Autisme·HP·Psychophobie

Les cancres et les intellos

[Cet article a été écrit en février 2016. Maintenant, on est en octobre 2017. Entre temps, j’ai pris conscience que je suis HP, moi aussi. A l’époque, j’étais dans le déni total par rapport à ça. Notamment, je pensais que je n’étais « pas assez intelligent », « pas un génie » donc « je peux pas être HP ». Et je percevais les personnes HP comme forcément plus intelligentes que moi, plus cultivées, réussissant mieux leurs études et leurs carrières, plus intégrées socialement… 

Depuis, j’ai compris que être HP ne veut pas dire « être plus intelligent » ni « avoir des facilités partout » mais que c’est beaucoup plus complexe. Et que le mot est trompeur. Bref. Cela explique certains passages.]. 

Bon, une fois n’est pas coutume, cet article-là, je l’écris surtout avec mes tripes (et en le démarrant je ne sais pas exactement où je vais avec). D’ailleurs ça introduit bien le sujet.

D’habitude justement, je rédige mes articles un peu comme des dissertations. Avec un plan (construit à partir d’une liste d’idées) dans la tête, des parties, des sous-partes, des transitions, une intro, une conclusion. J’ai l’habitude d’écrire et de parler un peu comme dans les livres. 

D’ailleurs, j’ai souvent été considéré comme un intello, dans ma scolarité. Déjà, au primaire, ma grande passion de l’époque était la lecture (bon, depuis j’aime toujours ça mais c’est moins central). En particulier sur l’histoire, la géopolitique, la mythologie… Au collège et au lycée, c’était toujours le cas. D’autant que j’étais dans la minorité d’élèves qui ne foutaient jamais la merde en classe, quasi-irréprochable pour les profs, et plutôt investi dans les cours de français, d’histoire, et de philo. En plus au collège j’avais pris l’option latin. J’étais aussi l’enfant/préado qui participait naturellement aux conversations d’adultes même sur des sujets un peu pointus.

Pour couronner le tout, mes parents se sont demandés si je n’étais pas « précoce », « surdoué » , et à un moment, on m’a fait passer un test dans un centre psy (dont nous n’avons jamais eu le résultat d’ailleurs). Et les gens qui me rencontraient croyais tous que j’étais un « bourge » (spoiler : pas du tout), parce que dans leur tête, « intello » = « prétentieux » = « bourge ». 

Évidemment, le côté « intello » n’aide pas pour éviter le harcèlement, la mise à l’écart et l’effet plante verte. Sauf pour devenir la bonne poire des tricheurs, ça va de soi.

Et pourtant, au collège comme au lycée, je ne faisais pas réellement partie des bons élèves. Les « vrais bons », celleux qui ont 15, 16, 17, 18. Il faut dire que je ramais pas mal en langues, dans les matières scientifiques et qu’en sport, j’étais une catastrophe ambulante. En grande partie à cause du fait d’être autiste et aussi (voire surtout) du fait que l’enseignement soit avant tout fait par des neurotypiques, pour des neurotypiques. Bon, c’est plus compliqué que ça, j’en ferais sûrement un ou plusieurs articles aussi, mais ce n’est pas le sujet tout de suite.

Bref, au collège, il y avait le groupe « bons élèves » (en gros, les blancs de classe moyenne, neurotypiques, à l’aise avec les profs et l’école, à qui on pardonnait toutes les petites transgressions), le groupe « cancres » (en gros les noirs, les arabes, et quelques blancs prolos, qui étaient neurotypiques aussi et avaient des relations tendues avec les profs). Et moi, pile au milieu, qui ne rentrait dans aucun. Et qui ai été harcelé des deux côtés, d’ailleurs.

Les premiers ont fini dans des lycées d’élite, les seconds en professionnel, et moi dans un lycée général moyen.

Une fois au lycée, c’était différent, il n’y avait globalement que des gens blanc.he.s et de classe moyenne, comme moi d’ailleurs (ça c’est pour poser le décor). Je suis allé en S, première erreur. Parce que on nous avait martelé que la S c’était « les classes des meilleurs » et blablabla, et j’ai voulu me prouver que moi aussi je pouvais (je commençais justement à complexer sur mon intelligence à l’époque). J’avais dit à mes parents « je veux aller en S parce que c’est un choix stratégique, ça ouvre plus de portes ». Mais la vraie raison c’était me rassurer sur mon intelligence. 

C’était une erreur, parce que j’ai (évidemment) continué à ramer dans les matières scientifiques. Sauf la SVT où ça allait pas trop mal (mais justement, en SVT on nous demandait beaucoup de rédaction, c’était presque littéraire comme exercice dans la forme). Bon, j’ai toujours maintenu un niveau correct (en ramant) mais tout juste.

Donc bon, évidemment, ça n’a pas arrangé mon malaise par rapport aux autres élèves (en majorité) qui souvent avaient des cours particuliers dans les matières scientifiques, plus de facilités en sciences (et en sport), des meilleurs résultats, et qui avaient déjà le projet de devenir ingénieur, médecin, pharmacien ou d’aller en école de commerce… pour avoir des bons salaires.

Moi, déjà, je savais que ça allait être particulièrement la merde pour moi au niveau des études et du milieu du travail. Je n’avais jamais entendu le mot « autisme » ou « handicap » pour moi, mais malgré tout, j’étais conscient que ça n’allait pas le faire. 

De plus, je n’étais pas du tout dans la même démarche que mes camarades NT. Moi, j’ai toujours eu besoin de m’intéresser aux choses réellement et profondément pour les assimiler, donc en gros, soit ça m’intéresse et ça marche bien, soit ça marche pas. Pas réellement de demi-mesure. 

Eux, ils ne s’intéressaient aux choses que superficiellement, mais se forçaient sans trop de problèmes. Pour leur image auprès des parents, des autres élèves et des profs, leur future carrière… Cela ne les empêchait pas de se comporter comme des crabes, parce qu’ils restaient plus intéressés par leurs interactions sociales NT que par les cours et qu’ils avaient de toute façon confiance dans leur avenir. 

Bref, paradoxalement j’étais un peu l’intello (bon et investi dans les matières littéraires alors que presque tout le monde s’en foutait, et calme) et le cancre (vu mes performances en sciences et en sport) en même temps. 

D’ailleurs c’est plus en L que j’aurais eu ma place, entouré de gens qui lisaient beaucoup, réfléchissaient à la politique, militaient pour certains, etc. Bon, heureusement, j’ai eu mon BAC d’extrême justesse. 

