Autisme·HP·Psychophobie

Les cancres et les intellos

[Cet article a été écrit en février 2016. Maintenant, on est en octobre 2017. Entre temps, j’ai pris conscience que je suis HP, moi aussi. A l’époque, j’étais dans le déni total par rapport à ça. Notamment, je pensais que je n’étais « pas assez intelligent », « pas un génie » donc « je peux pas être HP ». Et je percevais les personnes HP comme forcément plus intelligentes que moi, plus cultivées, réussissant mieux leurs études et leurs carrières, plus intégrées socialement… 

Depuis, j’ai compris que être HP ne veut pas dire « être plus intelligent » ni « avoir des facilités partout » mais que c’est beaucoup plus complexe. Et que le mot est trompeur. Bref. Cela explique certains passages.]. 

Bon, une fois n’est pas coutume, cet article-là, je l’écris surtout avec mes tripes (et en le démarrant je ne sais pas exactement où je vais avec). D’ailleurs ça introduit bien le sujet.

D’habitude justement, je rédige mes articles un peu comme des dissertations. Avec un plan (construit à partir d’une liste d’idées) dans la tête, des parties, des sous-partes, des transitions, une intro, une conclusion. J’ai l’habitude d’écrire et de parler un peu comme dans les livres. 

D’ailleurs, j’ai souvent été considéré comme un intello, dans ma scolarité. Déjà, au primaire, ma grande passion de l’époque était la lecture (bon, depuis j’aime toujours ça mais c’est moins central). En particulier sur l’histoire, la géopolitique, la mythologie… Au collège et au lycée, c’était toujours le cas. D’autant que j’étais dans la minorité d’élèves qui ne foutaient jamais la merde en classe, quasi-irréprochable pour les profs, et plutôt investi dans les cours de français, d’histoire, et de philo. En plus au collège j’avais pris l’option latin. J’étais aussi l’enfant/préado qui participait naturellement aux conversations d’adultes même sur des sujets un peu pointus.

Pour couronner le tout, mes parents se sont demandés si je n’étais pas « précoce », « surdoué » , et à un moment, on m’a fait passer un test dans un centre psy (dont nous n’avons jamais eu le résultat d’ailleurs). Et les gens qui me rencontraient croyais tous que j’étais un « bourge » (spoiler : pas du tout), parce que dans leur tête, « intello » = « prétentieux » = « bourge ». 

Évidemment, le côté « intello » n’aide pas pour éviter le harcèlement, la mise à l’écart et l’effet plante verte. Sauf pour devenir la bonne poire des tricheurs, ça va de soi.

Et pourtant, au collège comme au lycée, je ne faisais pas réellement partie des bons élèves. Les « vrais bons », celleux qui ont 15, 16, 17, 18. Il faut dire que je ramais pas mal en langues, dans les matières scientifiques et qu’en sport, j’étais une catastrophe ambulante. En grande partie à cause du fait d’être autiste et aussi (voire surtout) du fait que l’enseignement soit avant tout fait par des neurotypiques, pour des neurotypiques. Bon, c’est plus compliqué que ça, j’en ferais sûrement un ou plusieurs articles aussi, mais ce n’est pas le sujet tout de suite.

Bref, au collège, il y avait le groupe « bons élèves » (en gros, les blancs de classe moyenne, neurotypiques, à l’aise avec les profs et l’école, à qui on pardonnait toutes les petites transgressions), le groupe « cancres » (en gros les noirs, les arabes, et quelques blancs prolos, qui étaient neurotypiques aussi et avaient des relations tendues avec les profs). Et moi, pile au milieu, qui ne rentrait dans aucun. Et qui ai été harcelé des deux côtés, d’ailleurs.

Les premiers ont fini dans des lycées d’élite, les seconds en professionnel, et moi dans un lycée général moyen.

Une fois au lycée, c’était différent, il n’y avait globalement que des gens blanc.he.s et de classe moyenne, comme moi d’ailleurs (ça c’est pour poser le décor). Je suis allé en S, première erreur. Parce que on nous avait martelé que la S c’était « les classes des meilleurs » et blablabla, et j’ai voulu me prouver que moi aussi je pouvais (je commençais justement à complexer sur mon intelligence à l’époque). J’avais dit à mes parents « je veux aller en S parce que c’est un choix stratégique, ça ouvre plus de portes ». Mais la vraie raison c’était me rassurer sur mon intelligence. 

