ici, je pense aux formes ordinaires hein, pas seulement aux agressions physiques et aux insultes directes).

    Et puis, encore une fois, les cisgenres sortent le même argument par rapport aux trans. C’est une petite minorité, donc pourquoi s’emmerder à faire l’effort d’utiliser les bons pronoms et accords pour une personne (par exemple, appeler « elle » une femme trans), à arrêter les blagues transphobes, les questions et remarques déplacées…

    Quand on fait l’effort de ne pas se comporter en privilégié, on ne le fait pas POUR SOI (ou en attendant une récompense, normalement du moins). On le fait par souci de JUSTICE. Pour les personnes concernées. C’est un peu égocentrique d’ailleurs, d’un point de vue de privilégié, de se poser la question en termes de « ça m’apporte quoi à moi ».

    Cependant, j’admets, dans les faits la plupart des privilégiés sont égocentriques. C’est pour ça qu’on doit se battre quotidiennement pour s’imposer. Et que par exemple, en ce moment un de mes amis trans et Aspie est obligé de se battre quotidiennement à son boulot pour qu’on respecte ses besoins spécifiques en tant qu’Aspie et pour qu’on le genre au masculin (et pas au féminin). Il devrait faire quoi, rester gentil avec ces gens qui lui manquent de respect avec le sourire et tranquillement, sous prétexte qu’iels n’ont pas eu l’occasion ou le besoin d’apprendre ?

    « – les capacité d’apprendre (comprendre est accepter que nous ne somme pas tous égaux me semble d’autant plus difficile que l’on n’est pas confronté à ces inégalités personnellement. En étant dans la norme dominante, il me semble plus facile de supposer que tout le monde marche comme soi-même (qui est un référenciel pratique car observable et interogable à volonté), alors qu’en étant hors norme, et plus particulièrement hors norme neural, les innégalités interne à chacun sont rappellé chaque jour (sans forcément être identifié pour autant, il m’aura fallu plus de 25ans pour accepter ces différences) »

    Oui certes, mais enfin les personnes (NT) dont je parles dans l’article, elles savent TRES BIEN être respectueuses et inclusives, puisqu’elles le sont ou l’ont été avec toutes les autres personnes sauf moi, et parfois quelques autres (ces quelques autres, comme par hasard, c’était toujours soit quelqu’un de gros, soit quelqu’un de très malentendant, soit quelqu’un de NA, soit quelqu’un de noir ou arabe ou asiatique…).

    Donc ce n’est pas une question de capacités, puisque la majorité des NT font ça très bien avec tout le monde sauf les personnes (identifiées comme) minoritaires. Parce que dans ce cas, ça implique d’adapter leur communication (a une personne malentendante, Aspie) dans certains cas, et de dépasser leur rejet instinctif dans tous les cas.

    Et puis surtout, ce que tu décris plus haut : pas de « besoin d’apprendre » et pas « d’occasion » d’apprendre, c’est tout simplement le PRIVILEGE.

    Je m’explique (mais c’est tout simple, en fait). Le fait (pour une personne dominante A) de ne pas avoir besoin d’apprendre à respecter et à inclure certaines catégories de population (opprimées), c’est parce qu’autrement dit, la personne A peut se permettre de leur manquer de respect et de les exclure à volonté sans jamais craindre de conséquences.

    Et en plus, la personne A en général, elle est tellement centrée sur sa perspective de groupe dominant, qu’elle ne VOIT MEME PAS que les autres existent. Ou dans certains cas, elle voit un peu du coin de l’oeil mais comme c’est pas confortable elle tourne les yeux, d’ailleurs.
    Un des premiers signes du privilège, c’est justement que la personne en haut ne voit pas sa situation dominante (ou peut choisir de l’ignorer), et le second c’est qu’elle peut s’essuyer les pieds sur les gens en dessous.

    J’insiste sur le fait que c’est un privilège, autrement dit, ce n’est PAS DU HASARD NI DE LA MALCHANCE.

