Psychophobie

La personnalité dite « passive-agressive »

Info avant de commencer, si vous ne le savez pas : Les conditions psychiatriques sont répertoriées dans la CIM-10 (classification internationale des maladies), publiée par l’OMS, et dans le DSM-5, publié par l’Association américaine de psychiatrie.

On parle de DSM-5 et de CIM-10 parce qu’il y a eu cinq et dix versions, et que les deux manuels sont régulièrement mis à jour.

Le DSM comme la CIM sont le sujet de beaucoup de critiques et de débats, d’ailleurs, mais je ne rentrerais pas dedans ici.

Introduction

On va donc parler de la personnalité passive-agressive. C’est un trouble de la personnalité, actuellement inclus dans la CIM-10.

Il a été inclus aussi dans le DSM-4 (Annexe B) dans le passé. Cependant, le « trouble » n’a pas été reporté dans le DSM-5, car il a été constaté que cela allait en général avec d’autres conditions (dépression, borderline…). 

J’insiste sur un point. Les professionnels ne l’ont pas retiré du DSM car « ça n’existe pas ». Le phénomène existe bel et bien (et a un impact énorme pour les personnes concernées). C’est simplement qu’on a changé la classification.

D’abord, je vais m’intéresser à comment le DSM-4 définissait ce « trouble ». Et à la réalité qui peut se trouver derrière (d’un point de vue de personne concernée, et non par un regard externe).

Ensuite, je m’intéresserais à la manière dont les articles de presse, les sites « grand public » (comme Doctissimo), ou les livres de développement personnel, en parlent, d’une manière à la fois inexacte et méprisante.

Ce que disait le DSM-4

Le DSM-4 définit la personnalité passive-agressive comme une personne qui

1 ) Est dans une démarche constante (ou comme disent les psy, « envahissante ») de résistance passive aux demandes de fournir une performance « adéquate ».
Cette résistance est par rapport aux tâches professionnelles et aux tâches sociales.

2 ) Critique et/ou méprise « sans raison » l’autorité.

3 ) Se sent mal compris et mal apprécié.

4 ) A un désir de s’affirmer, mais est en même temps dans une situation de dépendance envers autrui. C’est ce qui explique que la personne va souvent résister à l’autorité de manière détournée, plus que de manière frontale.

Parfois, la personne va alterner entre une attitude d’excuses et de contrition (« désolé de ne pas l’avoir fait », « tu m’en veux pas ? », « désolé de pas y arriver »…) et une attitude d’hostilité.

5 ) Manque de confiance en elle-même.

Manque de confiance en les autres.

Manque de confiance en l’avenir, et a une vision pessimiste.

Cela s’exprimera de diverses manières selon les personnes.

  • Ne pas faire ou mal faire les tâches professionnelles ou sociales demandées. En prenant du retard, en oubliant d’en faire une partie, en faisant de travers…
  • Se montrer maussade, cynique, pessimiste, impatient, cynique
  • Se plaindre
  • Se plaindre d’avoir de la malchance de manière répétée
  • Avoir une vision négative du futur, et penser que « les bonnes choses ne durent pas »
  • Avoir du ressentiment et de l’envie envers les personnes qui ont l’autorité (supérieur hiérarchique au travail, enseignants, parents…) et celles qui réussissent ou sont appréciées par l’autorité (collègues appréciés par la hiérarchie).

La personne ne réagit pas ainsi seulement pendant un épisode de dépression. C’est son mode de fonctionnement permanent.

Tout ça, c’est le profil établi par le DSM-4. Ce profil est basé, cependant, sur une observation et une interprétation extérieures du comportement des personnes concernées.

Je le répète encore une fois. La personnalité passive-agressive (selon la définition du DSM-IV) est un phénomène qui s’exprime face aux obligations sociales et aux rapports avec l’autorité (scolaire, professionnelle, parentale…).

D’ailleurs, les scientifiques n’ont commencé à s’y intéresser qu’après la Seconde guerre mondiale. L’US Army avait en effet constaté ce phénomène chez des conscrits, réfractaires à l’autorité de leurs officiers.

Un point de vue de personne concernée

Ce sujet m’intéresse, car il se trouve que je corresponds à tous les points de la liste (oui, vraiment tous). Et c’est pour ça que je suis si certain que, oui, ça existe.

Peut-on parler de personnalité à part entière ?

Une objection intéressante que j’ai lue, c’est que même si les professionnels parlent de personnalité passive-agressive, ce n’est pas une personnalité à part entière. Cela ne décrit qu’une partie de la personnalité, un schéma, un ensemble de traits.

Et ce n’est pas faux. Cependant, c’est la même chose pour les personnalités paranoïaques, borderline… et toutes les autres personnalités atypiques. Une personne ne peut jamais se résumer par UN mot, UN concept, UNE définition.

En outre, la « personnalité passive-agressive » est souvent imbriquée avec d’autres schémas de personnalité atypiques (par exemple la personnalité borderline, histrionique, évitante, dépendante ou paranoïaque, le haut potentiel, l’autisme…). 