C’était une erreur, parce que j’ai (évidemment) continué à ramer dans les matières scientifiques. Sauf la SVT où ça allait pas trop mal (mais justement, en SVT on nous demandait beaucoup de rédaction, c’était presque littéraire comme exercice dans la forme). Bon, j’ai toujours maintenu un niveau correct (en ramant) mais tout juste.

Donc bon, évidemment, ça n’a pas arrangé mon malaise par rapport aux autres élèves (en majorité) qui souvent avaient des cours particuliers dans les matières scientifiques, plus de facilités en sciences (et en sport), des meilleurs résultats, et qui avaient déjà le projet de devenir ingénieur, médecin, pharmacien ou d’aller en école de commerce… pour avoir des bons salaires.

Moi, déjà, je savais que ça allait être particulièrement la merde pour moi au niveau des études et du milieu du travail. Je n’avais jamais entendu le mot « autisme » ou « handicap » pour moi, mais malgré tout, j’étais conscient que ça n’allait pas le faire. 

De plus, je n’étais pas du tout dans la même démarche que mes camarades NT. Moi, j’ai toujours eu besoin de m’intéresser aux choses réellement et profondément pour les assimiler, donc en gros, soit ça m’intéresse et ça marche bien, soit ça marche pas. Pas réellement de demi-mesure. 

Eux, ils ne s’intéressaient aux choses que superficiellement, mais se forçaient sans trop de problèmes. Pour leur image auprès des parents, des autres élèves et des profs, leur future carrière… Cela ne les empêchait pas de se comporter comme des crabes, parce qu’ils restaient plus intéressés par leurs interactions sociales NT que par les cours et qu’ils avaient de toute façon confiance dans leur avenir. 

Bref, paradoxalement j’étais un peu l’intello (bon et investi dans les matières littéraires alors que presque tout le monde s’en foutait, et calme) et le cancre (vu mes performances en sciences et en sport) en même temps. 

D’ailleurs c’est plus en L que j’aurais eu ma place, entouré de gens qui lisaient beaucoup, réfléchissaient à la politique, militaient pour certains, etc. Bon, heureusement, j’ai eu mon BAC d’extrême justesse. 

A noter cependant que même au lycée, j’ai encore eu deux/trois personnes qui ramaient encore plus que moi (puisque moi je m’en sortais pas mal dans les matières littéraires) et m’ont pris pour leur bonne poire, notamment dans les travaux « en groupe » que j’ai fait seul…

A la fac, les choses sont restées similaires. Malgré les heures que j’ai passées sur mes dissert et autres commentaires, je n’ai jamais réussi à avoir que des résultats moyens, voire médiocres dans les matières principales, faute d’avoir jamais assimilé la « bonne » méthode de travail. En fin de licence, un prof m’a d’ailleurs dit que je faisais des textes « d’école de journalisme » (je n’étais pas en journalisme). J’ai eu mes trois années encore une fois par l’anglais, les options historiques et géopolitiques. Et puis j’ai rapidement réalisé que je n’étais pas à l’aise dans ma filière, j’ai donc passé trois ans à chercher la meilleure réorientation en changeant tout le temps d’avis.

Déjà, pendant ma licence, je commençais à bien comprendre ce que les fameux cancres pouvaient ressentir (se demander ce qu’on fout là, ce qu’on va faire de sa vie, ramer pour approcher un peu le niveau des autres, se dévaloriser…). D’ailleurs, ça ne fait pas de mal, comme leçon de vie.
Et puis, en me réorientant, en entrant en M1 dans une filière (où supposément je serais brillant, car passion depuis l’enfance, tout ça), je me suis encore plus planté qu’avant. Et là pour le coup, je me suis vraiment senti LE Cancre du groupe.

Dès le premier jour du Master, ça a mal démarré. Je suis arrivé en n’ayant pas encore de sujet de mémoire, en n’ayant pas les infos… En gros, je m’étais réorienté. Et je n’avais pas réussi à gérer correctement les procédures administratives (trop compliquées pour un autiste comme moi) et la recherche d’infos sur les filières (éparpillées dans tous les sens sur les sites des facs). Encore un aspect du système scolaire excluant pour mon handicap.  

Du coup, j’arrivais sans connaître les profs, en n’ayant qu’une idée vague du sujet de la filière, et sans avoir de sujet de mémoire (j’ai dû bluffer, en inventer un en catastrophe). Et donc, sans avoir commencé à travailler mon mémoire. 