    Pas « l’occasion », ben ça rejoint mon propos sur le fait de ne pas voir. La personne privilégiée A, elle pensera souvent que tout le monde ou presque est comme elle. Si elle est cisgenre, elle pensera que tout le monde est cis. Si elle est hétéro, elle pensera que tout le monde est hétéro (il lui viendra pas à l’idée que la personne à côté d’elle ou de la table en face qui l’entendent faire ses blagues ne le soient pas).

    Ou dans certains cas, c’est parce que les privilégiés restent entre elleux. Donc, forcément, iels n’ont pas l’occasion, puisqu’iels excluent les autres à la base. Tu vois, la boucle est bouclée.

    Ensuite, quand tu dis que c’est aux personnes gênées de faire l’effort de dissiper leur gêne, bah ça pose encore et toujours les mêmes problèmes. Transpose ça à d’autres groupes opprimés, pour voir.
    Une femme dans un groupe de mecs cis, qui se prend du sexisme ordinaire à longueur de journée, elle doit donc elle-même faire l’effort de dissiper sa gêne ? (comment, d’ailleurs ?). Ou partir ? Même si c’est son boulot et que la démission va la mettre ELLE dans la merde ? Donc autrement dit ELLE doit partir et en payer le prix, pendant que les autres restent tranquilles, alors que c’est ELLE la victime ?

    Et ça marche aussi pour l’homophobie, le racisme, la grossophobie, la transphobie…

    Non, évidemment ça ne marche pas, cette solution-là. Si la personne « s’adapte » (c’est à dire, en gros, s’écrase ou du moins rentre dans ce qu’on attend d’elle), elle ne cesse pas d’être opprimée. Si elle s’en va, elle paye le prix de son départ et a toutes les chances de retrouver la même chose ailleurs (ou pire).

    Donc oui, parfois il vaut mieux aller contre la « liberté de ne pas le faire » des dominants, comme tu dis.
    D’ailleurs cette expression est super problématique, en soi. Par exemple, mon ami trans dont je parles plus haut, tu défends la « liberté » de ses collègues de le genrer au féminin même si ce n’est pas une femme ? Et de l’appeler par le mauvais prénom ?

    Pour finir.
    Si tu veux avoir une idée de à quoi l’hétérophobie et le racisme anti-blanc ressembleraient VRAIMENT, vas voir cette page.
    https://trolldejardin.wordpress.com/2016/01/23/voyage-en-pays-hetero-cisphobe-raciste-antiblanc/

    Ensuite, j’ai pas mal de privilèges moi-même. Classe moyenne (basse certes), Blanc, Mince, Valide, déjà.
    J’ai vécu toute ma vie dans un arrondissement avec au moins un tiers d’asiatique, et un tiers de noirs et d’arabes. Au collège c’était plutôt un tiers de noirs, un tiers d’arabes, un tiers de blancs et d’asiatiques (je me rappelle plus les proportions exactes de ces deux groupes). Niveau harcèlement contre moi ça venait de partout, je précise. Et en étant d’une famille avec plus de revenus que la plupart des autres, vivant dans la meilleure partie de l’arrondissement aussi. On n’est pas des gros riches mais comparé aux autres, privilégiés.

    Depuis quelques temps je fréquente pas mal les milieux queer, féministe, etc. J’ai rencontré pas mal de personnes racisées, remontées contre le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme (normal puisque ça les concerne). Et aussi des personnes handicapées, assez remontées contre le validisme, ou (considérées comme) grosses et remontées contre la grossophobie (idem). Et souvent ces personnes cumulent plusieurs oppressions d’ailleurs. Pas mal encore une fois sont plus pauvres que moi.

    Pourtant je n’ai jamais subi le moindre racisme anti-blanc, ou la moindre hostilité de principe en tant que valide, mince, personne de classe moyenne. Non seulement ça mais au collège, les quasi-seules à prendre ma défense contre le harcèlement étaient des filles noires et arabes.
    Et plus récemment, dans le milieu queer et assimilé, pas mal de mes ami.e.s sont des personnes racisées et/ou handicapées. Tu sais, les personnes remontées contre le racisme et le validisme. Bah elles sont pas pour autant racistes anti-blanc ou validophobes, sinon elles n’auraient pas d’amis comme moi (ou d’autres de leurs amis hein).