Ceci dit, lorsque on a une personnalité passive-agressive, cela a un impact énorme dans la vie (puisque cela impacte les relations sociales, les études, le travail). Donc, on ne peut bien sûr résumer personne à cette étiquette, mais pour autant, ce n’est pas non plus un détail.

Le cœur du phénomène, c’est la manière de (mal) vivre les obligations sociales et l’autorité

Le comportement passif-agressif (en gros, ne pas s’opposer frontalement à l’autorité et aux obligations sociales, mais y résister de manière passive ou détournée), n’est qu’une manière d’exprimer cette personnalité. Ce n’est pas le cœur du phénomène.

Ce qui est au cœur, c’est que la personne trouve difficile, insupportable, voire impossible, de se soumettre réellement à l’autorité et aux obligations sociales.

Les gens m’ont toujours conseillé de « faire contre mauvaise fortune bon cœur ». Ils m’ont toujours conseillé de « mettre plus de volonté ». La vérité, c’est que je ne peux pas. C’est impossible.

Lorsqu’on m’impose quelque chose contre mon gré, je vais TOUJOURS ressentir cela de manière très violente et pénible. Parfois cela sera pénible mais « supportable » et j’arriverais à donner le change, mais souvent, ce sera pénible au point de me donner (intérieurement) envie de hurler, de taper quelque chose, de tout déchirer, parfois de pleurer, d’avoir mal au ventre, de faire un meltdown ou shutdown…

Et ce, y compris pour des obligations sociales, professionnelles et scolaires normales, que les neurotypiques (et beaucoup de personnes atypiques) supportent correctement.

Pour donner un exemple concret. J’ai déjà été obligé de suivre des cours que je trouvais extrêmement ennuyeux et pénibles, mais SURTOUT, que je n’avais aucune raison personnelle de suivre.

La seule raison était « il faut les suivre parce que c’est le cursus et c’est comme ça et point », alors que je savais (et j’avais RAISON) qu’ils seraient totalement inutiles pour moi. Et à chaque fois, devoir le faire (toutes les semaines) me plaçait au bord de la crise.

Parce que je vivais de manière très violente qu’on m’oblige à être dans un endroit pendant plusieurs heures contre ma volonté, et à accomplir des tâches contre ma volonté.

De même, je n’ai jamais supporté l’obligation de me comporter « comme les neurotypiques », et d’ailleurs je ne l’ai jamais fait. Et en fait, plus on me mettait de pression pour que je le fasse, plus je ne pouvais m’empêcher de faire l’exact contraire.
Dans l’adolescence, j’ai souvent été dans cette position face aux parents et aux profs. Ils voulaient que j’adopte un langage corporel NT (regard, posture, gestuelle, expression faciale…), que j’aie les mêmes centres d’intérêt et activités sociales que les NT, que je parle comme eux.

Régulièrement, je me retrouvais à dire « oui », « oui je vais le faire », « désolé »… parce que je n’étais pas en position de m’opposer frontalement. Avant de continuer à faire à ma manière.

Et ce n’est pas une question de volonté. D’ailleurs, si c’était une question de volonté, si il « suffisait» de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de m’habituer, je l’aurais fait depuis longtemps. Ma vie serait plus agréable et plus simple, et les tâches ordinaires me demanderaient moins d’effort. Je ne ressentirais plus toutes ces émotions négatives et violentes.

Mais cela ne marche pas comme ça. Je ne choisis pas de le vivre comme ça. Et du coup, quand cela m’arrive, forcément, je vais procrastiner, être inefficace… Deux raisons.

1 ) Parce que je n’ai pas les moyens de faire autrement. Par exemple, dans ces cours où j’étais obligé d’aller contre ma volonté, je devais déjà faire un effort important pour ne pas entrer en crise devant tout le monde. Du coup, j’avais moins de capacités pour la tâche à accomplir.

2 ) Parce que résister à l’autorité (un minimum), c’est parfois le seul moyen de rendre la situation psychiquement supportable pour moi. Et surtout, d’éviter la crise encore une fois.

La tension entre le besoin de s’affirmer, de ne pas se soumettre, et la dépendance

Je vais parler de mon cas personnel, pour illustrer cela. Devoir me soumettre à une autorité contre mon gré, devoir suivre des consignes contre mon gré, rester dans un lieu contre mon gré, me plier aux codes sociaux NT… est souvent psychiquement insupportable.

Cependant, s’opposer frontalement n’est pas forcément possible (ni une bonne idée).

Quand c’est par rapport à l’autorité scolaire, patronale ou parentale, ce n’est pas très compliqué à comprendre. S’opposer frontalement dans le cadre scolaire ou professionnel peut signifier rater ses études, perdre son emploi ou ne pas en trouver, se trouver dans la galère… Il n’y a pas besoin de faire un dessin.

