Psychophobie

Pourquoi inclure les zèbres (surdoué.e.s) dans les neuroatypiques ?

Zèbre est plus ou moins un synonyme de surdoué. Le mot a été inventé par des personnes concernées pour se détacher, justement, du terme « surdoué ». Et dans ces personnes, on inclut les personnes à haut QI, très haut QI, haut potentiel, très haut potentiel.

Neuroatypique, c’est un mot-valise. Pour désigner toutes les personnes dont le fonctionnement et/ou l’état mental est minoritaire, et considéré comme « à part » par la médecine et la société. Les neuroatypies sont considérées (à tort ou à raison) comme des maladies, des handicaps en général (pour les zèbres c’est plus compliqué, c’est le sujet de cet article).

Autrement dit, les personnes neuroatypiques sont toutes les personnes faisant partie de groupes victimes de psychophobie.
Exemples : trouble borderline, trouble de la personnalité multiple, anorexie, boulimie, dysmorphophobie, dyspraxie, dyslexie, autismes, schizophrénie, syndrome de l’X fragile, dépression, syndrome de stress post-traumatique…

Évidemment, il n’y a pas une mais des psychophobies. La psychophobie contre les personnes anorexiques n’est pas la même que celle contre les personnes dépressives, qui n’est pas la même que celle contre les personnes autistes, etc.

Avant tout, je vais préciser d’où je parle. Je ne suis a priori pas zèbre (mais je n’ai pas fait les tests donc rien de certain, d’ailleurs je ne tiens pas absolument à savoir). Cependant, durant mon enfance (école primaire), tout le monde croyait que j’étais surdoué et précoce, aussi bien les instits que mes parents que les autres enfants. Du coup, les gens me traitaient à l’époque comme tel.
De plus, j’ai pas mal d’ami.e.s et de connaissances qui sont concernées. Et cinq des enfants des amis de mes parents, aussi, le sont.

Pourquoi cet article ?

Si je poste cet article, c’est parce que j’ai plusieurs fois lu des personnes neuroatypiques (non-zèbres) débattre de si les zèbres ont leur place dans nos communautés et milieux militants.
Et des personnes (neurotypiques ou non) parler de « l’effet de mode » de la surdouance, qualifier les personnes zèbres de personnes en mal d’attention, qui s’inventent des faux problèmes et des différences, veulent se vanter de leur intelligence, etc.

C’est l’argument le plus crispant qui soit, ce fameux effet de mode. Parce que toutes les minorités invisibles y ont droit, « vous êtes des gens qui recherchent l’attention en vous inventant une identité, et vos problèmes ne sont pas réels, maintenant fermez-la et laissez les grandes personnes parler des VRAIS problèmes du monde« . On retrouve ça pour les personnes neuroatypiques en général, les personnes trans, bi, pan, asexuelles, les personnes ayant un handciap physique invisible, etc.

J’ai aussi lu des personnes zèbres qui semblaient avoir intériorisé ce raisonnement, et disaient elles-mêmes que leurs problèmes n’étaient pas prioritaires (même si ils étaient réels) et devaient passer après les « vrais problèmes » des autres. En pratique, qu’à l’école, les enfants zèbres et leurs problèmes seraient moins prioritaires que les enfants ayant d’autres problèmes spécifiques (comme un handicap physique, de l’autisme, des problèmes familiaux, etc).

Je trouve ça triste que des personnes minoritaires en arrivent elles-mêmes à considérer leurs problèmes comme secondaires et à laisser toute la place, d’elles-mêmes, à d’autres minorités dont la cause serait plus urgente, plus importante.

Le débat dans le milieu militant

Revenons donc au débat. Il y a certaines personnes neuroatypiques (non-zèbres) qui trouvent que les zèbres n’ont pas leur place dans le mouvement. Avec divers arguments comme :

1 ) Le fait qu’une partie des zèbres se montre très hautaine et ait tendance à rabaisser les autres en jouant de leur supposée « intelligence supérieure ». Et qui ont des propos et gestes psychophobes envers d’autres neuroatypiques.

