Psychophobie

De la psychophobie chez les véganes, animalistes et autres anti-spécistes (1) : les personnes handicapées comme argument

(Avertissement : il y a des liens et citations qui sont extrêmement psychophobes, notamment un débat sur la « valeur » de la vie des personnes handicapées mentales)

Note : dans cet article, je ne parlerais pas du véganisme en soi. Autrement dit, je ne rentrerais pas ici dans le débat « doit-on arrêter de consommer des produits animaux », « doit-on arrêter d’exploiter les animaux », ni dans aucun débat politique autour des droits des animaux en eux-mêmes.

Ce n’est pas le sujet ici. Le sujet, c’est la psychophobie qu’on retrouve dans ce mouvement à plusieurs niveaux (notamment dans les argumentaires utilisés). Cette psychophobie existe et n’est pas excusable, et ce, peu importe que les véganes aient raison ou non par ailleurs. La psychophobie n’est pas acceptable où que ce soit, que ce soit dans un mouvement qui défend une cause juste ou ailleurs.

Donc, entrons dans le sujet.

La vidéo de Unnatural Vegan qui compare la valeur de la vie des animaux et des handicapés mentaux

Ce soir, je suis tombé sur cette vidéo (d’une militante végane) en me promenant sur Youtube.

Dans la seconde partie de la vidéo, l’autrice cite Peter Singer (un auteur célèbre du mouvement végane). La question posée est « dans un incendie, vaut-il mieux sauver une personne qui a un handicap lourd, ou un chien qui a toutes ses fonctions cognitives ? « .

Unnatural Vegan a au moins un seul mérite, elle est honnête. Elle admet (dans le titre) que elle est psychophobe et validiste (I’m ableist). Ce qui change des personnes qui « ne sont pas psychophobes, mais… ».

Débattre de la valeur de la vie de personnes handicapées / NA

Débattre de la valeur de la vie des personnes handicapées mentales est totalement indécent. Quelle que soit la réponse apportée. Poser la question en soi est indécent.

Un peu d’histoire.

Les nazis ont exterminé les personnes handicapées (physiques et mentales). Le régime de Vichy en a laissé mourir (sans nourriture ni logement) par dizaines de milliers.

Au Moyen-Âge, beaucoup d’enfants autistes étaient considérés comme des « changelins » (de faux enfants, crées par des fées qui auraient « volé le vrai enfant »). Du coup, ils étaient souvent tués. Il arrivait aussi que des personnes neuroatypiques soient tuées pour « possession démoniaque ». Et ces choses arrivent encore dans certains pays.

Actuellement, il y a régulièrement des personnes neuroatypiques tuées. Des enfants autistes tués par leurs parents, des personnes en crise de panique abattues par la police… On laisse aussi facilement mourir, sans nourriture ni toit ni soins, des personnes NA (qui deviennent SDF).

La valeur de la vie des personnes NA et handicapées n’a donc rien d’une question théorique, et n’est pas (et n’a jamais été) acquise socialement. Il n’est donc pas admissible d’en débattre, même (surtout) pour argumenter sur un sujet qui n’a rien à voir.

La comparaison avec des animaux

Ce n’est pas acceptable de comparer les personnes neuroatypiques (et les autres personnes marginalisées) aux animaux. Jamais.

J’explique en détail ici.

L’argument des capacités cognitives

La position d’Unnatural Vegan (qui se réfère à Peter Singer) est qu’il ne serait pas rationnel de faire passer en priorité la vie des humains simplement parce qu’ils sont humains.

Par contre, il serait rationnel de faire passer les êtres les plus « sentients » en priorité. Donc, ceux qui ont le plus de capacités à anticiper leur avenir et à s’y projeter (en gros : si tu t’attends à vivre longtemps, que tu as des projets, tu as plus à perdre en mourant), ceux qui ont le plus de capacités à souffrir, à comprendre ce qui leur arrive et ce qui se passe autour d’elles…

On peut être d’accord ou pas avec cette position. Là où cela se gâte, c’est que selon Singer et Unnatural Vegan, les personnes handicapées mentales lourdes n’auraient pas ou peu ces capacités. Unnatural Vegan appelle d’ailleurs ces personnes des « légumes » (quel manque de respect).