Ensuite, par rapport aux parents. Je ne vais pas parler des cas d’abus parentaux (sexuels, physiques ou psychologiques), que je n’ai pas vécus. Je vais parler des parents « ordinaires » (ce qui va souvent avec psychophobie ordinaire d’ailleurs).

S’opposer frontalement peut vouloir dire vivre dans le conflit permanent, se retrouver privé de vie sociale (par exemple en étant « privé d’Internet » ou « privé de sorties »). Ou se retrouver chassé une fois majeur (ce qui est particulièrement dangereux quand on a des handicaps).

Et puis les parents sont aussi assez doués pour nous culpabiliser (« tu es égoïste », « tu ne penses qu’à toi », « tu me pourris la vie », etc). Et nous, on l’intériorise souvent.

Bref, si une personne PA ne s’oppose pas frontalement à l’autorité, ce n’est pas parce qu’elle est fondamentalement lâche ou hypocrite, ou qu’elle « n’ose pas s’affirmer ». C’est parce qu’elle a de BONNES raisons, OBJECTIVES, de craindre les conséquences.

En plus de l’autorité légale ou de la dépendance financière, il faut aussi prendre en compte la dépendance sociale et affective.

Refuser frontalement de se plier aux codes sociaux (NT), c’est risquer le harcèlement moral (par les collègues ou camarades de cours), c’est aussi risquer l’isolement.

Dans mon cas, j’ai souvent du mal à m’opposer frontalement aux codes sociaux NT (et du coup, je le fais de manière plus détournée). Parce qu’il y a la peur du rejet, la peur que l’on ne m’aime pas, la peur du harcèlement… Et ces peurs ne viennent pas de mon imagination, mais de ma vie réelle.

Le pire c’est que maintenant, même face à des gens bienveillants, j’ai encore cette tension. Avec d’un côté le besoin de m’affirmer (ce qui chez moi implique de ne pas suivre les codes NT), et de l’autre la peur du rejet, la dépendance affective.

Le comportement passif-agressif n’est ici qu’un « symptôme »

Le fait de traîner les pieds, de faire mal son travail, d’oublier des tâches, de procrastiner… n’est qu’une expression du phénomène qui se passe dans le cerveau. Et ce n’est pas la seule expression possible.

Pour prendre mon cas, je ne réagis comme ça que quand c’est la seule issue possible, que je suis coincé entre la soumission (insupportable parfois au point d’être impossible) et la confrontation ouverte (avec des risques, voire la certitude, de conséquences graves). Je déteste me comporter comme ça, ce n’est pas agréable pour moi.

D’ailleurs, quand le contexte me permet de m’affirmer (sans culpabiliser et sans risquer de conséquences graves), je le fais. J’ai quelques amis, qui ont des personnalités similaires aux miennes. Et on s’accepte pleinement. Y compris quand on dit « non », qu’on ne suit pas les codes sociaux, qu’on gueule, qu’on fait des crises… Et c’est effectivement beaucoup plus agréable, que de se comporter de manière passive-agressive.

Une personne qui a la personnalité « passive-agressive » peut donc l’exprimer par ce comportement, mais aussi de nombreuses autres manières.

Et inversement…

Le comportement passif-agressif peut avoir d’autres causes (sans rapport)

Tout le monde peut avoir des comportements passifs-agressifs, à certains moments (quel que soit le type de personnalité).

Par ailleurs, il y a des personnes qui utiliseront le comportement passif-agressif comme un outil de manipulation, pour enfumer leur entourage, briser les personnes qui les entourent, et obtenir ce qu’elles veulent.

En particulier, dans la perversion narcissique / personnalité narcissique. Une personne narcissique va, par exemple, entretenir un lien (« amitié » ou « amour ») avec sa victime. Et elle va se servir de tactiques passives-agressives. Par exemple, elle va accepter ou promettre des choses, puis ne pas les faire ou mal les faire. Lorsque la victime fera remarquer des comportements prédateurs, la personne narcissique réagira par le silence, la culpabilisation, les fausses promesses, ou les sous-entendus.

Cela ira alors avec d’autres tactiques de manipulation. Par exemple, le gaslighting, qui consiste à faire croire à une personne qu’elle se souvient mal d’un événement, qu’elle a mal compris. Exemple, « Non, je ne t’ai pas insulté, tu te souviens de travers ». Répété sur des mois, des années, le gaslighting peut amener une personne à douter constamment de ses souvenirs et de ses ressentis, à ne plus savoir sur quel pied danser.

Pour autant, la personnalité passive-agressive et la personnalité narcissique sont très différentes. Dans le premier cas, c’est une personne qui vit mal (voire très mal) des situations de domination, qui n’arrive pas à l’accepter, et qui n’est juste pas en position pour se rebeller ouvertement. Cela n’empêche pas que cette personne puisse se soucier des autres, les respecter, chercher leur bien-être…

Cette personne, de plus, préférera souvent s’opposer ouvertement, s’affirmer, si elle le peut.