Oui, il y a des personnes zèbres qui font ça. Est-ce pour autant une raison pour généraliser et exclure toutes les personnes zèbres ?

Non. Cela montre simplement que ces personnes sont arrogantes, et/ou qu’elles n’ont pas, ou pas assez déconstruit les préjugés psychophobes. Et ce n’est pas plus le cas chez les zèbres que chez les autres. Il y a aussi des dépressif.ve.s qui méprisent les autistes, des autistes qui crachent sur les personnes qui font des tentatives de suicide, des autistes Asperger qui rejettent les autistes classiques, des personnes diagnostiquées qui crachent sur les personnes auto-diagnostiquées (ce qui est classiste et âgiste d’ailleurs, mais autre sujet), etc.

C’est triste, mais oui, la psychophobie ordinaire existe aussi entre les différentes catégories de neuroatypiques (voire au sein d’une même catégorie), ce n’est pas l’apanage des neurotypiques. Du coup, pourquoi faire semblant de découvrir ce fait seulement lorsque ça vient de personnes zèbres ?

Bref, on ne va pas exclure chaque minorité dont des membres, individuellement, se comporteraient mal envers d’autres minorités. D’ailleurs, si on faisait ça, vu que la psychophobie (tout comme le sexisme, la transphobie, le racisme, etc) est partout, on serait pas sortis de l’auberge.

2 ) Les personnes zèbres n’auraient pas de problèmes réels, voire seraient avantagées par rapport au reste de la population

On peut résumer ainsi : les personnes à haut QI ou haut potentiel ont donc plus de facilités intellectuelles que les autres. Donc, ce n’est pas un handicap et ça va au contraire les aider à mieux réussir à l’école, au travail, à mieux s’adapter socialement… que les personnes dans la moyenne.

Du coup, ces personnes n’auraient jamais besoin d’aménagements spécifiques et pourraient s’en passer (sous-entendu que c’est un caprice de leur part de le réclamer). Lorsque ces personnes sont exclues socialement, elles « n’auraient qu’à » utiliser leurs facultés pour mieux s’adapter.

Bref, « tu es supérieurement intelligent, donc tu n’as qu’à faire ceci ou cela, au lieu de faire chier le monde ».

C’est évidemment très, très simpliste. Les enfants zèbres de mon entourage, par exemple, ont tous eu pendant des années des problèmes pour socialiser, pour gérer leurs relations au quotidien (avec les autres enfants comme avec les adultes), pour gérer les détails pratiques du quotidien, pour suivre en cours…

Beaucoup de personnes zèbres ont aussi une sensibilité émotionnelle plus développée. Ce qui veut dire : une plus grande (voire très grande) vulnérabilité émotionnelle.

Et tout ça n’a rien de faux problèmes ou de « problèmes de luxe ».

3 ) Les personnes zèbres ne subiraient pas, en outre, de psychophobie. Parce que ces personnes sont « plus valorisées » que la moyenne (en apparence). Alors que des personnes bipolaires, schizophrènes… elles sont moins valorisées et subissent des clichés directement stigmatisants.

C’est vrai que les personnes zèbres, elles, ont une image d’intelligence supérieure. Mais en pratique, cela ne veut pas dire qu’elles sont forcément mieux traitées.

Comme dit plus haut, leurs problèmes et besoins spécifiques sont niés, négligés, on leur dit de se débrouiller en utilisant « leurs facultés supérieures », justement.

On les accuse particulièrement de mentir, de s’inventer des problèmes, de se dire surdoué.e.s pour booster leur égo ou pour avoir une excuse à leurs échecs dans la vie, parce que c’est « la mode », etc.
En particulier les personnes zèbres qui ne correspondent pas aux clichés.