Mais en réalité, qu’en savent-ils ? Ils ne sont pas constamment aux côtés de personnes handicapées mentales, et sont encore moins dans leur tête.

Des personnes handicapées mentales peuvent très bien se rendre compte de ce qui se passe autour d’elles, comprendre ce qui leur arrive. Même si extérieurement elles ne le montrent pas (ou plutôt, elles le montrent pas d’une manière que les NT comprennent). De même, on ne peut pas savoir si ces personnes souffrent ou pas, si elles se projettent dans l’avenir ou pas, sans être dans leur tête.

Au passage, un des piliers de la psychophobie, c’est de prétendre mieux savoir que les personnes neuroatypiques ressentent et ce qu’elles veulent qu’elles-mêmes. De parler à leur place, et de faire des suppositions (basées sur les apparences). Surtout quand elles ne parlent pas.

L’argument des capacités de communication

Singer compare par exemple les enfants « retardés » mentaux avec les chimpanzés, expliquant que ces enfants ont moins de capacités pour se rendre compte de ce qui se passe autour d’eux, ou pour communiquer de manière significative avec les autres.

Quelques rappels.

1 ) Une personne qui ne parle pas, cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas communiquer. Que cette personne soit non-verbale (autiste, trisomique…) ou muette.

2 ) Le fait qu’une personne ne parle pas, ou qu’elle ait des difficultés de communication, ne veut rien dire sur son intelligence, sa capacité de souffrir, de ressentir, de comprendre le monde, sa capacité de se projeter dans l’avenir, et son potentiel.

Peter Singer écrit lui-même ceci.

Avoir un enfant avec le syndrome de Down (trisomie 21) est une expérience très différente d’avoir un enfant normal. Ça peut être une expérience pleine de tendresse et d’amour (a warm and loving experience), mais nous devons avoir des attentes réduites des capacités de notre enfant. On ne peut pas s’attendre à ce qu’un enfant avec le syndrome de Down joue de la guitare, développe un goût pour la science-fiction, apprenne une langue étrangère, discute avec nous du dernier film de Woody Allen ou qu’il soit un athlète, un joueur de basket ou de tennis respectable.

D’abord, il existe des personnes trisomiques qui apprennent des langues, font du sport ou de la musique, regardent des films… Contrairement à ce que Singer semble croire.

Ensuite (et surtout), le potentiel d’une personne ne se résume pas à ces stéréotypes de vie normale (athlète, jouer de la guitare, langues étrangères).

3 ) Les capacités de communication évoluent au cours de la vie. Il y a des personnes non-verbales qui deviennent verbales, ou qui développent d’autres moyens de communication. Pour prendre des exemples célèbres, Albert Einstein n’a parlé qu’à plus de quatre ans. Hugo Horiot (écrivain, activiste autiste médiatique…) était non-verbal dans son enfance… avant de réussir de brillantes études. Amy Sequenza est autiste non-verbale et une grande activiste de la communauté autiste US. Dans la logique de Singer, ces personnes n’avaient que peu de valeur avant de parler / communiquer, et maintenant elles ont beaucoup de valeur ?

Et à l’inverse, une personne qui devient (physiquement) muette à cause d’une maladie ou d’un accident, puisque ses capacités de communication sont réduites, sa vie perd de la valeur, ou ça se passe comment ? Et une personne qui devient non-verbale suite à un traumatisme ?

4 ) Les capacités de communication dépendent du contexte. De la qualité de la prise en charge. De la bienveillance de la société et de l’entourage, et de leur volonté à faire des efforts.