Dans le second cas, c’est une personne qui cherche à dominer les autres, ou à maintenir sa domination. Et qui fondamentalement, ne peut se soucier que d’elle-même, de ses propres intérêts, besoins et envies. Qui ne peut voir les autres que comme des outils, des satellites, des obstacles…

Et il y a encore d’autres causes qui peuvent amener un comportement passif-agressif.

Pour résumer. Toutes les personnes avec une « personnalité passive-agressive » n’ont pas un comportement passif-agressif (certaines l’expriment autrement, et cela dépend des circonstances aussi). Et inversement, toutes les personnes qui ont un comportement passif-agressif n’ont pas ce type de personnalité. Beaucoup le font pour d’autres raisons. 

Je n’aime pas du tout que les psychiatres aient parlé de « personnalité passive-agressive », car cela va induire justement une confusion avec « comportement passif-agressif ». 

Et inconsciemment, les gens vont penser « c’est juste une personne lâche / manipulatrice », « tout le monde a parfois ce comportement, ces personnes-là sont juste dans l’excès, et il suffit qu’elles fassent un effort ». Non. C’est beaucoup plus profond et compliqué que ça. J’aurais donc préféré qu’un autre nom soit utilisé.

Pas un trouble… mais une situation de handicap

La personnalité PA n’est pas un « trouble »

Déjà, la personnalité PA est classée comme un trouble de la personnalité. Et le concept de « trouble de la personnalité » est, en soi, politiquement discutable. Je n’ai pas dit que c’est un concept forcément faux, mauvais ou à jeter. Mais il pose question.

En effet, il revient tout de même à dire qu’il y a des personnalités qui sont, intrinsèquement, moins bonnes que d’autres, qui devraient (si possible) être corrigées ou améliorées… Et en général, cela revient à se rapprocher d’une personnalité neurotypique.

Voyons pour la personnalité PA. La grille de critères de diagnostic est assez éloquente. Les critères font tous référence, au choix, à

1 ) Des personnes qui sont de mauvais salariés, qui ne fournissent pas une performance « adéquate » à leur employeur, et qui l’emmerdent.

2 ) Des personnes qui résistent à d’autres formes d’autorité (parentale, scolaire).

3 ) Des personnes qui ne se plient pas aux codes sociaux (neurotypiques) ou le font de très mauvaise grâce.

4 ) Des personnes qui dérangent leur entourage.

En bref, la seule raison qui fait que c’est classé comme « un trouble », c’est que ces personnes sont trop peu productives et trop gênantes, pour les institutions, pour le capitalisme et pour les neurotypiques. Le mal-être qui serait ressenti (ou non) par ces personnes semble une préoccupation très secondaire.

Personnellement, je considère que ce type de personnalités n’est en rien un trouble, mais une variation normale de la diversité neurologique et psychologique. Une variation qui doit être respectée (dans ses besoins, ses capacités et difficultés spécifiques).

Une situation de handicap

En revanche, dans une société capitaliste, fondée sur de multiples rapports de domination, et psychophobe, avoir la personnalité PA entraîne une situation de handicap évidente.

En effet, cela va rendre difficile, voire impossible, de donner le change face aux exigences du système scolaire et du monde du travail. Et cela peut entraîner harcèlement scolaire et professionnel, micro-agressions, discriminations, chômage, pauvreté, échec dans la scolarité/les études…

La solution n’est pas de « corriger » les personnes PA pour les faire rentrer dans le moule, mais d’accepter qu’elles ne peuvent pas entrer dans ce moule.

A long terme, la solution est donc une société débarrassée de la psychophobie (et des rapports de domination qui y sont liés). Selon moi, cela signifie une société conçue pour et par des personnes atypiques, afin de prendre en compte leur diversité.

A court terme, il me semble important que les personnes PA puissent voir leur handicap reconnu, et accéder à tous les droits des personnes handicapées (emplois réservés, invalidité, AAH…).

A notre petit niveau (de militant anti-psychophobie), je considère que les personnes PA ont leur place parmi nous, sans réserves. Quand bien même elles ne seraient « que » PA (ce qui est rare).

Ces personnes ont, elles aussi, besoin d’environnements où elles sont pleinement acceptées, où elles peuvent s’affirmer, former des amitiés, trouver du soutien… Et où elles ne seront pas perçues comme des personnes juste chiantes ou capricieuses, qui n’ont qu’à faire un effort. Et surtout, les personnes PA vivent une situation de handicap (social, psychique) et de psychophobie.

La psychophobie contre les personnes PA

Je vais maintenant parler des livres de développement personnel, des articles de vulgarisation médicale… Toutes ces sources ne sont pas des sources médicales fiables, et n’ont pas vocation à l’être. Cependant, elles sont tout de même lues et écoutées par le public. Et elles illustrent bien les préjugés.

Personnalités difficiles

Le concept de « personnalité difficile » se retrouve dans des livres de développement personnel, de management.

Ce concept est déjà problématique en soi. Cela supposerait qu’il y ait des gens qui soient par essence, intrinsèquement, « difficiles ». Non. Tout le monde peut avoir une personnalité « difficile »… pour quelqu’un et dans certaines circonstances. Mais personne ne l’est « en soi ».