On a souvent (consciemment ou non) des attentes plus hautes envers ces personnes, en termes de réussite scolaire et professionnelle. Donc en cas d’échec ou si ces personnes n’aiment pas l’école et veulent faire autre chose, parfois c’est le drame. Une des filles zèbres de mon entourage a eu des gros problèmes avec sa mère parce qu’elle ne voulait pas continuer dans la voie scolaire (lycée générale puis université), mais aller en professionnel (pour faire un métier moins prestigieux).

Plus insidieusement encore, on répète à ces personnes (les enfants surtout) qu’elles sont faites pour tout réussir brillamment, du coup, en cas d’échec ça fait encore plus mal.

Et puis, les injonctions parentales et scolaires, mais aussi les médias, les films, les séries etc, véhiculent l’image des zèbres qui sont des génies (dans au moins un domaine). C’est dur de ne pas l’intérioriser. Et ça met une sacrée pression pour être à la hauteur.

On les accuse facilement de prétention et d’arrogance, même si la personne dit simplement « je suis zèbre » ou « j’ai un QI de 140 » au détour d’une discussion où c’était pertinent de le dire.

Exemple : une amie qui est dans cette situation a été accusée de se vanter parce qu’elle parlait de ses difficultés à monter des projets, demandait des conseils, et expliquait qu’elle avait une intelligence supérieure dans certains domaines et des handicaps dans d’autres. Tout ce que les gens (neurotypiques) ont entendu, c’était « j’ai une intelligence supérieure ». Du coup, personne (sauf un autre zèbre) n’a répondu sérieusement à part pour lui « rabattre son caquet »…

Beaucoup de gens pensent que les réussites des personnes zèbres ne sont dues qu’à leurs « dons naturels » et non leur travail. Que donc, tout leur tombe tout cuit dans la bouche. Ce qui est un motif d’envie

En outre, il arrive qu’on surcharge une personne zèbre de travail (par rapport aux autres) parce que « c’est facile pour elle ». 

Ou qu’on ne prenne pas au sérieux ses difficultés (scolaires, professionnelles…). Qu’on lui refuse de l’aide ou des aménagements de poste.

Sans oublier l’Effet Singe Savant.

Tout ça, c’est aussi de la psychophobie. Ce sont des formes d’oppression invisible mais pas moins réelles.
C’est aussi un exemple des dégâts que peuvent faire un cliché « positif » pesant sur une minorité. C’est tout autant de la merde qu’un cliché ouvertement stigmatisant.

Ensuite, il ne faut pas croire que les personnes zèbres échappent forcément à la violence et à l’exclusion psychophobes plus classique, et plus visible. Comme le harcèlement scolaire, professionnel ou familial, les violences physiques, les discriminations, l’isolement total, l’effet plante verte (forme plus insidieuse de mise à l’écart)…

Pourquoi ? Parce que premièrement, leur fonctionnement est différent de celui des autres, qui ne le comprennent pas et ne le tolèrent pas forcément.

Et surtout, il y a la jalousie, l’envie. Lorsqu’on désigne un groupe de personnes comme fondamentalement plus intelligentes et ayant des facilités sur tout, qu’on leur donne éventuellement un peu plus d’attention et de compliments, évidemment, ça déclenche de l’envie.

Par exemple, un enfant qui se fait complimenter pour avoir appris à lire seul et avant tout le monde, pour ses bonnes notes, qui est déjà capable de participer aux conversations d’adultes, et raisonne et fonctionne différemment des autres enfants, peut très, très facilement devenir le souffre-douleur. De ses frères et sœurs, camarades de classe. Voire des parents, des profs/instits, des autres adultes, qui son également jaloux.ses. Passer pour l’intello ce n’est pas mieux que de passer pour le cancre (je le sais, j’ai fait les deux).

Même à l’âge adulte, ce genre de jalousie mesquine existe d’ailleurs, mais en général sous une forme plus hypocrite.
Mon amie qui demandait des conseils et s’est faite envoyer sur les roses (pour sa pseudo-arrogance) par tout un groupe de neurotypiques, c’était clairement l’envie qui parlait. « Tu as des facultés supérieures à nous, tu n’es même pas fichue de t’en servir pour réussir, et tu viens te plaindre et nous demander des conseils ».