A noter cependant que même au lycée, j’ai encore eu deux/trois personnes qui ramaient encore plus que moi (puisque moi je m’en sortais pas mal dans les matières littéraires) et m’ont pris pour leur bonne poire, notamment dans les travaux « en groupe » que j’ai fait seul…

A la fac, les choses sont restées similaires. Malgré les heures que j’ai passées sur mes dissert et autres commentaires, je n’ai jamais réussi à avoir que des résultats moyens, voire médiocres dans les matières principales, faute d’avoir jamais assimilé la « bonne » méthode de travail. En fin de licence, un prof m’a d’ailleurs dit que je faisais des textes « d’école de journalisme » (je n’étais pas en journalisme). J’ai eu mes trois années encore une fois par l’anglais, les options historiques et géopolitiques. Et puis j’ai rapidement réalisé que je n’étais pas à l’aise dans ma filière, j’ai donc passé trois ans à chercher la meilleure réorientation en changeant tout le temps d’avis.

Déjà, pendant ma licence, je commençais à bien comprendre ce que les fameux cancres pouvaient ressentir (se demander ce qu’on fout là, ce qu’on va faire de sa vie, ramer pour approcher un peu le niveau des autres, se dévaloriser…). D’ailleurs, ça ne fait pas de mal, comme leçon de vie.
Et puis, en me réorientant, en entrant en M1 dans une filière (où supposément je serais brillant, car passion depuis l’enfance, tout ça), je me suis encore plus planté qu’avant. Et là pour le coup, je me suis vraiment senti LE Cancre du groupe.

Dès le premier jour du Master, ça a mal démarré. Je suis arrivé en n’ayant pas encore de sujet de mémoire, en n’ayant pas les infos… En gros, je m’étais réorienté. Et je n’avais pas réussi à gérer correctement les procédures administratives (trop compliquées pour un autiste comme moi) et la recherche d’infos sur les filières (éparpillées dans tous les sens sur les sites des facs). Encore un aspect du système scolaire excluant pour mon handicap.  

Du coup, j’arrivais sans connaître les profs, en n’ayant qu’une idée vague du sujet de la filière, et sans avoir de sujet de mémoire (j’ai dû bluffer, en inventer un en catastrophe). Et donc, sans avoir commencé à travailler mon mémoire. 

Les autres élèves avaient tous suivi la voie « normale » (licence puis master sur le même sujet, dans la même fac, avec les mêmes profs). Ils étaient donc arrivés avec toutes les infos, leurs sujets de mémoire, et un début de recherches. Du coup, j’avais déjà du retard sur eux. En plus, ils comprenaient toutes les références « évidentes » des profs, ils se connaissaient tous entre eux, ils s’en sortaient bien en latin (alors que moi, les langues autres que l’anglais…). Ils s’entraidaient entre eux, mais pas avec moi. Ils me traitaient en plante verte. 

J’ai donc passé l’année à « faire comme si » tout allait bien, à faire semblant de suivre et de comprendre. En espérant que personne ne découvre le pot-aux-roses. J’avais l’impression d’avoir un panneau clignotant « CANCRE » sur le front. 

Cette année de M1 (ratée sans surprise…) m’a laissé avec un malaise face aux personnes qui ont un projet d’études / professionnel bien défini et structuré, aux personnes qui font des doctorats, qui sont brillantes dans leurs études, etc. 

Dernièrement (septembre 2015), je me suis retrouvé au milieu d’un groupe, où tout le monde parlait de ses études brillantes. Alors que moi je venais de rater mon M1 et d’être déscolarisé. J’avais juste envie de partir me bourrer la gueule seul. Et d’un côté j’étais (une fois de plus) confiné au rôle de plante verte, ce qui me saoulait. D’un autre côté, j’étais soulagé qu’on ne me demande pas de parler de mes études à moi (en me taisant je pouvais éviter de montrer mon échec…). 

Ah et j’oubliais, LA question qui tue (et que j’esquive autant que possible) c’est évidemment « tu fais quoi dans la vie » avec toutes ses déclinaisons.

Il y a aussi la culture. Face aux personnes qui n’ont pas mes intérêts spécifiques, je passe pour un « intello ». Souvent pour un intello chiant, prétentieux, qui étale sa culture. Par exemple quand (autour du thème de la neurodiversité), je parle de trucs sociologiques, politiques, psychologiques… Ou quand je parle de géopolitique. 

Pour autant, ma culture est répartie de manière très inégale et anarchique, en fonction de mes intérêts spécifiques présents et passés, des périodes où j’ai l’énergie, les cuillères (ou pas) pour apprendre de nouvelles choses, de mes difficultés de compréhension sur certains sujets… Donc, dans les sciences humaines, je peux avoir énormément de connaissances sur un sujet spécifique (qui touche plusieurs disciplines), mais peu de connaissances « en général » dans telle discipline.

Et donc, face à des étudiants en sociologie par exemple, je serais perçu comme « inculte » et j’aurais tendance à, moi-même, complexer là-dessus. 

En outre, quand ça sort de mes intérêts spécifiques, je passe encore plus pour « inculte », car je ne connais souvent pas les séries, films, musiques… que « tout le monde connaît ». 

Du coup, soit je complexe de « manquer de références » et « d’être inculte », soit j’ai peur d’être « l’intello qui emmerde tout le monde ». 

Face aux personnes (beaucoup) plus diplômées que moi, brillantes à l’université, ou avec une grande culture académique (sociologie, psychologie, philosophie, sciences…), j’ai toujours l’impression d’être illégitime à parler, à avoir un avis, de bluffer. Même sur un sujet spécifique que je connais mieux que ces personnes (malgré leur diplôme). 

 

(Avertissement : psychophobie « light » à propos des personnes HP.).

Enfin, un dernier truc (lié au reste) me file des complexes. C’est lorsque j’apprends qu’une personne est HP (surdouée). 

Là, je sais que c’est carrément psychophobe, en réalité (et je n’en suis pas fier, je vous rassure). Parce que ces personnes n’ont pas des vies « rêvées » et « faciles », qu’elles vivent aussi des discriminations, des violences et de l’exclusion, qu’elles ne sont pas toujours brillantes à l’école, ont souvent des difficultés professionnelles, correspondent peu au cliché « des génies »… 

Et que le QI ne mesure pas l’intelligence toute entière (ni encore moins la valeur d’une personne).

Oui, un comble, j’écris un blog contre la psychophobie, et j’ai moi-même une vision « gentiment » psychophobe de ces personnes. Je mets gentiment entre guillemets, parce que les clichés « bienveillants » sur les minorités, ça n’a rien de gentil et c’est tout autant de la merde que les clichés malveillants. La preuve, à mon niveau perso, je ne peux pas m’empêcher de les envier un peu et de m’y comparer (même si je sais que c’est rationnellement absurde). Au moins, je me soigne.

En plus, j’ai une relation intime avec un HP. Qui réussit mieux que moi ses études (ce qui est pas difficile, il suffit de pas se retrouver déscolarisé après un M1 raté…), et sait depuis son enfance ce qu’il veut faire et s’y dirige précisément depuis. Pour complexer il n’y a rien de tel…

Ceci dit, c’est (notamment) en le fréquentant que je me suis rendu compte à quel point ma vision du haut potentiel était biaisée et pleine de clichés pseudo-bienveillants de merde.