D’ailleurs, beaucoup de personnes atypiques pourraient qualifier la personnalité neurotypique de personnalité difficile (de manière tout aussi subjective).

Mais, dans les faits, les personnalités dites « difficiles » sont, en général, les personnalités borderline, schizoïdes (souvent autistes), schizotypiques, paranoïaques, obsessionnelles-compulsives, histrioniques, anxieuses, évitantes, dépendantes, dépressives, passives-agressives… Bref, c’est à peu près la même liste que celle des « troubles de la personnalité » en psychiatrie.

Et il suffit de faire une recherche Google pour voir comment les articles parlent des personnalités difficiles, rien que dans les titres. Ce sont des personnalités qu’il faut « gérer », « recadrer », « reconnaître », « repérer », qui sont « toxiques ». Quand on ne les appelle pas carrément « les pénibles » en bloc. Et cette mode a été initiée, notamment, par le livre de Christophe André, qui s’appelle Comment gérer les personnalités difficiles.

Bref, un vocabulaire assez méprisant. Et le message est toujours le même. Ces personnalités doivent être contrôlées voire corrigées (au lieu de rendre le contexte adapté).

De plus, tous ces livres et articles semblent toujours s’adresser aux seuls neurotypiques, comme si ils étaient seuls.
Par exemple, quand un article parle des personnes passives-agressives qui peuvent « nous rendre fous », le nous en question n’inclut clairement pas les personnes dites difficiles. Il n’inclut que les personnes dites normales. Et les articles vont souvent s’appesantir sur les souffrances des patrons, des parents, des médecins… face aux personnes dites difficiles, plus que sur la personne en elle-même.

Les articles sur la personnalité PA

Je prends comme exemple cet article de Doctissimo, sur la personnalité PA. Cet article se base sur le point de vue d’un psychologue, le Dr Barbier.

Ce dernier présente les personnes PA comme des personnes qui « se victimisent ». Sous-entendu : elles seraient en réalité seules responsables de leur situation, de leurs souffrances. Et elles ne vivraient donc pas de handicap ou de psychophobie.

Il leur reproche aussi de « suivre leur inaction » (sous-entendu : elles devraient faire un effort), et de « blâmer les autres » pour « leurs erreurs » (sous-entendu : c’est les personnes PA qui sont en faute, à ne pas s’adapter et se plier), d’avoir « tendance au mensonge », d’avoir un sentiment de « persécution » (qui serait forcément injustifié donc). Il sous-entend que ce sont des personnes lâches et malhonnêtes.

Et le meilleur pour la fin. Selon le Dr Barbier, les personnes PA seraient susceptibles de « provoquer des situations conflictuelles comme d’attaquer leur employeur pour harcèlement moral ».

Attaquer son employeur pour harcèlement moral ce n’est pas « provoquer » un conflit. C’est se défendre… contre un harcèlement. Le conflit, il est dans le harcèlement que la personne subit. Pas dans sa plainte devant la justice.

Et surtout, le Dr Barbier sous-entend (sans le dire) que ces personnes porteraient plainte pour harcèlement moral… sans raison valable.

Presque personne ne fait ça (quel que soit le type de personnalité). Porter plainte pour harcèlement moral, cela ne se fait pas à la légère. En effet, le harcèlement moral est difficile à prouver et à établir devant les juges (d’autant plus quand les harceleurs agissent sans témoins ou de manière insidieuse).

Et, que la plainte aboutisse ou non, poursuivre son employeur va souvent impliquer de se brouiller avec les collègues (qui risquent de prendre le parti du patron), de perdre son emploi, d’avoir des difficultés à en retrouver (d’autres employeurs n’emploieront pas forcément une personne qui a poursuivi son patron)… ou de rester en emploi. En effet, perdre son emploi peut être catastrophique. Mais rester en poste, sous les ordres de son employeur, PENDANT qu’on est en procès pénal avec lui, aussi.

Donc, quand on en arrive à une plainte pour harcèlement moral contre son employeur, c’est que (dans l’immense majorité des cas), il y a réellement une situation grave de harcèlement et de souffrance au travail.

Les clichés

Pour résumer tous les clichés psychophobes sur les personnes PA.

  • égoïstes
  • narcissiques
  • manipulatrices
  • malhonnêtes
  • vindicatives
  • difficiles
  • irresponsables
  • paresseuses
  • se pensent persécutées (à tort, bien sûr)
  • lâches
  • toxiques

Les gens qui nous voient nous investir avec énergie et enthousiasme sur, par exemple, des projets personnels ou des intérêts spécifiques, ne vont ensuite pas nous croire si on dit « Je n’arrive pas à m’investir dans mon travail / mes études ». Pourtant cela n’a pas de rapport.

Sans oublier la confusion entre le comportement passif-agressif (qui peut se retrouver dans diverses personnalités, selon les circonstances) et la personnalité dite « passive-agressive » (qui s’exprimera extérieurement par ce comportement… ou d’autres, selon les circonstances).