Les autres élèves avaient tous suivi la voie « normale » (licence puis master sur le même sujet, dans la même fac, avec les mêmes profs). Ils étaient donc arrivés avec toutes les infos, leurs sujets de mémoire, et un début de recherches. Du coup, j’avais déjà du retard sur eux. En plus, ils comprenaient toutes les références « évidentes » des profs, ils se connaissaient tous entre eux, ils s’en sortaient bien en latin (alors que moi, les langues autres que l’anglais…). Ils s’entraidaient entre eux, mais pas avec moi. Ils me traitaient en plante verte. 

J’ai donc passé l’année à « faire comme si » tout allait bien, à faire semblant de suivre et de comprendre. En espérant que personne ne découvre le pot-aux-roses. J’avais l’impression d’avoir un panneau clignotant « CANCRE » sur le front. 

Cette année de M1 (ratée sans surprise…) m’a laissé avec un malaise face aux personnes qui ont un projet d’études / professionnel bien défini et structuré, aux personnes qui font des doctorats, qui sont brillantes dans leurs études, etc. 

Dernièrement (septembre 2015), je me suis retrouvé au milieu d’un groupe, où tout le monde parlait de ses études brillantes. Alors que moi je venais de rater mon M1 et d’être déscolarisé. J’avais juste envie de partir me bourrer la gueule seul. Et d’un côté j’étais (une fois de plus) confiné au rôle de plante verte, ce qui me saoulait. D’un autre côté, j’étais soulagé qu’on ne me demande pas de parler de mes études à moi (en me taisant je pouvais éviter de montrer mon échec…). 

Ah et j’oubliais, LA question qui tue (et que j’esquive autant que possible) c’est évidemment « tu fais quoi dans la vie » avec toutes ses déclinaisons.

Il y a aussi la culture. Face aux personnes qui n’ont pas mes intérêts spécifiques, je passe pour un « intello ». Souvent pour un intello chiant, prétentieux, qui étale sa culture. Par exemple quand (autour du thème de la neurodiversité), je parle de trucs sociologiques, politiques, psychologiques… Ou quand je parle de géopolitique. 

Pour autant, ma culture est répartie de manière très inégale et anarchique, en fonction de mes intérêts spécifiques présents et passés, des périodes où j’ai l’énergie, les cuillères (ou pas) pour apprendre de nouvelles choses, de mes difficultés de compréhension sur certains sujets… Donc, dans les sciences humaines, je peux avoir énormément de connaissances sur un sujet spécifique (qui touche plusieurs disciplines), mais peu de connaissances « en général » dans telle discipline.

Et donc, face à des étudiants en sociologie par exemple, je serais perçu comme « inculte » et j’aurais tendance à, moi-même, complexer là-dessus. 

En outre, quand ça sort de mes intérêts spécifiques, je passe encore plus pour « inculte », car je ne connais souvent pas les séries, films, musiques… que « tout le monde connaît ». 

Du coup, soit je complexe de « manquer de références » et « d’être inculte », soit j’ai peur d’être « l’intello qui emmerde tout le monde ». 

Face aux personnes (beaucoup) plus diplômées que moi, brillantes à l’université, ou avec une grande culture académique (sociologie, psychologie, philosophie, sciences…), j’ai toujours l’impression d’être illégitime à parler, à avoir un avis, de bluffer. Même sur un sujet spécifique que je connais mieux que ces personnes (malgré leur diplôme). 

 

(Avertissement : psychophobie « light » à propos des personnes HP.).

Enfin, un dernier truc (lié au reste) me file des complexes. C’est lorsque j’apprends qu’une personne est HP (surdouée). 

Là, je sais que c’est carrément psychophobe, en réalité (et je n’en suis pas fier, je vous rassure). Parce que ces personnes n’ont pas des vies « rêvées » et « faciles », qu’elles vivent aussi des discriminations, des violences et de l’exclusion, qu’elles ne sont pas toujours brillantes à l’école, ont souvent des difficultés professionnelles, correspondent peu au cliché « des génies »… 

Et que le QI ne mesure pas l’intelligence toute entière (ni encore moins la valeur d’une personne).

Oui, un comble, j’écris un blog contre la psychophobie, et j’ai moi-même une vision « gentiment » psychophobe de ces personnes. Je mets gentiment entre guillemets, parce que les clichés « bienveillants » sur les minorités, ça n’a rien de gentil et c’est tout autant de la merde que les clichés malveillants. La preuve, à mon niveau perso, je ne peux pas m’empêcher de les envier un peu et de m’y comparer (même si je sais que c’est rationnellement absurde). Au moins, je me soigne.