Quelque chose qui n’aide pas non plus, c’est que (encore une fois, « grâce » à la télé, au cinéma, aux sites Internet qui racontent n’importe quoi ou donnent des visions simplistes, à l’égo de certains parents pour leurs enfants, aux sites même sérieux qui parlent d’Einstein/Mozart/Aristote/insérer une personne brillante etc) beaucoup de gens associent systématiquement les autistes dits « Asperger » avec le « génie » (usuellement en science, en informatique ou à la limite en musique) de manière directe.

Ou au moins associent autiste et « talent particulier ».

Ou pensent que les autistes dits « Asperger » sont forcément surdoués (nope). 

Moi pendant un bon moment, j’ai donc pensé que je « n’étais pas à la hauteur pour un Asperger », voire que du coup je « ne pouvais pas être autiste puisque pas du tout un génie » (alors même que tout colle). Surtout que bon, non seulement je n’ai pas une telle intelligence, mais je ne suis pas doué en sciences, en informatique et en musique.

Depuis j’ai compris que j’étais autiste, que au niveau des vrais « symptômes » je suis même un cas d’école, mais que par contre je ne ressemble pas aux clichés populaires du tout. Mais ce cliché du génie reste blessant, en me rappelant que « mon niveau » n’est pas assez « bon ». 

Et puis je sais que je ne suis pas le seul, à ressentir ça, cette idée stupide qu’on n’est pas à la hauteur pour des autistes. Évidemment qu’on ne l’est pas d’ailleurs, 99% de la planète ne pourrait pas l’être en se comparant à de tels modèles.

Bref, j’ai une relation assez compliquée à l’intelligence, au niveau d’études, de culture. Faite d’envie, de malaise, de sentiment d’imposture, et aussi de psychophobie, d’élitisme et de classisme intériorisés. Et due au fait que j’ai souvent été mis sur un piédestal (« intello »), même si ça ne m’a pas attiré que de la bienveillance, ET aussi souvent été bien rabaissé de fait (« cancre »), plus récemment, par rapport aux groupes où je me trouvais, parfois en même temps.

 

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34 réflexions au sujet de « Les cancres et les intellos »

  1. Bon désolée, j’ai pas de plan non plus, ça va être un peu décousu aussi, et beaucoup en vrac…

    En tant que « brillante élève » mais toutefois moins brillante que d’autres, plein de choses résonnent en moi dans ton article.

    Même quand on est « l’intello » de certains, y a en effet toujours des moments où on se sent juste comme une grosse merde, par exemple :
    – arriver en prépa et se rendre compte un jour par hasard que les trois quarts (ou peut-être pas, mais facilement la moitié) de ta classe ont eu mention très bien au bac alors que toi, t’as eu mention bien, et encore de justesse ;
    – tomber en pâmoison devant une personne qui n’a qu’un ou deux ans de plus que toi à tout casser (qui fait même plus jeune) et qui a déjà depuis plusieurs années un poste de maître de conférences à la fac (et qui a fait bac+8 avec un ou deux ans d’avance…) alors que depuis ton diplôme bac+5 ça fait quatre ans que tu galères à faire un truc utile de ta vie (« utile » dans le sens « reconnu par la société ») – et donc te dire que tu lui arriveras jamais à la cheville (tout en te rendant compte que c’est un être humain, comme toi) surtout que ce jour-là c’est cette personne qui fait le cours ;
    – rencontrer une personne qui n’a pas pu faire d’études et qui se passionne pour des sujets – notamment scientifiques – sur lesquels tu n’arrives pas toujours à argumenter en retour alors que tu as une formation scientifique, justement ; et là aussi, tomber amoureuse…et te dire que de toute façon elle n’a pas besoin de toi, puisque t’es moins que rien, la preuve t’as fait des études et tu connais même pas ce qu’elle raconte, elle qui n’a pas fait d’études…et qui fait des trucs utiles, genre se battre pour l’environnement, alors que toi, qu’est-ce que t’as fait d’utile de ta vie, déjà ? Du baby-sitting (certains appellent ça « éducation » mais bon, on éduque surtout les jeunes à se conformer et à éviter les punitions…) ?!

    Penser à tout ça, et te dire que du haut de ta vie de femme cis blanche de classe plutôt aisée (certes aussi pan et poly mais bon ça ça se voit pas comme la couleur de peau ou la classe sociale), t’as pas le droit de te plaindre. Qu’après tout, si tu foires tout depuis que tu as eu ton dernier diplôme, si tu trouves pas ta place, ça doit bien venir un peu de toi (puisque t’es si intelligente, tu devrais réussir, c’est évident). Donc tu « fais comme si », tu dis « oui, oui », comme si tu maîtrisais, alors que tu maîtrises rien, et que t’es juste en train de te détruire de l’intérieur – ce que t’aurais d’ailleurs continué à faire si une personne pourtant à peu près autant dans la m… que toi (mais pour d’autres raisons) ne t’avait pas rattrapée au vol en t’envoyant l’adresse d’une thérapeute.

    En tout cas, pour revenir à toi (l’auteur du blog), je sais pour te connaître que t’as pas besoin d’une reconnaissance sociale quelconque, d’un diplôme ou je ne sais quoi d’autre pour être une belle personne, intelligente, qui écrit et dit plein de choses pertinentes, et qui se questionne bien plus que 95% (pour ne pas dire peut-être 99%) des gens bardés de diplômes et qui auraient des positions soit-disant « plus enviables » dans la société. Il faut bien retenir que dans le fond, un diplôme ne mesure pas l’intelligence, il mesure notre conformité à un système donné. (Bon, quelque part ton article le dit un peu aussi, même si c’est peut-être entre les lignes.)

    Et nous, on se rend malades d’être « pas conformes », parce qu’à l’extrême ça veut dire être banni de la société. Et ça, on n’en a pas forcément envie. Qu’on en ait envie ou pas, dans tous les cas c’est violent.

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  2. Merci de ton com. Oui clairement, le diplôme mesure la conformité. D’ailleurs, perso, j’ai plus tellement envie de retourner à la fac ou dans le système scolaire en général, à la fois parce que j’ai accumulé des tonnes de mauvais souvenirs (pas forcément horribles mais au moins de malaise etc), et parce que j’ai pris conscience de ce que ça représente politiquement (un système qui crée un privilège basé sur les études, tout en renforçant/prolongeant tous les autres privilèges).
    Par contre, ce qui manque un peu à mon estime de moi, c’est d’avoir achevé des choses concrètes, mais bon pour ça faudrait encore que j’arrive à être mieux organisé.

    Sinon je n’ai pas vécu les autres situations que tu cites, à part la crainte qu’on me demande « ce que je fais dans la vie ». D’ailleurs des fois même dans le milieu poly, quand je suis face à des adultes (honnêtement, moi-même je suis pas encore un adulte dans ma tête bien que je sois plus un ado, enfin je pense) qui ont déjà une situation établie, avec souvent un métier qui semble « cool » ou avec un minimum de prestige, des bonnes études dans le passé, ou pire, des gens de mon âge (voire moins que mon âge) qui en sont déjà là, bah… malaise quoi. A un café récemment j’ai encore esquivé la question « et vous vous faites quoi dans la vie » dans une discussion (d’ailleurs perso, je trouve ça classiste au possible de faire un tour de table en demandant ça, même si ça n’avait rien de méchant ou malveillant hein).