Ainsi, par exemple, une personne sourde qui utilise la langue des signes, pourra d’autant plus communiquer que les autres seront prêts à apprendre la langue des signes, et à être bienveillants et patients en cas de difficulté. Une personne qui ne parle plus suite à un traumatisme, aura plus de chances de reparler (ou de communiquer autrement) dans un environnement bienveillant et de qualité.

5 ) On peut certes dire que les personnes sourdes, autistes, trisomiques… ne savent pas (ou imparfaitement) communiquer à la manière des NT-valides, aussi bien au niveau verbal que non-verbal.

Mais on peut dire l’inverse aussi. Les personnes NT et valides ne savent pas en général communiquer à la manière des personnes sourdes, autistes…

Par exemple, ils interprètent presque toujours les propos et le langage corporel d’une personne autiste selon leur propre perspective (une personne autiste qui ne les regarde pas dans les yeux doit « mentir », une personne autiste qui n’exprime pas ses émotions de manière visible est « froide »…), et ne connaissent en général pas la langue des signes.

Et la plupart ne se préoccupent pas d’apprendre ces modes de communication. Même parmi ceux qui ont des enfants et proches handicapés et/ou NA.

 

Bref. Les capacités de communication, c’est quelque chose de subjectif, une question de point de vue. Singer semble adopter le point de vue des neurotypiques valides, considérant que ce sont les autres qui ne savent pas communiquer comme il faut et ont donc moins de valeur.

Ces propos font écho à un cliché très grave. Beaucoup de gens pensent que les autistes sont dans leur monde, ne font pas attention à ce qui se passe autour et ne le comprennent pas, sont froids et robotiques, et sont incapables de souffrir. Ce cliché étant basé sur le fait qu’ils n’expriment pas leurs ressentis de la manière attendue.

Récemment, un enfant autiste a été victime de viols répétés (ce qui est malheureusement fréquent). Et un commentaire qui a été fait sur cette affaire disait en substance « Heureusement qu’il était autiste, il a eu de la chance« . Comme si l’autisme l’avait protégé contre la souffrance du viol.

Les enfants « retardés »

Le mot « retardé » est problématique. Tout le monde ne développe pas ses capacités de communication (et ses capacités tout court) au même rythme, et ce n’est pas grave si une personne apprend à parler ou communiquer plus tard que la majorité. Arrêtons de parler des enfants « retardés » et de considérer qu’ils ont moins de valeur.

 

Récaptiulatif

Ces véganes considèrent que les capacités de communication d’une personne déterminent une partir de sa valeur (sans prendre en compte le fait que, dans la plupart des cas, la communication est impossible aussi parce que les valides-neurotypiques ne font rien pour la faciliter).

Ces véganes considèrent que les capacités cognitives d’une personne déterminent sa valeur.

De plus, ils lient implicitement les capacités de souffrance physique, de souffrance émotionnelle, de mémoire, les capacités intellectuelles, les capacités de communication… comme si tout ça allait nécessairement ensemble. Ce qui est une méconnaissance de la complexité des handicaps.

Alors, vous me direz, ils parlent dans le cas hypothétique d’un incendie où il faut choisir. Qui plus est, choisir entre un chien et un humain handicapé. Ce qui est très spécifique comme cas quand même, ça n’arrive pas tous les quatre matins.

Ils ne disent pas pour autant qu’il faut tuer ou laisser mourir (dans la réalité) les personnes handicapées mentales et sociales (encore heureux).

Cependant, ils disent tout de même que la valeur de tous les animaux se mesure aux capacités cognitives et que si on compare deux animaux quels qu’ils soient, on doit les mesurer sur ça. Ils disent que c’est éthique et rationnel d’agir ainsi.

Le souci c’est que là, ils comparent un chien et un humain, mais rien n’empêche avec le même exact raisonnement de comparer deux humains (qui sont après tout, aussi, deux animaux). Et de décider que la personne valide et neurotypique passe en priorité sur celle qui des capacités de communication ou des capacités cognitives moins importantes.