En plus, j’ai une relation intime avec un HP. Qui réussit mieux que moi ses études (ce qui est pas difficile, il suffit de pas se retrouver déscolarisé après un M1 raté…), et sait depuis son enfance ce qu’il veut faire et s’y dirige précisément depuis. Pour complexer il n’y a rien de tel…

Ceci dit, c’est (notamment) en le fréquentant que je me suis rendu compte à quel point ma vision du haut potentiel était biaisée et pleine de clichés pseudo-bienveillants de merde.

Quelque chose qui n’aide pas non plus, c’est que (encore une fois, « grâce » à la télé, au cinéma, aux sites Internet qui racontent n’importe quoi ou donnent des visions simplistes, à l’égo de certains parents pour leurs enfants, aux sites même sérieux qui parlent d’Einstein/Mozart/Aristote/insérer une personne brillante etc) beaucoup de gens associent systématiquement les autistes dits « Asperger » avec le « génie » (usuellement en science, en informatique ou à la limite en musique) de manière directe.

Ou au moins associent autiste et « talent particulier ».

Ou pensent que les autistes dits « Asperger » sont forcément surdoués (nope). 

Moi pendant un bon moment, j’ai donc pensé que je « n’étais pas à la hauteur pour un Asperger », voire que du coup je « ne pouvais pas être autiste puisque pas du tout un génie » (alors même que tout colle). Surtout que bon, non seulement je n’ai pas une telle intelligence, mais je ne suis pas doué en sciences, en informatique et en musique.

Depuis j’ai compris que j’étais autiste, que au niveau des vrais « symptômes » je suis même un cas d’école, mais que par contre je ne ressemble pas aux clichés populaires du tout. Mais ce cliché du génie reste blessant, en me rappelant que « mon niveau » n’est pas assez « bon ». 

Et puis je sais que je ne suis pas le seul, à ressentir ça, cette idée stupide qu’on n’est pas à la hauteur pour des autistes. Évidemment qu’on ne l’est pas d’ailleurs, 99% de la planète ne pourrait pas l’être en se comparant à de tels modèles.

Bref, j’ai une relation assez compliquée à l’intelligence, au niveau d’études, de culture. Faite d’envie, de malaise, de sentiment d’imposture, et aussi de psychophobie, d’élitisme et de classisme intériorisés. Et due au fait que j’ai souvent été mis sur un piédestal (« intello »), même si ça ne m’a pas attiré que de la bienveillance, ET aussi souvent été bien rabaissé de fait (« cancre »), plus récemment, par rapport aux groupes où je me trouvais, parfois en même temps.

 

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4 réflexions au sujet de « Les cancres et les intellos »

  1. Bon désolée, j’ai pas de plan non plus, ça va être un peu décousu aussi, et beaucoup en vrac…

    En tant que « brillante élève » mais toutefois moins brillante que d’autres, plein de choses résonnent en moi dans ton article.

    Même quand on est « l’intello » de certains, y a en effet toujours des moments où on se sent juste comme une grosse merde, par exemple :
    – arriver en prépa et se rendre compte un jour par hasard que les trois quarts (ou peut-être pas, mais facilement la moitié) de ta classe ont eu mention très bien au bac alors que toi, t’as eu mention bien, et encore de justesse ;
    – tomber en pâmoison devant une personne qui n’a qu’un ou deux ans de plus que toi à tout casser (qui fait même plus jeune) et qui a déjà depuis plusieurs années un poste de maître de conférences à la fac (et qui a fait bac+8 avec un ou deux ans d’avance…) alors que depuis ton diplôme bac+5 ça fait quatre ans que tu galères à faire un truc utile de ta vie (« utile » dans le sens « reconnu par la société ») – et donc te dire que tu lui arriveras jamais à la cheville (tout en te rendant compte que c’est un être humain, comme toi) surtout que ce jour-là c’est cette personne qui fait le cours ;
    – rencontrer une personne qui n’a pas pu faire d’études et qui se passionne pour des sujets – notamment scientifiques – sur lesquels tu n’arrives pas toujours à argumenter en retour alors que tu as une formation scientifique, justement ; et là aussi, tomber amoureuse…et te dire que de toute façon elle n’a pas besoin de toi, puisque t’es moins que rien, la preuve t’as fait des études et tu connais même pas ce qu’elle raconte, elle qui n’a pas fait d’études…et qui fait des trucs utiles, genre se battre pour l’environnement, alors que toi, qu’est-ce que t’as fait d’utile de ta vie, déjà ? Du baby-sitting (certains appellent ça « éducation » mais bon, on éduque surtout les jeunes à se conformer et à éviter les punitions…) ?!