    Après je vais pas me plaindre parce que malgré tout dans le milieu poly (et queer aussi d’ailleurs) c’est quand même là où j’ai le moins rencontré ce problème-là.

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  3. J’ai déjà vu une personne qui à la question « Tu fais quoi dans la vie ? » a répondu « Je réalise mes rêves ».
    Si c’est cette question qui est posée on peut très bien répondre par n’importe quelle activité (je glande, j’écris, je rédige un blog, je m’interroge sur le monde…) et pas nécessairement par un métier « reconnu ».

    Au passage écrire un blog c’est loin d’être rien.

    Quand je vois que moi qui adore écrire je suis parfaitement incapable de maintenir même un blog parce que je pars dans tous les sens (et que je finis par l’abandonner…enfin, officiellement j’ai aucun blog, je sentais bien que je ne le tiendrais pas, c’est sûrement pour ça…).

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  4. Je n’ai aucune autorité en la matière, j’ai juste envie d’exprimer le plaisir que j’ai à lire ce que tu écris, c’est très authentique et sans idée toute faites. Et limpide et fluide à lire pour là cancre qui je suis. 🙂 merci.

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  5. Bonjour, est-ce psychophobe de dire à une personne HPI de « faire semblant » d’être comme les autres pour s’intégrer, en mettant en avant que les neurotypiques font semblant également sur certains points ? Et de rire au nez à la personne HPI qui dit ne pas vouloir mentir en permanence sur sa personnalité et ses centres d’intérêt, en lui disant que cela s’apparente au problème des « riches qui se plaignent » ?

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    1. Oui ça l’est totalement (et ça le serait aussi de dire ça à une personne autiste, TDAH, bipolaire…).

      En fait, penser que des personnes NA doivent
      1 ) « s’intégrer »
      2 ) devenir NT ou au moins faire semblant

      C’est même la BASE, la DÉFINITION de la psychophobie

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    2. Et puis que les NT fassent semblant sur certains points c’est LEUR problème (que ce soit parce qu’ils se soucient trop de leur image, ou qu’ils se mettent la pression entre eux pour être normaux, ou qu’ils ont besoin de maintenir certaines apparences). En quoi cela nous concerne nous ?

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    3. Et pour revenir sur « les riches », techniquement presque tous les problèmes des occidentaux (même de classe populaire), sauf les SDF, sont des problèmes « de luxe » comparé à d’autres pays.

      Mais que « il y a pire » c’est pas une raison pour accepter la psychophobie ou les autres injustices.

      Et même une personne vraiment bourgeoise aurait pas à accepter de subir ça d’ailleurs.

      Bref c’est vraiment ultra problématique comme propos

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  6. Le « pire » est que ce propos était tenu par une personne NA (TDAH je crois) avec l’idée que les hpi s’adaptent forcément bien mieux que les autres NA, qu’ils ne vivent pas d’exclusion ou seulement de leur propre fait et que mentionner une exclusion quand on est HPI est « indécent » . C’était un propos violent je trouve… Le « problème » est que beaucoup de HPI de ma connaissance sont plutôt bien adaptés socialement, donc l’exclusion concernerait plutôt un sous groupe de HPI (qui aurait d’autres traits comme l’hypersensibilité, le non conformisme…) et ne serait pas exclusivement due au NA. Mais c’est compliqué à expliquer à des personnes dogmatiques qui veulent des liens de causalité simples. 😦

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  7. En l’occurrence ces propos sont tenus sur un groupe Facebook militant (supposément anti-psychophobie) et ils sont approuvés par plusieurs personnes (dont des modérateurs), ce qui est difficile à avaler. Difficile d’aller sur un groupe que l’on pense sensibilisé au sujet et de trouver… Ca. J’ai fini par quitter le groupe mais ça m’a beaucoup atteinte.
    J’ai ensuite réfléchi au pourquoi de tout ça et trouvé quelques pistes d’explications :
    a) La violence et le moutonnisme propre au milieu militant, que j’ai souvent vu dénoncés par plusieurs (ex) militants.
    b) Le fait que le concept de neuroatypicité a été historiquement inventé par des militants autistes, et que l’anti-psychiatrie concernait plutôt des personnes psychiatrisées… Les HQI ont été très grandement absents de ces luttes donc il y a peut-être l’idée d’une appropriation abusive.
    c) Le fait que certaines personnes (qui ont des troubles anxieux, de l’humeur, des maladies mentales…) voient leur situation comme un handicap intrinsèque vu qu’ils en souffrent, qu’ils se retrouvent diminués dans certaines situations. Une personne bipolaire, même dans une société parfaite, devra faire attention à son humeur par exemple. Alors que les souffrances des HQI sont uniquement liées au rejet social et à la mauvaise adaptation (du système scolaire, du marché du travail).
    d) La stigmatisation et l’invisibilisation de certaines atypies (autisme, schizophrénie…) tandis qu’être HQI est valorisant (même si c’est bien compliqué que ça et ce sont plutôt des clichés merdiques et faux).
    Du coup c’est compliqué de mettre tout ce monde dans la même lutte, les enjeux ne sont pas les mêmes. Du coup sur les groupes anti-psychophobie, les personnes autistes parlent entre elles des sujets pointus qui leur tiennent à coeur (par exemple autisme et identité de genre), les personnes anxieuses parlent entre elles… Et toute question de la part d’une personne qui ne serait pas autiste par exemple est découragée. Une personne non autiste a été violemment rembarrée pour avoir dit que la différence entre autisme « au masculin » et « au féminin » était en partie liée à la socialisation différenciée par exemple. On l’a traitée d’autismophobe et de misogyne sans lui expliquer pourquoi et personne n’a réagi. Motif : elle n’était pas autiste donc elle n’avait pas à aborder le sujet.
    J’ai l’impression que sans sensibilisation aux atypies qui ne nous concernent pas, la lutte contre la psychophobie se transformera en guerre de chapelle,chacun défendant son atypie et crachant/ignorant les autres… Désolée si ce commentaire est HS.

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    1. *tousse tousse tousse*

      Etant donné que je crois parfaitement voir à quel discussion tu fais allusion (la discussion où je râlais sur un ami qui étale son QI comme argument d’autorité et présuppose que toutes les personnes avec qui il s’entend bien sont FORCEMENT HQI, non ?), j’ai euh… l’impression que tu n’as vraiment pas compris où on voulait en venir.
      .
      Il ne s’agissait PAS de nier les difficultés d’intégration rencontrées par les personnes HPI / HQI / « surdouées » / zèbres / ou quel que soit le terme que la personne souhaite utiliser.