Donc, clairement, les personnes zèbres font partie des victimes potentielles de la psychophobie.

Elles partagent LA caractéristique fondamentale qui fait qu’on est neuroatypiques. A savoir : faire partie des « Autres » et non des « personnes normales », du fait de leur fonctionnement mental

D’ailleurs, des personnes zèbres qui ont AUSSI d’autres neuroatypies (dépression, dyscalculie, anorexie…) décrivent bien les problèmes spécifiques tournant autour de leur zébritude et de la forme spécifique de psychophobie qui va avec.

Ces personnes savent bien ce qu’est la psychophobie, qu’elles vivent aussi par exemple en tant que personne anorexique ou dyscalculique. Donc, elles sont bien placées pour savoir que la psychophobie vise aussi les zèbres, et qu’il y a un côté spécifique.

Au passage, exclure les zèbres des communautés, ce n’est déjà pas sympa pour les personnes « seulement » zèbres. Et ça l’est encore moins pour les personnes qui cumulent ça avec une autre (ou plusieurs autres) neuroatypies.

Pourquoi ce débat existe ?

Pourquoi y a t-il des personnes neuroatypiques non-zèbres qui défendent l’idée que « les zèbres ne sont pas neuroatypiques, et n’ont pas leur place dans la communauté et le milieu militant », que les zèbres ne subissent pas de psychophobie, n’ont pas de vrais problèmes par rapport aux autres, n’ont pas de besoins spécifiques réels (aménagement au travail ou à l’école, etc) ?

Pourquoi y a t-il des gens qui reprochent « aux zèbres » en bloc d’être trop méprisant.e.s et arrogant.e.s envers les autres neuroatypiques ? Alors qu’il y a aussi des comportements problématiques similaires entre, par exemple, des autistes et des anorexiques ?

On ne peut que spéculer sur les raisons de ces réactions. Mais je soupçonne que la jalousie y joue un rôle. Jalousie envers cette minorité qui est (en apparence) mieux considérée et mieux traitée que nous. Et l’envie (envers des personnes pour qui « tout est facile »).

Et puis, de l’élitisme intériorisé aussi. Parce que soyons honnêtes, on est beaucoup, parmi les personnes neuroatypiques, à avoir une estime de nous-mêmes qui n’est pas très bonne franchement basse), à cause de toute la psychophobie qu’on reçoit (et qu’on intériorise contre nous-mêmes).

Et aussi à cause de l’élitisme. La société valorisant la réussite (avoir un métier prestigieux, des diplômes prestigieux avec d’excellentes notes dans une grande école, un gros salaire, etc), ainsi qu’une certaine forme d’intelligence désignée abusivement comme L’Intelligence avec un grand I. Et souvent, tout ça on y a moins accès à cause de nos éventuels handicaps et de la psychophobie (encore).

Donc, forcément, c’est dur pour nous de ne pas avoir une vision négative de nous-mêmes, lorsqu’on n’est pas à la hauteur de ça.

C’est donc tout naturel de jalouser des gens qui ont (en théorie) plein de facilités qu’on n’a pas, et qui (en théorie toujours) réussissent tout mieux que nous (ou le pourraient). C’est tout naturel aussi que, face à des personnes zèbres, leur simple présence nous rappelle nos propres complexes sur notre intelligence et notre valeur.

Je ne jette la pierre à personne, j’ai longtemps eu ce type de réactions (de jalousie et de malaise) moi-même. Bien que je n’aie jamais pour autant nié l’oppression et les problèmes des personnes zèbres.

Conclusion

Les personnes zèbres ne sont pas automatiquement exemptes de tout handicap. Elles ne sont certainement pas exemptes de subir la psychophobie (que ce soit pour leurs handicaps, ou au contraire par jalousie et par envie pour leur « intelligence supérieure », ou les deux à la fois).