    Tout ça pour dire que :
    la plupart du temps, j’ai constaté que lorsque (par exemple) un hétéro parle d’hétérophobie, un cis de cisphobie, etc,

    A ) Soit la personne a dit un truc problématique et on lui a fait remarquer pas très gentiment. Ben oui, quand on parle de « trucs de pédé » ou qu’on confond travesti et trans ou qu’on dit que des victimes de viol l’ont peut-être un peu cherché, si il y a des personnes concernées, on risque de se prendre un Scud. C’est pas agréable mais c’est toujours 100 fois moins violent que pour la personne en face. Donc il y a FRANCHEMENT pas de quoi en faire une maladie, de se prendre un Scud dans ce cas.

    Moi-même récemment, j’ai sorti un truc bien raciste par inadvertance, devant 60 personnes en plus, bon par chance je ne crois pas qu’il y avait de personne concernée, mais si il y en avait eu, elle aurait eu raison de me remettre en place. (et bien sûr je me suis excusé direct en voyant ce que j’avais dit).

    Et en général, dans ce cas quand ça tourne au drama, c’est parce que justement, la personne qui a dit le truc refuse de s’excuser, ou s’excuse en mode « oui je m’excuse MAIS… » et rejette la faute sur autre chose. Là évidemment, ce n’est plus un Scud que la personne va prendre, mais toute une rafale. Mais en même temps, c’est un peu de sa faute hein.

    La personne peut avoir dit ou FAIT un truc problématique d’ailleurs. Par exemple, organiser un évènement « inclusif » dans un lieu pas accessible aux personnes handicapées et avoir juste oublié cet aspect. Ou donné la parole que aux hommes cis toute une soirée en laissant les femmes et les autres dans le silence.

    Dans ce cas ce n’est PAS de l’hétérophobie/racisme antiblanc/whatever, puisque la personne ne se prend pas de l’hostilité pour ce qu’elle EST (hétéro, blanche, valide…), mais pour ce qu’elle a DIT ou FAIT. C’est pas du tout pareil donc.

    B ) Soit des personnes concernées ont fait remarquer à la personne qu’elle s’exprimait à leur place, ou prenait trop de place dans leur espace.

    Par exemple, si une personne hétéro se met à expliquer comment on devrait s’organiser pour la Gay Pride, comment on devrait militer le reste de l’année, à dire « tu devrais faire ton coming out » à une personne homo ou bi…
    Clairement ça va pas le faire. Et là aussi elle risque de se prendre des Scud. Non pas parce qu’elle est hétéro en soi, mais parce que du fait de son PRIVILÈGE hétéro, elle ne peut pas SAVOIR ce que les personnes concernées vivent.

    Et parce qu’elle est moins LÉGITIME a parler sur le sujet qu’eux. En parlant à leur place, elle leur confisque la parole et va encore essayer de garder le pouvoir sur eux, en réalité (même si elle ne s’en rend pas compte).

    C ) Soit la personne va gueuler à l’oppression à l’envers parce qu’une loi a été mise en place pour rééquilibrer les choses.

    Exemple : la parité hommes-femmes, certains mecs crient au sexisme anti-hommes. Bah oui mais non, ça permet juste de rétablir une certaine justice dans les proportions.
    Autre exemple : les places de stationnement pour handicapés. Oui, il y a des valides qui trouvent ça injuste.

    D ) La personne dominante s’est faite « exclure » d’un lieu non-mixte fait par et pour des personnes opprimées.
    Par exemple, dans l’association de jeux pour autistes que je participe à monter en ce moment, du coup, les NT sont exclus. Normal, puisque c’est censé être un lieu où les autistes peuvent se sentir bien, ne pas subir de psychophobie, ne pas être jugés… Un lieu entre nous quoi.

    Ce n’est pas CONTRE LES NT, cette exclusion, c’est POUR NOUS ET NOTRE BIEN-ÊTRE.
    Pourtant, dès que ce genre de lieux existe (que ce soit en non-mixité trans, lesbienne, bi, asiatique ou autre), il y a toujours des gens non-concernés qui essayent de rentrer de force et crient à l’injustice.
    Ensuite, ces gens vont souvent dire « mais c’est hétérophobe », « mais c’est cisphobe », « mais c’est raciste anti-blanc », « mais c’est NTphobe »… de les exclure.