Avec ce genre de raisonnement, on glisse facilement sur des horreurs comme « en cas de crise économique, on peut sacrifier les handicapés », « en cas de guerre on peut sacrifier les handicapés », etc.

Ce ne sont pas des cas hypothétiques. C’est ce qui est arrivé pendant la Shoah. C’est ce qui arrive aujourd’hui lorsque les budgets de prise en charge des personnes handicapées sont réduits, des services fermés, des personnes abandonnées dans la rue, des allocations réduites…

Bref, utiliser cet argumentaire permet aux personnes les plus validistes et psychophobes de s’engouffrer dans une brèche pour justifier (dans certains cas) le meurtre de personnes handicapées.

Si je devais résumer tout ce qui pose problème en quelques points, je dirais :

  • débattre de la valeur de la vie d’une personne handicapée (même si c’est purement théorique et hypothétique, j’insiste)
  • juger une personne handicapée (et la valeur relative de sa vie) sur ses capacités cognitives
  • juger une personne handicapée et la valeur relative de sa vie) sur ses capacités de communication
  • utiliser les personnes qui sont socialement ou mentalement handicapées comme un argument (pour une cause sans rapport)
  • palabrer sur le sujet du handicap sans les personnes concernées
  • dire « il est rationnel d’être validiste / psychophobe » (sic) (I’m ableist, and that’s rational)
  • et comparer les personnes handicapées mentales à des animaux. Dans un contexte où la société déshumanise déjà ces personnes, où un article explique que les autistes sont plus proches de l’animal sauvage au fond, etc.
  • utiliser le mot « retardé », et faire (implicitement) comme si tout le monde devait développer les mêmes capacités au même rythme

Toutes ces idées n’ont strictement rien d’original d’ailleurs. C’est un concentré du validisme et de la psychophobie ordinaires qu’on trouve partout.

De plus, l’autrice (Unnatural Vegan) admet elle-même qu’il n’y a pas nécessairement besoin de tout cet argumentaire pour défendre sa cause. Pourquoi le faire, du coup ?

On peut défendre les droits des animaux en parlant simplement du traitement des animaux, sans avoir à faire référence à des groupes humains (marginalisés).

Pour terminer, l’autrice a clairement reçu des remarques sur le sujet de personnes concernées, mais s’en fout, et affiche de manière explicite et décomplexée son « ableism »…

PETA

PETA, dans sa FAQ, nous explique que les droits des animaux doivent être respectés, tout comme ceux « des handicapés mentaux, même si ils ne sont pas mignons et que personne ne les aime ». Sérieusement ?

De plus, PETA se sert également de l’autisme comme argument.

ndc-slams-science-behind-resurfaced-peta-got-autism-campaign

1 ) PETA nous explique ici que consommer du lait de vache cause (chez les enfants) l’autisme, et que cesser d’en consommer permet aux enfants autistes de « s’améliorer » (en ressemblant plus à des neurotypiques). Cet article détaille en quoi c’est de la pseudo-science mensongère.

2 ) Mais même si c’était vrai (et que le lait était un facteur déclencheur), ce ne serait pas un argument acceptable.

PETA reprend le message véhiculé par Autism Speaks. Cette organisation souhaite à la fois prévenir l’apparition de l’autisme chez les futurs enfants (ce qui est eugéniste), et faire disparaître l’autisme chez les enfants (et adultes) autistes existants. Le problème, c’est que l’autisme est une partie intégrale de la personnalité, impactant tous ses aspects et inséparable du reste. Donc (supposons que ce soit possible), si on prend une personne autiste et qu’on lui « enlève » l’autisme, on détruit sa personnalité. Et ce sera ensuite une autre personnalité (neurotypique) qui sera présente dans ce corps et ce cerveau, après guérison.

Pour le dire encore plus clairement, ce qu’Autism Speaks veut faire aux enfants autistes, c’est un meurtre de personnalité.