Une partie ne subit pas, ou peu de psychophobie (ou du moins, de psychophobie visible, il ne faut pas oublier que l’oppression peut être invisible). Cependant, il y a aussi des personnes autistes, ou dépressives par exemple, qui subissent peu de psychophobie pour des raisons de chance, mais ça n’empêche pas d’inclure ces groupes.

Donc, les personnes zèbres (si elles le souhaitent) ont leur place légitime dans le milieu communautaire neuroatypique, dans le milieu militant anti-psychophobie, et sont légitimes à se revendiquer neuroatypiques.

Et même si la jalousie ou le malaise qu’on peut ressentir envers elles est compréhensible (que c’est de la psychophobie et de l’élitisme intériorisés), ce n’est pas une raison pour les faire subir aux personnes zèbres, qui n’y sont pour rien. Ce n’est pas une raison pour remettre en cause régulièrement leur présence, ou considérer leurs problèmes spécifiques avec moins de sérieux.

Au sujet du malaise qu’on peut ressentir face aux personnes surdouées lorsqu’on ne l’est pas, un bon début serait d’être honnêtes à ce sujet. De se demander réellement pourquoi on réagit comme ça, et de le reconnaître (même si c’est de la jalousie ou un autre truc moche), plutôt que de trouver des justifications théoriques.

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14 réflexions au sujet de « Pourquoi inclure les zèbres (surdoué.e.s) dans les neuroatypiques ? »

  1. Oui, merci pour cet article.

    Justement récemment alors que je disais que les HP étaient inclus dans les NA, quelqu’un m’a répondu « Non, pas s’iels sont juste HP » et j’avoue que je ne savais pas trop quoi en penser.

    Au-delà du fait qu’une personne HP peut aussi par exemple être aspie, et ce sans que personne ne s’en doute (y compris elle-même), car le SA est beaucoup plus difficile à diagnostiquer chez les HP, en conséquence de quoi elle éprouvera des difficultés sociales et subira la psychophobie (certes à cause du SA, mais comme il sera invisible et que seul le HP sera visible, cette personne serait exclue par les militants que tu évoques _alors_ qu’elle est opprimée), au-delà de ce genre de situation donc, les conséquences du fait de fonctionner différemment me semblent assez claires…

    Pour ma part je vis le fait d’être HP, pas vraiment comme un don mais plutôt comme une malédiction. Et ce d’autant plus depuis que j’ai mis un nombre (enfin une fourchette) plus précis(e) sur mon QI (mais, je ne regrette pas, j’avais besoin de me situer, et ça m’aide justement à comprendre mon fonctionnement, d’autant que le/la psy ne se contente pas de te donner un nombre, iel te pond un rapport de dix pages avec analyse des résultats à chaque subtest).

    On croit à tort qu’être HP règle tout les problèmes, je dirais plutôt que ça en crée !

    Sinon un petit détail, je crois qu’une de tes phrases n’est pas complète :
    « Plus insidieusement encore, on répète à ces personnes (les enfants surtout) qu’elles sont fait en cas d’échec ça fait encore plus mal. »

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  2. En tant que zèbre (plusieurs fois diagnostiquée) : merci. Je connais aussi la psychophobie pour ma dépression et plusieurs formes de discriminations (grossophobie, transphobie..) et la « zèbrophobie » (pas très joli néologisme, sorry) à base de « t’es intelligente, tes échecs sont encore pires que pour n’importe qui », je l’ai hélas bien connue.

    Il serait temps que les gens comprennent que c’est aussi une forme de handicap d’avoir le cerveau monté différemment (pas mieux, pas moins bien) de la majorité.

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  3. Merci. Article très intéressant. Je rajouterai une piste. Un zèbre a une intelligence « classique  » élevée. Mais aussi une sensibilité émotionnelle plus développée. Ce qui est pour moi plus handicapant. Comme le disait Flaubert, ce qui effleure les autres me déchire. Et non, je n’exagère pas mon ressenti, comme on le reproche souvent. Cette sensibilité émotionnelle nous inclus dans les neuroatypiques selon moi

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  4. C’est vrai ça le côté sensible…..d’ailleurs ça me fait penser aussi à l’Asperger.
    Mon médecin traitant m’a dit « j’ai toujours pensé, malgré ce qu’en disent mes collègues, qu’il y avait un lien entre le Haut Potentiel et l’autisme ».