    Et à part dans des lieux communautaires et/ou militants, les catégories dominées, de toute manière, n’ont PAS LE POUVOIR de discriminer les autres. Elles ne le font donc pas, parce qu’elles ne PEUVENT PAS.

    En pratique, par exemple, si je suis au boulot (moi, blanc) avec des personnes pas blanches, et qu’une d’elles se met à m’insulter et à me harceler en tant que blanc, la hiérarchie et les autres collègues vont probablement lui tomber dessus direct en meute. Si je me plains (avec un minimum de preuves) je pourrais probablement faire entendre ma plainte.

    Alors qu’en sens inverse, moi je pourrais faire pareil beaucoup plus facilement, mon comportement sera toléré ou carrément suivi par la majorité (blanche), on me trouvera plein d’excuses (par exemple « c’est de l’humour »), même si je suis sanctionné (parce que j’ai été VRAIMENT loin) la sanction sera toujours plus légère qu’elle aurait été dans l’autre sens…

    Et c’est pareil pour l’hétérophobie ou la NTphobie.

    « Mais pour moi, ce n’est pas à celui qui est gêné d’imposer (ou de vouloir imposer) au autres de dissiper sa gêne, mais à lui de s’en occuper, éventuellement en sensibilisant les autres pour qu’il choisisse de dissiper sa gêne. Mais dans un cas on est dans la violence, dans l’autre dans l’émancipation, l’écoute et la bienveillance. »

    NON.
    Ça, c’est de l’injonction à la pédagogie et à la bienveillance. Je ne vois pas pourquoi des gens qui se prennent de l’oppression DEVRAIENT être bienveillants avec leurs oppresseurs. Déjà comme tu l’as dit tout le monde n’a pas ce luxe, mais même quand on a le choix, pourquoi ça serait un DEVOIR ?
    Et pourquoi les personnes opprimées devraient passer leur vie à expliquer en boucle les mêmes choses aux gens en face, alors qu’il suffirait que ces personnes dominantes aillent un minimum se renseigner (c’est pas comme si il y avait pas des centaines de blogs d’info comme le mien, par ex).

    On peut avoir envie d’être pédago, dans ce cas tant mieux. Mais on peut aussi vouloir imposer aux autres, non pas de « dissiper une gêne » mais de se comporter avec respect, tout simplement. Quitte à passer par le conflit.
    Dans ce cas, si conflit il y a, c’est la personne dominante qui le crée d’ailleurs (en refusant de devenir respectueuse), pas la personne opprimée qui s’impose. Il faut pas inverser les rôles.

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    1. Whaou ! Mille merci d’avoir pris le temps de me répondre en détail !

      Avec ta réponse je me rend compte que je partage beaucoup plus ton avis que l’impression que j’en avais eu à la lecture de l’article.

      En fait, il y a une différenciation dont j’ai pris conscience via ta réponse et que je n’ai pas vu dans ton article et peut-être pas fait dans mon premier commentaire :
      – Ce qui est fait et quels sont les mécanisme qui fond que c’est ordinaire, que ceux qui le fond n’ont pas de raison égocentriste de changer.
      – Ce que nous, personne subissant au moins une oppression avec suffisamment de force pour vouloir lutter contre et être solidaire des autres oppressions, bref, ce que nous défendons pour plus égalité voir d’équité.

      Du coup, avec cette grille de lecture, l’essentiel de ce que j’ai dit rentre dans la première catégorie, et fait que je considère qu’un privilégié en ce sens ne « doit » pas changer, parce qu’il n’a rien qui l’y pousse égocentriquement.
      Mais que nous (le même nous inclusif de toutes oppressions) qui somme les gêné (ou bien plus que juste gêné) avons intérêt à faire changer.
      Du coup, je suis gêné avec l’usage du « ils doivent » qui ne me semble pas représentatif des injonctions légal ou culturelles actuelles, donc des droits et devoirs actuels, et je serais plus alaise avec un « Ils devraient pour être respectueux » ou exprimer clairement en revendiction « Nous voulons qu’il devienne normal de » (normal cachant autorisé et admis ou obligatoire selon les contextes).