3 ) PETA reprend ce message. Plus généralement, PETA présente l’autisme comme une terrible maladie (« your child has got autism », traduction, « votre enfant a attrapé l’autisme »… non c’est pas comme la grippe en fait, ça ne s’attrape pas…).

4 ) PETA s’adresse aux parents d’enfants autistes. Ce qui est un problème en soi, dans ce cadre, puisque on met toujours les parents, les besoins des parents, le ressenti des parents au centre, qu’on donne plus de subventions et de visibilité aux associations de parents que de personnes concernées, et que ces associations de parents (en général) ont une vision psychophobe de l’autisme (une maladie qu’il faut soigner; les enfants autistes doivent être rendus normaux, etc).

5 ) PETA utilise les personnes autistes (et handicapées en général) comme un outil de communication pour sa propre cause, ce qui est également psychophobe. Et ce, sans se soucier des autistes qui vont se le prendre dans la tronche.

Si des handicapés peuvent le faire, toi aussi

Certains activistes véganes ont tendance à utiliser des personnes handicapées véganes pour se motiver elles-mêmes, et motiver les autres. Notamment via des memes.

En disant, « si une personne handicapée peut le faire, tu peux le faire ».

Autrement dit, ces personnes utilisent le handicap comme source d’inspiration et de motivation. Quelques liens qui expliquent pourquoi c’est problématique.

Je ne suis pas courageuse

Le malheur des autres peut-il être inspirant

I am not your inspiration, thank you very much (Stella Young)

S’il vous plaît, ne faites pas ça. Juste non.

Dans les prochains articles, je parlerais d’autres formes de psychophobie qu’on retrouve trop souvent dans les discours et les pratiques véganes, animalistes et antispécistes. Et un jour, j’aborderais ces questions-là dans les milieux féministes, homos, trans, anti-capitalistes, écologistes, etc.

Sources

Can Veganism Be Ableist

Ableism in the Vegan Community

Ableism and Pseudoscience From the Vegan Community

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10 réflexions au sujet de « De la psychophobie chez les véganes, animalistes et autres anti-spécistes (1) : les personnes handicapées comme argument »

  1. Sauf que dans la vie réelle, personne n’est sommé de choisir entre antispécisme et anticapacitisme (traduisons « capacitisme » à partir de « ableist ») : ce sont 2 combats différents mais avec de nombreux points communs que la youtubeuse que vous mettez en exemple n’a visiblement pas saisi. Je pense cependant qu’il y a plus d’anticapacitistes chez les vegans antispécistes que chez les spécistes, tout simplement car beaucoup ont entrepris ce travail de déconstruction de nos catégories mentales subjectives, nécessaires dans l’antispécisme comme dans l’anticapacitisme, le féminisme et l’antiracisme. Quel est le socle commun à tous ces combats ? L’égalitarisme.

    De plus, la définition que vous donnez de la sentience pourrait être amélioré :
    – pourquoi limiter la sentience aux capacités de communication ?
    – de même, pourquoi créer des hiérarchies chez les sentients ? Que ce soit dans les variétés d’humains, ou entre les espèces d’animaux.
    Je reprendrais plutôt la définition de Fréderic coté-Boudreau : La sentience est « le fait d’avoir une vie mentale, une conscience, ne serait que minimale. Le fait d’être un sujet, c’est-à-dire d’avoir une vie subjective, une vie intérieure, des perceptions ; de pouvoir ressentir la douleur et le plaisir ».
    Les neuroatypiques ne rentrent t’il pas largement dans cette définition plus précise de la sentience ?
    Pour aller plus loin, je vous invite à aller lire l’article de l’auteur canadien que je viens de citer et qui parle justement de ce sujet : https://coteboudreau.com/2015/10/31/specisme-et-capacitisme/
    Bien à vous,

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    1. Moi je n’ai donné aucune définition de la sentience, j’ai juste cité celle de Unnatural Vegan, et je dis à peu près pareil que vous en fait : les capacités de communication d’une personne ne déterminent pas sa sentience