      Mais bien de gueuler contre cet amalgame « HQI = forcément personne plus intéressante » (qui est quand même cradement dévalorisant pour les personnes qui ne rentrent pas dans ce diagnostic).

      A préciser – c’était dit dans le post, mais peut-être de manière trop allusive, c’est vrai… vu que mon post était surtout écrit en mode « gros coup de nerfs » parce que l’ami en question m’avait bien foutu à cran… : Dans la discussion en question, il y avait DEUX personnes officiellement diagnostiquées HPI. Pour ce qui est des autres, c’est soit qqch qui est supposé mais pas vérifié (ce qui est mon cas : diag évoqué par deux psy, mais je n’ai jamais voulu me lancer dans une démarche de test à ce sujet parce que je m’en bats les gonades de le savoir), soit ça n’a jamais été évoqué ni par les personnes elles-même, ni par un quelconque psy ou whatever.
      Et ces personnes n’en sont pas moins intéressantes, avec une grande culture, avec des centres d’intérêts variés et une discussion fournie, quoi.
      Pour le coup, ça n’est pas « mentionner une exclusion » qui est indécent, c’est être excluant envers les autres personnes NA, quoi.

      Et oui, je maintiens, il y a de la part de CERTAINES PERSONNES avec ce diag un regard ultra condescendant sur les autres (NT, mais aussi autres NA). Et c’est précisément pour ne pas être associé.e à ça que je me refuse à une démarche de diagnostic dans ce sens là…

      Et oui, soyons honnête : même si cela s’accompagne de bcp d’incompréhension, d’attentes inadéquates, etc… La société valorise qd même sacrément plus un diag du genre « HPI » que d’autres diag psy / neuro-psy…

      (Si c’est bien à cette discussion que tu fais allusion, si c’est pas le cas, oublie mon pavé ^^)

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    2. La société valorise plus le DIAG (au sens que c’est plus facile d’annoncer explicitement un diag HPI que autiste ou autre).

      Par contre, les TRAITS, la façon d’être au quotidien… pas forcément. Je veux dire, une personne HPI qui le dit pas (mais dont les NT le remarquent sans forcément mettre un mot exact dessus), sera pas forcément plus valorisée que une personne autiste ou TDAH par ex.

      Ce qui est logique car les NT valorisent surtout leur propre fantasme autour de ce mot/concept, et ne le retrouvent pas dans la réalité (qui a pas grand chose à voir).

      Et du coup si tu leur dis « je suis HPI » il y a une chance pour qu’ils t’associent à ce fantasme valorisé (au moins au début / si ils ne savent que ça de toi), si tu leur dis pas tu es juste une personne NA pas comme eux.

      Je sais pas si je suis clair.

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    3. Oui, c’est clair.

      Après, j’avoue trouver compliqué d’accepter que des personnes, sachant que ça va être au moins valorisé au départ, brandissent ce diag comme un étendard…

      Surtout dans une discussion entre NA, quoi.
      Ou les personnes qui ont un autre diag n’auront PAS ce drapeau à brandir dans les mains pour « mieux passer », quoi.
      (je sais pas si je suis clair.e non plus, pour le coup)

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    4. Oui c’est parfaitement clair et ça me gonfle aussi. Tout comme les gens qui insistent sur « Je suis TDAH léger », « Je suis que dépressif pas fou », « Je suis Asperger »… Bref, toutes les formes de respectabilité et de hiérarchie à la noix.

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  8. Ah, je supporte tellement pas cette mentalité de chapelles, y compris (surtout) chez les autistes (alors que j’en suis un moi-même). Et aussi ce concours permanent de « moi je souffre plus que toi, je suis plus opprimé.e que toi, mon handicap est plus important que le tien, blablabla ». Bon, je vais pas commencer là-dessus, sinon je vais m’énerver, et je suis de bonne humeur et j’ai pas envie de gâcher ça pour des glandus.

    Sinon, je pense que tu as cerné les quatre raisons qui font que il y a souvent des tensions autour de la place des HPI. J’en rajouterais une cinquième, sixième et septième.

    5 ) Presque tout le monde (HPI ou non, HQI ou non, NA ou NT…) confond sans arrêt le haut potentiel (qui est finalement d’abord une manière de fonctionner, avec ses particularités, avantages et inconvénients intrinsèques…), et le haut QI.

    Alors que, certes c’est très souvent corrélé, mais le QI n’est pas en soi une manière de fonctionner ni une catégorie (sociale, psycho/neurologique…), c’est un indicateur. Souvent fiable. Mais pas toujours. Une personne HP qui est aussi dys, TDAH ou autiste risque d’avoir un QI bas ou inégal aux tests si ses autres handicaps interfèrent, une personne HP qui n’a pas eu accès à la scolarité sera désavantagée, etc etc.

    Et SURTOUT, il y a des personnes avec un QI au dessus de la barre (barre forcément arbitraire) qui n’ont pas un fonctionnement HP, voire qui sont NT. Et du coup, qui pour le coup, sont juste des NT avec des bonnes performances.

    Du coup, les gens pensent à ces personnes-là et se disent « les HP sont avantagés ». De plus, le concept de QI, comme la manière de faire les tests, est souvent critiqué. Et du coup, les gens se disent « si le QI c’est n’importe quoi, alors les HP ça existe pas ».

    6 ) Les mots HP, surdoué et précoce, en soi, sont pourris. Ils laissent entendre qu’il y aurait une supériorité intrinsèque, que ce serait des personnes qui auraient « des facilités », etc etc.
    Et comme on pense beaucoup avec les mots (qui nous conditionnent), bah on a spontanément du mal à associer des mots comme « surdoué » ou « HP » avec « handicap », « difficultés »…

    D’ailleurs, le fonctionnement HP comporte aussi ses difficultés intrinsèques. Il y a souvent de l’hypersensibilité sensorielle et/ou émotionnelle; le fait de tout le temps penser et analyser, de manière rapide, peut être fatigant, ou rendre désagréables des situations où on préfèrerait « moins analyser », etc.

    Perso je préfèrerais qu’on ait d’autres mots que HP et surdoué et précoce (et zèbre, qui est exotisant entre autres soucis), qui décrivent simplement cette particularité, sans sous entendre immédiatement un jugement de valeur.

    7 ) Là, c’est un problème pas spécifique aux HP. Mais dans les milieux NA, plein de gens s’imaginent que si tu as « un passing de neurotypique », alors ça va. Non. Juste non. La rue, les transports en commun, les magasins, les lieux de sport, le système scolaire, le monde du travail… restent inadaptés. Tu te prends encore des injonctions de la société, et des messages négatifs ou toxiques. En plus, ce fameux passing va souvent être justement utilisé comme argument pour nier ton handicap, te rejeter du milieu militant, te refuser l’AAH, et j’en passe.