      > Donc oui, parfois il vaut mieux aller contre la « liberté de ne pas le faire » des dominants, comme tu dis.
      > D’ailleurs cette expression est super problématique, en soi. Par exemple, mon ami trans dont je parles plus haut, tu défends la « liberté » de ses collègues de le genrer au féminin même si ce n’est pas une femme ? Et de l’appeler par le mauvais prénom ?

      Typiquement dans cet exemple, j’acte cette liberté factuelle, je ne la défend pas. Et du coup, oui ça me semble aux communautés opprimées (et solidiaires) de faire évoluer ce qui est considéré comme normal, légitime, autorisé, pour prendre en compte leur cas (ce qui est aussi égocentrique pour celui qui subi (de ne plus vouloir subir), et l’est moins, ou beaucoup plus indirectement pour ceux qui en sont solidaire, bref l’égocentrisme me semble une bonne grille de lecture pour comprendre les motivations des gens, et l’altruisme ou la solidarité, une compréhension que l’égocentrisme de chacun est généralement mieux servi collectivement).

      Pour l’injonction à la pédagogie, effectivement, c’est une approche qui me semble préférable, mais avec les précisions sur les cas d’oppressions inversé qui n’en sont pas que tu site en commentaire, effectivement, les violences inclusives que je dénonçais deviennent des légitimes défenses aux quelle je n’ai rien à opposer (si ce n’est que dans un monde idéal, j’aime à penser qu’on puisse toujours faire autrement).

      Bref, merci beaucoup pour ta réponse !

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    2. Bah pour la pédago je suis d’accord MAIS je pense que c’est le taf des alliés avant tout. Par ex moi je suis blanc, donc sur le racisme j’ai le luxe de m’éduquer et d’aider les autres blancs a mieux comprendre. Quitte a encaisser leurs remarques racistes. Parce que c’est pas MOI personnellement que ça touche.

      Par contre demander aux concernés d’être pédago ca pose problème. Parce que c’est encore leur dire quoi faire.

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    1. Pour l’Effet Matilda, je ne vois pas trop de rapport.

      Pour l’Effet Mathieu, à la limite, par rapport à « l’abondance d’amis » et au fait de pas aller vers quelqu’un déjà isolé car « sans amis » justement.

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  6. Bonsoir,
    Merci pour ton article très complet. Et d’ailleurs merci de partager tous ces articles, ça permet de remettre des choses en perspectives, de réfléchir sur nos (mon) propres comportements, en tant que privilégiés et en tant que victimes.
    Pour ce qui est de la plante verte, je me définie surtout comme un fantôme. Je l’ai bien connu se sentiment de honte et de responsabilité autant à l’école qu’au travail, bien que ce fut pire après, parce que j’en avait plus conscience. J’en était même arriver à la conclusion que je n’existait effectivement pas, pas pour tout le monde en tout cas, comme une sorte d’hologramme, ou un personnage d’invention, bref, c’est bien la première fois que je lis ça. Et ça me fait à la fois plaisir de partager ce vécu et pas du tout car ça ne devrait pas exister.
    J’ai encore beaucoup d’autres articles à lire car bien des sujets sont intéressant alors j’y retourne !
    Merci

    Aimé par 1 personne

  7. Je me demande, est-ce qu’on peut vraiment parler de neurophobie (ou de psychophobie) si le groupe ne savent pas que la personne est neuroatypique, ou que ses membres n’ont pas réellement de connaissances sur la neuroatypicalité? En même temps, si une personne demande des clarifications ou tente d’interragir, ça ne montre pas qu’elle veut faire partie de la discussion?

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    1. Oui on peut parler de psychophobie parce que même si ce n’est pas clairement conscient, ce sont bien les CARACTÉRISTIQUES autistiques (ou schizophréniques ou autres) qui poussent les NT à exclure la personne.

      D’ailleurs les NT traitent toujours les autistes, les HP, les bipolaires etc de « débiles », « fous », « bizarres », « intellos » etc.
      Même quand la personne n’a eu aucun diagnostic et que personne ne sait directement.

      Les NT la voient bien la différence

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