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    2. D’ailleurs le souci de ces gens est qu’ils font des suppositions gratuites sur la vie intérieure des personnes lourdement handicapées mentales. Ils pensent que cette vie intérieure serait moins développée que chez les autres humains voire quasi-absente. Mais ils ne se basent que sur des éléments externes pour dire ça, ils n’ont AUCUNE idée réelle de ce que ressentent ces personnes

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    3. Le veganisme et l’anticapitalisme partagent plus que quelques points communs. Le veganisme, c’est l’anarchie organisée et individualiste. Le veganisme comprend toutes les questions d’oppressions et pas seulement celles concernant les animaux non humains. L’abléisme est dénoncée chez les vegan.e.s. Sauf que certains collectifs utilisent cette étiquette, comme PETA, L214 et bien d’autres …

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  2. Je n’ai pas encore tout lue mais quel grosse tr*** du c*** je suis moi même neuro atypique j’ai grandi avec des gens qui était handicaper (institution spécialisée) certains autiste d’autre souffrait d’autre troubles certains était handi physique et je suis parfaitement conscient de ma situation j’anticipe beaucoup l’avenir je me pose des questions sur la vie comme beaucoup d’autre gens en situation d’handicap et cette petasse prétend qu’on aurait moins de valeur qu’un animaux juste parce qu’on est pas à 100 💯 comme il faut selon la norme de la société qu’elle honte de penser comme sa

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  3. Ce qui m’agace particulièrement avec cette Youtubeuse, c’est qu’elle oppose de manière dommageable les sciences et la morale.
    Je vais jouer l’avocat du diable ici : oui, il y a une certaine logique de survie et d’évolution dans le point de vue validiste. Effectivement, un individu atteint de mucoviscidose ou en état de mort cérébrale n’est pas un « candidat » intéressant au niveau « survie de l’espèce »…mais il me semble qu’on a dépassé ce stade de pensée depuis déjà un petit moment (quoique…) ! Surtout dans nos sociétés modernes, où nous vivons sans avoir quoi que ce soit à faire qui relève de compétences de survie ! À ce que je sache, on ne pose plus de pièges pour choper une proie, on va à la boucherie. On ne parcourt plus 10 km pour trouver un abri dans le froid/la canicule avec des prédateurs aux trousses. Bref, le fait d’être débarrassés de ce type de contraintes ouvre (HEUREUSEMENT !!!! ) la voie à des considérations morales.
    Et même sans cela, s’il fallait s’en tenir à tout ce qui est naturel ou scientifiquement prouvé comme avantageux, nous devrions autoriser 99 % des violences sexuelles (qui génèrent de la diversité génétique), 99 % des guerres et autres meurtres (qui régulent les populations), refuser la médecine et les vaccins (pour sélectionner des individus au système immunitaire puissant)…Quelle belle société d’entre aide ou de fraternité nous aurions là… -_-
    Décidément, ce genre de personnes me laisse pantoise…

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  4. Si ça peut vous rassurer, Peter Singer n’est pas une référence pour énormément de véganes ! Il est même décrié. Être végane et antispéciste c’est aussi lutter contre le validisme, le capacitisme, le racisme et le sexisme. Sinon ça n’a pas de sens de soutenir la cause animale non-humaine et de minimiser la vie d’autres êtres qui n’entreraient pas dans le moule de la société telle qu’elle est imagée.

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  5. Le véganisme disparaîtra.

    Nietzsche devient de plus en plus cité et adulé. Et selon Nietzsche, les faibles sont des esclaves et n’ont que des ressentiments à propos des forts qui sont supérieur.

    La femme, selon Nietzsche, se doit d’être dominé et son égalité avec les hommes est une aberration.

    Penser comme un faible et un esclave, c’est être un médiocre et un dégénéré.

    Ma question : Quel place pour le véganisme dans un monde qui adule Nietzsche ?
    (Quel place pour n’importe quels formes de militantisme, d’ailleurs….)

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