    En plus, toujours sur le passing, plein de gens croient que le passing NT c’est « quand on voit pas dans la rue/sur ta tête que tu es neuroatypique », ou « quand on t’insulte pas de fou ». Encore une fois, non.
    Je pense à un personnage de série clairement autiste. A AUCUN moment de la série, elle n’est appelée « autiste », elle ne reçoit jamais d’insultes en lien avec la psychiatrie et la folie, n’a pas de diag… MAIS, tout le monde voit PARFAITEMENT qu’elle n’est pas NT et lui fait payer.

    Au final, c’est le même problème que pour les handicaps physiques invisibles : les NT-valides font semblant de ne pas s’en apercevoir ou nient le handicap quand ça les arrange (mais n’hésitent pas à exclure, exploiter la personne, lui balancer des injonctions… si ça les arrange). Tandis que une partie des personnes NA et/ou handicapées plus « visibles » pense que les gens « invisibles » sont tranquilles et privilégiés, et du coup, les rejette et les invalide aussi.

    Bref, une des nombreuses raisons qui font que je supporte plus le milieu militant.

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  9. Et puis, avoir un haut QI peut être valorisant… si tu es NT (et donc « un NT performant »), mais c’est pas valorisé d’avoir un fonctionnement (même HP) qui sort de la norme NT… C’est juste dévalorisé de manière un peu plus hypocrite et insidieuse par les NT.

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    1. A vous lire, ces problèmes sont présents dans le milieu militant en général, c’est dommage.. J’espérais qu’il y avait des milieux/groupes un peu « meilleurs ». On n’est pas sortis de l’auberge si ce sont des personnes si dogmatiques qui défendent les causes importantes… 😥
      Je suis d’accord sur ce que vous dites au sujet du HPI. 3 remarques supplémentaires :
      a) Ces problèmes sont aussi liés au monde néolibéral dans lequel on vit, qui divise le monde en « gagnants » (qui auront de bons boulots et salaires) et « perdants » (précarisés, avec tout ce que ça entraine). Etre « intelligent » ou « surdoué » dans la tête des gens, c’est souvent être prédisposé à être gagnant (et il y a un fond de vérité). Dans une société plus égalitaire, il n’y aurait sans doute pas ce problème de détestation des intellectuels et ce découragement à poursuivre des centres d’intérêt intellectuels, vus comme élitistes. Il y aurait sans doute également moins de validisme et de détestation des « faibles » (entre gros guillemets).
      b) On gagnerait à considérer le QI comme un indicateur d’efficience/de réserve cognitive plutôt que d’intelligence (c’est déjà ce que font les psys). Etre intelligent signifie réfléchir à des problèmes intéressants, d’une manière pertinente, ce que ne mesure pas le QI qui serait plus un indicateur quantitatif. Ca explique que beaucoup de HQI soient des connards ou superficiels/stupides.
      c) Certains traits de personnalité peuvent être protecteurs ou au contraire aggraver à la fois l’exclusion sociale due au NA et la souffrance liée à cette exclusion. Cela explique que pour 2 personnes qui ont le même NA, le vécu subjectif de la psychophobie n’est pas DU TOUT le même. La personnalité est en partie innée et renvoie aussi au fonctionnement cognitif (il est prouvé par exemple que les introvertis et les extravertis n’utilisent pas leur cerveau de la même manière, les extravertis ayant besoin de plus de stimulation externe pour avoir un éveil cortical optimal). Ce n’est pas « un choix » et ça peut avoir des conséquences assez « lourdes » sur le mode de vie (par exemple, les personnes qui ont un score très marqué en recherche de sensation vont être plus sensibles aux addictions du fait de leur fonctionnement dopaminergique). Je m’éloigne un peu du sujet de l’atypie en elle-même mais c’est pour dire que tout ce qui est cognitif/psychologique n’a absolument RIEN de simple, que c’est multifactoriel.

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  10. Aussi, je trouve qu’il y a un paradoxe et une hypocrisie dans la détestation des « intellos ». Beaucoup de NT (dans certains milieux au moins) aiment montrer qu’ils ont des diplômes, une réussite scolaire, et surtout de la culture (culture dominante et académique, avec toutes les références qu’il faut avoir). D’ailleurs, cela ne veut pas dire qu’ils ont une pensée intéressante, et encore moins une pensée propre à eux (souvent c’est totalement moutonnier et conformiste, vu que le but est l’image et la popularité…). C’est finalement un costume/rôle comme n’importe quel autre.
    D’ailleurs ils n’hésiteront pas à abandonner ce rôle social « intello » quand socialement, ça ne les arrange pas.

    Cependant, quand ce sont des personnes HP et/ou autistes qui montrent des intérêts spécifiques (sincères) pour des sujets dits « intello », là c’est « trop », c’est « chiant », « pas marrant », ces personnes sont « arrogantes » et j’en passe et des meilleures.

    Un peu comme dans le milieu artistique, où des NT vont (dans certaines circonstances) imiter, voire exagérer, des traits d’autistes, d’anxieux… (par exemple, stimming) pour des performances, ou pour se donner un air excentrique, rebelle et subversif, mais à côté de ça, les personnes NA seront stigmatisées…

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  11. Une anecdote personnelle, révélatrice de l’absurdité de notre société…
    Ma mère a toujours été la première de sa classe, tout en étant très « normée » (en mode small talk à fond, mais plutôt gentille). Je ne sais pas si elle est HQI, je pense en tout cas qu’elle a un QI plus élevé que la moyenne (sans forcément l’être, le seuil est de toute façon arbitraire comme vous dites).
    Elle m’a toujours poussée à bien travailler, à avoir les meilleures notes possibles, à être meilleure de ma classe, puis à faire une grande école… Tout en décourageant mes intérêts intellectuels, une perte de temps, un truc « anormal » qui « m’enfermerait dans ma bulle ».
    Le jour où j’ai découvert que j’étais probablement HQI, elle n’a pas voulu en entendre parler, car pour elle c’était « élitiste », c’était « vouloir aller vers de hautes sphères »…
    Alors que si j’avais été épanouie dans ma grande école pleine de personnes issues de classes moyennes et aisés (ce n’était pas le cas) et si j’avais eu un boulot de cadre bien rémunéré à la sortie (ça n’a pas été le cas, j’ai repris des études en psycho) elle aurait été la première à applaudir. Sachant à quel point le système scolaire et le monde professionnels sont profondément inégalitaires (enfin, elle ne le sait pas, elle pense que tout est du au mérite), tout ça est tristement ironique.
    Pour beaucoup de gens, c’est de la merde si t’es un intellectuel, t’es une personne qui se branle le cerveau et une sorte de parasite des autres… Sauf si t’as un boulot « prestigieux » comme journaliste, professeur d’université, scientifique. Là tout à coup, tu as droit à des courbettes parce que ce statut « fait autorité ».