    Penser à tout ça, et te dire que du haut de ta vie de femme cis blanche de classe plutôt aisée (certes aussi pan et poly mais bon ça ça se voit pas comme la couleur de peau ou la classe sociale), t’as pas le droit de te plaindre. Qu’après tout, si tu foires tout depuis que tu as eu ton dernier diplôme, si tu trouves pas ta place, ça doit bien venir un peu de toi (puisque t’es si intelligente, tu devrais réussir, c’est évident). Donc tu « fais comme si », tu dis « oui, oui », comme si tu maîtrisais, alors que tu maîtrises rien, et que t’es juste en train de te détruire de l’intérieur – ce que t’aurais d’ailleurs continué à faire si une personne pourtant à peu près autant dans la m… que toi (mais pour d’autres raisons) ne t’avait pas rattrapée au vol en t’envoyant l’adresse d’une thérapeute.

    En tout cas, pour revenir à toi (l’auteur du blog), je sais pour te connaître que t’as pas besoin d’une reconnaissance sociale quelconque, d’un diplôme ou je ne sais quoi d’autre pour être une belle personne, intelligente, qui écrit et dit plein de choses pertinentes, et qui se questionne bien plus que 95% (pour ne pas dire peut-être 99%) des gens bardés de diplômes et qui auraient des positions soit-disant « plus enviables » dans la société. Il faut bien retenir que dans le fond, un diplôme ne mesure pas l’intelligence, il mesure notre conformité à un système donné. (Bon, quelque part ton article le dit un peu aussi, même si c’est peut-être entre les lignes.)

    Et nous, on se rend malades d’être « pas conformes », parce qu’à l’extrême ça veut dire être banni de la société. Et ça, on n’en a pas forcément envie. Qu’on en ait envie ou pas, dans tous les cas c’est violent.

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  2. Merci de ton com. Oui clairement, le diplôme mesure la conformité. D’ailleurs, perso, j’ai plus tellement envie de retourner à la fac ou dans le système scolaire en général, à la fois parce que j’ai accumulé des tonnes de mauvais souvenirs (pas forcément horribles mais au moins de malaise etc), et parce que j’ai pris conscience de ce que ça représente politiquement (un système qui crée un privilège basé sur les études, tout en renforçant/prolongeant tous les autres privilèges).
    Par contre, ce qui manque un peu à mon estime de moi, c’est d’avoir achevé des choses concrètes, mais bon pour ça faudrait encore que j’arrive à être mieux organisé.

    Sinon je n’ai pas vécu les autres situations que tu cites, à part la crainte qu’on me demande « ce que je fais dans la vie ». D’ailleurs des fois même dans le milieu poly, quand je suis face à des adultes (honnêtement, moi-même je suis pas encore un adulte dans ma tête bien que je sois plus un ado, enfin je pense) qui ont déjà une situation établie, avec souvent un métier qui semble « cool » ou avec un minimum de prestige, des bonnes études dans le passé, ou pire, des gens de mon âge (voire moins que mon âge) qui en sont déjà là, bah… malaise quoi. A un café récemment j’ai encore esquivé la question « et vous vous faites quoi dans la vie » dans une discussion (d’ailleurs perso, je trouve ça classiste au possible de faire un tour de table en demandant ça, même si ça n’avait rien de méchant ou malveillant hein).

    Après je vais pas me plaindre parce que malgré tout dans le milieu poly (et queer aussi d’ailleurs) c’est quand même là où j’ai le moins rencontré ce problème-là.

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  3. J’ai déjà vu une personne qui à la question « Tu fais quoi dans la vie ? » a répondu « Je réalise mes rêves ».
    Si c’est cette question qui est posée on peut très bien répondre par n’importe quelle activité (je glande, j’écris, je rédige un blog, je m’interroge sur le monde…) et pas nécessairement par un métier « reconnu ».

    Au passage écrire un blog c’est loin d’être rien.

    Quand je vois que moi qui adore écrire je suis parfaitement incapable de maintenir même un blog parce que je pars dans tous les sens (et que je finis par l’abandonner…enfin, officiellement j’ai aucun blog, je sentais bien que je ne le tiendrais pas, c’est sûrement pour ça…).

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  4. Je n’ai aucune autorité en la matière, j’ai juste envie d’exprimer le plaisir que j’ai à lire ce que tu écris, c’est très authentique et sans idée toute faites. Et limpide et fluide à lire pour là cancre qui je suis. 🙂 merci.

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