    Je ne sais s’il a raison, mais c’est vrai qu’on trouve des similitudes.

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  5. Bonjour,

    Pour moi, « Zèbre » ne se limite pas à HPI/HQI (Haut Quotient/Potentiel Intellectuel) : cela inclus aussi les HPE (Émotionnel), les TDAH (Trouble Déficit de l’Attention Hyperactif), et les Aspergers. C’est du moins ce que j’ai compris les quelques fois où je me suis rendu sur le forum de ZebraCrossing. On peut avoir plusieurs de ces caractéristiques ou seulement une seuls.
    Par contre, certaines personnes se prétendent zèbres sans avoir passé aucun test médical / psychologique mais uniquement par une « auto-détection » suite à la lecture d’un livre ou d’un article de journal et beaucoup de ceux-là refusent de se faire tester de peur de perdre leur caractéristique de zèbre. Ce sont d’ailleurs ces mêmes personnes qui m’ont paru le plus revendicatif et le plus imbu de leur titre de zèbre.
    Les zèbres détectés par des tests et que j’ai rencontrés sont rarement hautains ou imbus de leur situation. En effet, beaucoup de ceux que je connais on découvert leur état tardivement (souvent après le diagnostique de leurs enfants) et cela ne leur donnant qu’une clé de meilleure compréhension d’eux-même et les aidant à mieux se gérer. Il est toutefois vrai que leur comportements puisse paraitre hautain mais cela est plus lié au fait qu’ils ne se rendent pas forcément compte des interprétations que les autres peuvent faire de leur comportements, de leurs dires, que d’une volonté affirmé de rabaisser les autres.
    A noter, je suis un HQI détecté avec supputation de THQI et de HPE (je dois passé des tests plus poussé pour le confirmé mais j’ai trop de projets personnels et professionnels en ce moment).

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    1. L’article parle de la discrimination des non testés par rapport aux testés. Je souligne.

      Je suis une très probable zèbre. Pas testée quand j’étais petite par volonté de ne pas me tester de ma mère. A part ça, j’ai un certains nombres de ‘symptômes’, évidents pour mon entourage, moins pour moi (confiance en soi, tout ça).

      En plus d’être probablement une zèbre, je suis gauchère (il faut un test pour ça aussi ?) et asthmatique. Pour l’asthme, testé assez tard. Il y avait une forte-forte suspicion d’asthme depuis 15 ans (dont des traitements anti-asthme), mais vue que je gérais spontanément et très bien mes crises depuis l’enfance, ça ne se voyait pas trop de l’extérieur, et j’ai été traitée de « fausse asthmatique » même après les tests. Marrant, hein ? Bah oui, on s’ettouffe pas forcément tous de la même façon bien théâtrale et dans les mêmes conditions.

      Quant aux tests,… les tests d’asthme n’ont pas amélioré ma santé (ni les traitements associés, dont j’avais au passage bénéficié aussi avant), et je ne suis pas certaine de voir en quoi dépenser du temps et de l’argent dans un test de QI va faire que je vais être plus heureuse dans ma vie.

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  6. Merci pour les Zèbres… Et bien sûr que nous souffrons, bien sûr que nous pouvons avoir des problèmes psy’ (TCA et autres, notamment angoisse et dépression existentielle). Et non nous ne nous intégrons pas facilement, non nous ne sommes pas tous les mêmes. Oui le besoin de reconnaissance est prégnant pour la plupart parce que nous n’avons jamais été reconnus pour la plupart d’entre nous… Oui j’arrive tard sur ton article mais bon… Un commentaire reste un commentaire. Merci donc de ton article. Nous vivons tous dans des bulles différentes des neurotypiques, mais cela ne devrait empêcher cohabitation et acceptation… Toutes les bulles peuvent se rencontrer.

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