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    1. Oui, et d’ailleurs les profs de fac que j’ai rencontrés dans ma scolarité, pour la plupart, sont le prototype du « NT-valide intello privilégié, qui se fait mousser, mais n’a aucune pensée originale (et décourage toute pensée originale chez ses étudiants, parce que c’est trop fatigant à corriger) »…

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    2. Et quant aux élèves comme votre mère, ça me fait penser à ces « premiers de la classe » que je croisais au collège et au lycée, qui se retrouvaient à essayer à la fois de jouer le rôle du premier de la classe pour plaire aux profs et aux parents (tout en trichant parfois pour avoir de meilleures notes), et le rôle de l’ado normal, qui se rebelle un peu contre l’autorité, pour plaire à leurs amis. Avec des comportements parfois paradoxaux.

      Là aussi, c’était le prototype des NT moutonniers (mais pour le coup, essayant d’être moutonniers dans deux directions différentes).

      Et au final, ils avaient assez d’habiletés sociales naturelles et de privilèges pour jouer sur les deux tableaux avec succès (les autres élèves les respectaient et les traitaient comme leurs potes, et les profs leur pardonnaient toujours tout et les ont envoyés dans les meilleures filières).

      Par contre, les mêmes profs hésitaient pas à se défouler occasionnellement sur moi ou les autres élèves NA, alors que nous (même si on avait des notes moyennes), on bossait vraiment et on respectait toujours tout le monde. Quand j’y réfléchis, tout le monde nous marchait plus ou moins dessus : les profs (qui nous prenaient pour des cancres ou des gens chelous, qui n’aimaient pas devoir s’adapter pour nous, qui voulaient avoir la classe de leur côté…), les bons élèves NT (qui nous prenaient pour des gens chelous), les mauvais élèves NT (qui nous prenaient pour des « intellos » dans le mauvais sens du mot).

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  12. Et concernant les milieux militants, et communautaires, ça dépend les cas. Perso, je trouve que les milieux communautaires qui ne sont PAS militants (par exemple, groupe autiste sans vocation militante) sont les meilleurs.

    Certes, dans ces groupes, il y a parfois des gens pas du tout déconstruits sur le sexisme, ou sur le racisme, les LGBTIA-phobies… et j’ai souvent grincé des dents (je suis gentil). Et puis, des gens pénibles sur le sujet de l’auto-diagnostic, ou des HP qui veulent pas être assimilés aux autistes et qui veulent se considérer comme « normaux » à tout prix, etc.

    Et il y a parfois des histoires d’égo à la noix, comme partout.

    Cependant, malgré ça, il y a pas cette dynamique de moutonnisme, d’exclusion et de violence permanente qu’on retrouve dans le milieu militant. Et malgré que ce soit pas des groupes militants à la base, j’ai toujours trouvé les gens assez ouverts quand moi, j’abordais des trucs militants. Même les gens qui tenaient des propos pas super (par exemple des clichés sexistes), en général, se comportaient pas de manière malveillante et étaient plutôt ouverts sauf exception.

    Après, ces groupes ont leurs propres défauts qui peuvent être franchement repoussants ou durs à vivre pour certaines personnes (par exemple pour une personne qui serait TRÈS sensible à tous les propos problématiques sur le sexisme, le genre, les LGBT… c’est pas forcément le bon endroit).

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    1. Tout à fait d’accord pour les profs d’université.
      Pour les milieux communautaires, le « problème » qui m’a paru lassant est l’absence de pensée politique/systémique (on se retrouve car on a des caractéristiques communes mais c’est tout).
      Quand j’ai découvert les concepts de neuroatypicité et psychophobie, je me suis dit « enfin des gens qui feront avancer les choses de façon à ce que le fonctionnement NT ne soit plus LE standard auquel tout le monde doit se plier ».
      Mais la réalité est éloignée de ça. Je pense que ce milieu « sélectionne » les personnes les plus dogmatiques et violentes, dans le sens où elles se retrouvent dans leur élément, tandis que les autres ont besoin de se distancier et respirer.

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  13. Après le milieu militant NA, j’en ai une opinion assez nuancée. J’ai déjà assisté à des évènements IRL, qui étaient intéressants, et pour le coup, il y avait de la pensée systémique. Pas forcément hyper développée car pas mal de gens « débutaient » dans le militantisme, mais il y en avait. Et ça donnait un espace pour débuter aux gens justement.

    Et puis comme il y avait des tours de parole (chacun parle à son tour, les gens qui ont pas encore parlé ont priorité…), et une modération (assurée par des personnes physiques), il y avait pas le phénomène « les grandes gueules prennent toute la place ».

    Par contre, les groupes sur facebook, c’est souvent lourd oui…

    Perso je trouve, en plus, que les groupes facebook ont tendance à calquer les réflexions des autres militantismes (LGBT, féminisme…) directement dans la réflexion sur la psychophobie, sans forcément trop réfléchir derrière. Je ne sais pas ce que vous en pensez.

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    1. Je dirais qu’il vaut mieux côtoyer des gens qui débutent et qui font des erreurs que des experts en militantisme, qui vont souvent donner des leçons de « décence » à qui leur semble trop privilégié et pas assez expert à coup de jargon pointu. Mais je suis peut-être amère…
      « Perso je trouve, en plus, que les groupes facebook ont tendance à calquer les réflexions des autres militantismes (LGBT, féminisme…) directement dans la réflexion sur la psychophobie, sans forcément trop réfléchir derrière. Je ne sais pas ce que vous en pensez. »
      J’ai l’impression de façon générale que beaucoup récitent des dogmes sans trop réfléchir.
      En quoi la comparaison avec les autres oppressions ne vous semble pas pertinente ? (c’est une vraie question, je n’avais pas remarqué)

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  14. J’ai tendance à faire la comparaison pour ma part, quand je m’adresse à des personnes non sensibilisées à la psychophobie. Mais je n’ai pas assez réfléchi à ce qui distinguait ces oppressions et à comment l’expliquait autrement.

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    1. Oui justement, pour s’adresser à des personnes non-sensibilisées je trouve ça pertinent, car de toute façon pour ces personnes on va simplifier et « vulgariser » (normal).

      Par contre dans des débats et des réflexions plus pointues…

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  15. Sans vouloir défendre les personnes dont vous parlez, qui brandissent leur diagnostic « plus respectable », je trouve que ça peut être compliqué pour une personne de se savoir différente (d’une manière non valorisée par la société) et que se raccrocher à ces labels peut servir à se rassurer plutôt qu’à se la péter auprès d’autres NA.
    Voir son atypie comme une différence plutôt qu’une tare peut être un grand changement de perspective. Je ne sais pas personnellement quoi en penser dans certains cas :
    ex : personne dépressive ou bipolaire ou schizophrène. Si tout le monde l’était, ce serait la norme et non une maladie. Cependant, le vécu est souvent négatif, douloureux, avec une qualité de vie dégradée. Je trouve donc logique que la personne le vive comme une maladie plutôt qu’une simple différence et garde ce label. Je trouve logique aussi, compréhensible, que la personne aspire à être neurotypique.
    ex 2 : le TDAH. On peut imaginer un système où les TDAH ne seraient pas en difficulté, où l’apprentissage se calque sur leurs fluctuations, où il n’est pas nécessaire de rester en place… Cependant, le TDAH rend aussi « à risque » pour des tas d’autres trucs pas cools (addictions, développement de troubles de l’humeur…) et j’ai tendance à penser (mais j’ai peut-être tort) qu’une thérapie qui les aide à s’autoréguler, qui stimule leurs fonctions exécutives peut être bénéfique.
    Je ne sais pas ce que vous en pensez, si on peut/doit tout voir comme une différence, si « pathologiser » est forcément négatif.