Ces clichés sont extrêmement simplistes. Ne pas se soumettre facilement aux obligations sociales et à l’autorité, traîner des pieds pour un travail imposé, ne signifie pas qu’on est une personne paresseuse en général. Une personne PA pourra d’ailleurs montrer énormément d’énergie et de motivation dans des tâches qu’elle aura choisies ou acceptées.

Cela ne signifie pas non plus qu’on est égoïstes. Une personne PA peut avoir un comportement qualifié d’égoïste par ses collègues, mais s’investir pour les autres. Par exemple, une personne qui va être une « mauvaise employée » et « difficile » (pour ses collègues et ses supérieurs), mais qui va consacrer sa vie privée à aider des victimes de maltraitance à aller mieux et à survivre (sans en tirer de récompense); qui va aider ses voisins âgés…

Un exemple personnel. Un de mes amis correspond à ce schéma. Pourtant, pendant mes dépressions, il m’a écouté me plaindre et parler de ce qui n’allait pas, m’a donné des conseils, a supporté mon humeur irritable et maussade… Il m’a aussi aidé dans mes projets ou la gestion de mon quotidien quand je n’y arrivais pas. 

Ces clichés, ce sont à peu près les mêmes (égoïsme, paresse, etc) que sur les autres personnes atypiques, d’ailleurs. Et le vrai reproche, au fond, est toujours le même : ne pas être adaptés aux NT et au capitalisme. Le reste c’est un prétexte.

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21 réflexions au sujet de « La personnalité dite « passive-agressive » »

  1. Hello ! Duslao d’habitude là c’est le blog 🙂
    Alors euh… Ben… Comment dire… J’ai l’agressif mais pas le passif et… Je refuse cette idée de personnalité pour moi ce sont vraiment des actes ponctuels. Ensuite… Le passif. Perso’ je ne l’ai pas mais je l’ai reconnu sur quelqu’un.
    Alors… Je pense que cet agressif, toi je ne sais pas mais moi je le prends comme l’expression du surdoué enfin THQI (qui peut refuser complètement l’autorité). Ce qui m’énerve avec ces trucs c’est qu’un comportement pensé comme socialement inacceptable d’être pessimiste/cynique vient d’une dépression ou d’un trouble de la personnalité. Perso’ je ne suis ni pessimiste ni optimiste je prends le réel de l’absurdité, de l’absence de sens, et du rien… C’est tout. Je refuse l’autorité pour ce qu’elle représente d’une domination.
    La procrastination l’article le mythe de l’effort d’over the 130 l’explique très bien pour les surdoués…
    Enfin, le faire à sa manière etc. Eh bien oui je sais que ma manière me convient et pas celle des autres. J’ai des problèmes de contrôle je sais mais or ceci…

    Désolée je réagis fort, je me suis sentie touchée parce que j’ai une part de ce comportement… Et non. Je refuse de l’être. Et oui je salue que tu l’exposes pour détruire la psychophobie et le mépris autour, si tu penses avoir cette composante très bien mais je sais que des amalgames entre ces comportements et forcément ce trouble vont être faits. J’en ai assez d’être anormale parce que je hais l’autorité et comme toi être coincée dans des courts chiants (ennui insoutenable du THQI),etc. Tu démontes cette vision d’accord mais je suis toujours assez en malaise par rapport à cette personnalité. Enfin… Et je m’excuse aussi de mon langage peu développé là.
    Je conclurais en disant que partant de l’idée qu’il n’y a pas de personnalité… Je trouve « trouble » presque plus approprié dans l’idée. Même si oui, ce n’est pas un trouble, un problème, quelque chose de pas bien oh la la.
    Comme tu l’as dit, tu l’es, donc la preuve est là…
    Ah au fait, même s’il n’y a aucun visiteur sur notre blog (avec une amie nous sommes deux) pourrais-je mettre le lien du tien ? Il m’a beaucoup aidée personnellement, tu l’as déjà bien écrit et cela me fatiguerait de réécrire.

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    1. Oui tu peux mettre le lien.

      Je suis d’accord, le mot « passif agressif » est hyper mal choisi, et le mot « personnalité » aussi. Mais j’ai pas trouvé de meilleur mot encore.
      Je pense que les comportements PA sont des actes ponctuels oui, mais qu’il y a un schéma derrière (mal vivre / ne pas pouvoir supporter ou suivre les obligations imposées). Et c’est de ce schéma que je parle.

      Et cela peut être une expression du HP ou THQI, mais aussi de la personnalité borderline, histrionique… Voire exister seul parfois (sur le papier). C’est pour ça que j’en parle de façon autonome. Mais je prétends pas avoir la science infuse sur les causes exactes et les articulations avec les autres atypies

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    2. Pour compléter. J’ai hésitè à poster ce texte car le mot « personnalité PA » porte à confusion et a des connotations psychophobes. D’un autre côté il faut bien en parler. Et pour parler des clichés psychophobes autour, ou du fait que ce soit désignè comme un trouble, il faut utiliser ce mot…

      Et puis perso je pense que cette « personnalité PA » est souvent liée à d’autres atypies mais ca reste un truc distinct et important en soi, pas « juste un symptôme ». Dans mon cas, mes atypies sont toutes imbriquées les unes dans les autres mais chacune reste importante.