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  16. Je souhaiterais que vous effaciez mon commentaire précédent, car j’y ai réfléchi entre temps et je crains qu’il ne soit vécu comme psychophobe si une personne concernée le lit (ou qu’il soit psychophobe).
    Je voulais juste souligner que certaines personnes trouvaient plus pertinent de dire qu’elles ont une maladie plutôt qu’une atypie, et de revendiquer l’accès à des soins/d’espérer une rémission. Que certaines personnes souhaitaient être neurotypiques, non par psychophobie intériorisée, mais parce qu’elles considèrent que leur fonctionnement leur pourrit la vie. Et que c’est AUSSI un droit de la personne de se dire malade (ou non). D’autres personnes au contraire qui ont ces mêmes NA refusent la pathologisation parce qu’elles considèrent que leur NA est une partie intrinsèque de ce qu’elles sont, qu’elles ne seraient pas les mêmes sans leur NA.
    Je me permets de revenir là-dessus car j’ai lu beaucoup de témoignages de gens qui, à la découverte de leur HQI/autisme/TDAH (et j’en ai fait partie) ont posé de gros soupirs de soulagement en se disant « je suis juste différent alors que je craignais d’être fou ». Et qui revendiquent un « droit » à cette différence, en étant choqués que l’on puisse les comparer à « des fous ».
    D’autres NA qui voient bien cette hiérarchie psychophobe et qui veulent l’effacer, mettent en avant qu’aucun fonctionnement n’est pathologique en soi… ce qui peut aussi être problématique. Parce que des gens se considèrent comme malades et en ont le droit, parce que des soins devraient leur être proposés s’ils souffrent. D’autre part parce que c’est parfois implicitement appuyer l’idée que la pathologie est quelque chose de mal, de tabou, qui rend inférieur…
    En d’autres termes, certaines personnes, pour éviter d’être psychophobes (d’humilier les gens neuroatypiques), vont être capacitistes (en disant que les neuroatypiques ne sont pas malades et en sous-entendant qu’être malade c’est le mal). Et c’est compliqué d’être ni l’un ni l’autre, même quand on y réfléchit.
    Donc je dirais que le problème, ce n’est pas de vouloir « soigner » une personne atypique. Mais plutôt de présupposer d’emblée que la personne VEUT être soignée, de lui adresser des injonctions à le faire voire de la forcer, de lui sous-entendre qu’elle sera inférieure tant qu’elle aura cette atypie et de ne pas se demander s’il est même possible de faire disparaître l’atypie ou quelle quantité d’effort serait nécessaire pour y arriver.
    Le problème, ce n’est pas que l’on « pathologise » certains fonctionnement mais comment on les pathologise, quelle définition on a de la pathologie. Certains fonctionnements psychiques (au même titre que des maladies physiques) font souffrir la personne et le terme de pathologie ne me semble en rien inapproprié dans ce sens-là.
    Par contre… Le sens courant de « fou », « malade » présuppose que la personne est totalement irrationnelle, ne sait pas ce qu’elle fait. Dans ce sens-là, personne ou presque n’est malade. Déjà, parce que même quand on a un trouble ou une maladie psy, on ne prend pas des décisions mauvaises et en permanence. C’est seulement à certains moments, dans certains cas. Certains trucs « mauvais » sont en réalité des stratégies adaptatives. Ensuite, parce que ce qu’on définit comme « rationnel » est très dépendant des normes sociales (exemple : pour certaines personnes, passer ses journées dans une bibliothèque sans sortir est déjà « du délire »). Enfin, parce que dans le cas de personnes qui ont des hallu par exemple, c’est tout à fait rationnel au contraire de réagir comme elles le font, étant donné qu’elles voient réellement des images ou entendent réellement des voix. Il n’y a pas de différence entre le fait que cette perception vient « du monde réel » ou qu’elle soit créée par le cerveau, du moment que cette perception est présente pour la personne, elle ne fait qu’y réagir du mieux qu’elle le peut.
    (Je n’ai pas forcément besoin que mon commentaire apparaisse sur votre site, je trouve juste que vous êtes l’une des rares personnes à faire des articles avec du vrai contenu plutôt que de la « moralisation ». Du coup je vous apporte ces trucs auxquels j’ai réfléchi en me disant que ça pourra peut-être vous aider dans votre cheminement de pensée et vos écrits. Si ce n’est pas pertinent, je suis désolée.
    Je ne suis ni bipolaire, ni schizophrène, ni actuellement dépressive. J’aime y réfléchir et me poser des questions là-dessus. Mais en le faisant, il est possible que je sois psychophobe (du fait de mes préjugés, de ma méconnaissance).
    J’ai l’impression que le seul moyen de ne pas être psychophobe, c’est de chercher à comprendre les fonctionnements qui à la première impression nous semblent parfois dérangeants. Comprendre, s’interroger, lire, poser des questions. Et faire des erreurs, parfois.)

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  17. « Les premiers ont fini dans des lycées d’élite, les seconds en professionnel, et moi dans un lycée général moyen. »

    Ca me fait penser au bouquin récent que j’ai lu il y a peu et qui s’appelle « L’école qui classe : 530 élèves du primaire au bac », par Joanie Cayouette-Remblière. Il est très éclairant.

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  18. « Moi, j’ai toujours eu besoin de m’intéresser aux choses réellement et profondément pour les assimiler, donc en gros, soit ça m’intéresse et ça marche bien, soit ça marche pas. Pas réellement de demi-mesure.  »

    Je suis un peu comme ça, et j’ai « juste » la chance d’être facilement intéressée par beaucoup de choses.
    Mais comme tu l’as constaté, être HP n’aide pas spécialement : quand ça veut pas, ça veut pas. Des collègues ne comprennent pas que je ne *peux pas* faire tel ou tel truc immédiatement parce que là maintenant, j’ai pas la motiv ni l’énergie pour. Moi non plus je ne comprenais pas pourquoi, d’ailleurs, et je me culpabilisais.

    Aujourd’hui je sais que j’ai besoin de longs temps d’intégration (pas juste intellectuelle mais émotionnelle aussi, et ça se ressent sur le physique) où je suis incapable de faire un « travail », et que par contre quand j’aurai l’énergie de le faire ça sera bien fait (souvent ce n’est pas terrible, parce qu’il y a des délais à respecter et que je me force quand même). Mais les autres autour ne l’ont pas encore compris…faut dire, j’ai parlé de différences, mais j’ai pas encore prononcé le mot « autisme »…

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