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    3. Merci d’avoir répondu et précisé. C’est si compliqué linguistiquement… Je pense que comme pour tout ces « troubles », ces atypies qu’au final nous ayons ou non l’étiquette, nous être posé la question permet de se mieux comprendre et se mieux appréhender… Je pense surtout que le problème, hors parfois le sens des mots comme « trouble », ce sont les connotations et la valeurs ajoutées le problème, plus que le mot en lui-même. Comme tu l’as dit et fait sur ce point, ce sont les schémas de base, les structures et les pattern qui seraient plus à revoir que ce que l’on met dedans en soi.

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  2. Bonjour Trolldejardin,
    Merci pour cet article qui est vraiment d’une justesse incomparable.Je me sens moi-même concernée par cette PA (en tant qu’autiste) et ça fait du bien d’avoir des arguments si jamais on m’attaque encore dessus…

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  3. Merci pour cette superbe analyse ❤ Les descriptions de comportements me semblent toujours peu pertinentes, si elles ne sont pas accompagnées d'une analyse des causes. Un comportement "passif-agressif" (ces mots sont en effet très durs quand on sait n'être ni passif.ve ni agressif.ve, mais la description est bien là…) exprimé par une personne NA n'a rien de "manipulateur", de "lâche" ou de "injustifié" : c'est une recherche désespérée de sens, de cohérence, de justice, de communication, d'affection. Le minimum vital quoi.
    Je me souviens d'un débat mémorable il y a dix ans contre mes parents qui m'avaient fait lire un livre qui parlaient de comment "gérer" les "personnalités difficiles" en laissant entendre que je m'y retrouverais. Si ton article avait déjà existé, j'aurais eu de meilleures armes pour mettre en mot ce qui m'indignait dans certaines descriptions médicales 😉

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    1. Oui et puis je rajouterais que, tous ces problèmes autour de la « personnalité PA » et des « personnalités difficiles » viennent du fait que le travail/emploi, le système scolaire, les codes sociaux, l’espace public… ne soient pas du tout adaptés. Et qu’on demande pourtant à ces personnes-là d’avoir la même performance (dite « adéquate ») que les NT. Donc, évidemment que ça va coincer.

      Et évidemment qu’une personne PA va parfois envie de se venger de son patron ou d’autres gens de son entourage, en lui faisant un croche-pattes (parce que quand on te marche sur la gueule et qu’on t’oblige à rentrer dans un moule qui n’est pas le tien, ça peut donner envie de se venger). Evidemment que les personnes PA vont avoir besoin de se plaindre (et des raisons valables de le faire), ou de rentrer en conflit.

      Les auteurs qui critiquent les personnalités « difficiles » pour ça, préféreraient en fait que nous soyons des carpettes qui précédons les désirs des NT et qui tendons l’autre joue.

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  4. Bonjour, je crois aussi que tous ces termes (très interprétables) de passif-agressif, oppositionnel, etc, sont là beaucoup dans le but de restreindre l’agentivié morale ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Agency_(notion) ) de la personne visée pour permettre à d’autres personnes d’avoir un pouvoir de coercition injustifié sur elle, ou pour pouvoir la stigmatiser à défaut de pouvoir la contrôler.
    J’avais lu quelque chose autrefois à propos du PA, comme quoi que c’était un moyen par certaines organisations de saboter des entreprises concurrentes. Mais j’ai peur de rechercher l’information à présent.
    Je crois enfin, que certaines personnes adoptent des comportements PA simplement par imitation. Évidemment, puisqu’elles sont influençables, les pouvoireux ne veulent pas les attaquer/stigmatiser, alors que dans les faits, ce sont elles qui n’ont pas vraiment d’agentivité, si on peut dire.

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    1. Oui c’est exactement ça. Cela permet aussi de culpabiliser la personne, en la taxant justement d’égoïste, d’irresponsable, etc. Avec le chantage que « on continuera à te culpabiliser et à te stigmatiser si tu te plies pas aux attentes des NT ».

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    2. Par ailleurs, je pense que le « trouble oppositionnel » ne correspond pas à grand chose en soi, et que c’est juste une étiquette qui regroupe des gens qui se rebellent trop contre l’autorité et ne se soumettent pas assez, ou qui n’arrivent pas à obéir (par exemple des enfants trop agités). Sachant que cela peut prendre des formes très différentes, avoir des raisons différentes, qu’il peut s’agir de personnes autistes, TDAH, bipolaires, haut potentiel…
      Il peut aussi s’agir de personnes neurotypiques, mais qui commettent des incivilités ou des actes de délinquance (en réaction au fait d’être pauvres, stigmatisées, exclues… par racisme ou autre).
      Il peut encore s’agir de personnes narcissiques, psychopathes… qui n’ont aucun souci de l’autre, et font ce qu’elles ont envie sans se soucier des conséquences.

      Bref, ça peut être tout et n’importe quoi…

      Le concept de « trouble oppositionnel », et les concepts (un peu plus larges) de « trouble des conduites » et de « troubles du comportement » ne sont finalement basés QUE sur le fait que : c’est une personne (un enfant) qui n’obéit pas et qui ne respecte pas les règles.

      Au moins, la « personnalité passive-agressive » correspond à un schéma interne, psychologique réellement existant (mal vivre / ne pas supporter l’autorité et les obligations sociales; la tension entre besoin de s’affirmer et situation de dépendance; le manque de confiance en soi, en l’autre et en l’avenir qui va souvent avec…).

      Alors que les troubles du comportement, c’est juste un assemblage de profils qui, pour des raisons diverses (psychologiques, économiques, sociales…) commettent des actes contraires aux règles, actes eux-mêmes très divers.

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    3. Merci pour les précisions.
      Sur la page wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Oppositional_defiant_disorder il y a une phrase que je trouve curieuse: « children with oppositional defiant disorder are not aggressive towards people or animals, do not destroy property, and do not show a pattern of theft or deceit. », Ce n’est pas un trouble oppositionnel à proprement parlé, mais pour moi, ça ressemble à la » schizophrénie latente » https://fr.wikipedia.org/wiki/Schizophr%C3%A9nie_torpide de l’ère Soviétique.

      Je suis d’accord que « personnalité passive-agressive », ce n’est pas la même chose que « comportements passifs-agressifs ». Mais je crois qu’il faudrait trouver un autre terme que « personnalité passive-agressive » bien que je ne trouve pas de raisons suffisamment élaborée pour l’instant. Un peu comme ils sont en train de faire avec la schizophrénie, qu’ils veulent rebaptiser « trouble du spectre de la psychose », parce que présentement, en traitant la schizophrénie comme si c’était une et unique chose, il y a beaucoup trop de souffrances inutiles pour les patients, et ça se répercute un peu partout après ça.

      L’important ce n’est pas l’étiquette, c’est de pouvoir progresser et aller mieux. L’étiquette est importante quand il faut justifier qu’un état chronique empêche à certaines obligations. Bien que l’étiquette en tant que telle n’explique pas tout, et que plusieurs ‘étiquetté’ d’une certaines manière peuvent fonctionner, si la société était juste et honnête envers elle-même, elle n’aurait pas à tout étiquetter. Une société juste est une société qui fait confiance, d’après moi.

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    4. De toute façon je pense que toutes les atypies (haut potentiel, TDAH, borderline…) sont des spectres où se répartissent les personnes concernées et où elles évoluent au cours de leur vie. Ce n’est jamais un bloc monolithique.

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  5. J’avais jamais entendu parler de ça avant mais j’ai l’impression de correspondre à ces critères. Après peut-être que c’est juste parce que je suis une ado autiste et qu’en vrai je n’ai rien à voir avec cette affaire (je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que les autistes, notamment ados, supportent moins bien les règles inutiles ou injustifiées, la soumission « par respect » ou les normes parce que « c’est comme ça », ce qui est courant à l’école selon moi).

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    1. C’est le cas de pas mal d’autistes, mais il y a aussi beaucoup d’autistes qui intériorisent l’idée que « il faut s’adapter / rentrer dans la norme » et parfois déploient des stratégies poussées pour ça.

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  6. J’ai vraiment pas compris cette histoire de résistance passive. Est-ce qu’il s’agit de mal faire la tâche demandée parce qu’on n’en a pas les cuillères/l’énergie, de façon calculée en mode sabotage, ou encore d’être découragé·e et perdre toutes ses cuillères à l’idée de faire la tâche demandée, ou encore autre chose ?

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    1. En gros c’est une réaction de type sabotage ou procrastination ou réticence extrême etc. Sauf que c’est pas une réaction vraiment maîtrisée c’est plus une réponse automatique et inconsciente, et difficile voire impossible à empêcher et maîtriser

      Et cette réaction arrivera plus ou moins systématiquement face aux diktats, codes et ordres arbitraires et injustes

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    2. Et il y a aussi un côté découragement et blocage (par exemple rester littéralement bloqué et du coup ne pas arriver à faire la tâche demandée ou requise), blocage directement lié au fait que ce soit un truc imposé et pas accepté

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    3. C’est assez proche de certains « troubles oppositionnels » mais eux leur réponse automatique et instinctive sera le refus voire les cris, la provoc…
      Alors que « passif agressif » ce sera une réponse automatique et non maîtrisée de blocage, réticence, etc

      Je pense que les « passifs agressifs » sont comme les « oppositionnels » mais osent moins dire non frontalement à cause de trauma. Du coup leur réponse automatique sera moins directe mais autant dans la résistance

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