Autisme·Psychophobie·TCA

Trouble de l’alimentation sélective (TAS) et néophobie

Aujourd’hui, je vous parle du trouble de l’alimentation sélective (TAS) et de la néophobie alimentaire.

Ce sont des troubles du comportement alimentaire, qui aujourd’hui n’est médicalement reconnu qu’aux USA et non en France.

Qu’est-ce que le TAS ?

Le TAS est lié au fait d’être hypersensible sensoriel (au niveau de la vue, du toucher, du goût, de l’odeur…). L’hypersensibilité sensorielle peut avoir des raisons très diverses. On la trouvera chez des personnes autistes et haut potentiel, à cause de la manière dont le cerveau traite les données. On la trouvera chez des personnes épileptiques, fibromyalgiques, Ehlers-Danlos…

Le TAS peut aussi être associé avec des TOC (peur de la saleté et de la contamination, peur de manger certains aliments…).

Il ne faut pas confondre cela avec :

  • L’anorexie
  • La restriction d’ingestion d’aliments, ou évitement alimentaire

Des personnes concernées par le TAS peuvent, ensuite, développer d’autres troubles alimentaires (notamment si leurs parents les forcent à manger des aliments problématiques contre leur gré et les traumatisent…). Mais cela reste des troubles différents.

Dans le DSM-5, ces deux troubles sont définis par le fait de ne pas manger suffisamment. L’anorexie se caractérise par la préoccupation du poids et la peur de grossir (beaucoup de personnes anorexiques ont aussi une image déformée de leur corps, se voyant plus grosses qu’elles ne sont). Le diagnostic de restriction est, lui, posé pour les personnes qui ne mangent pas suffisamment, pour des raisons autres que le poids et la peur de grossir.

Le TAS, c’est autre chose. Le TAS ne consiste pas à manger moins que ce dont on a besoin, mais à avoir des blocages sur certains aliments. Ces blocages sont souvent pour des raisons sensorielles.

Le TAS va restreindre les aliments qu’on peut manger. Les restrictions portent sur le goût, la texture, l’odeur et l’apparence des aliments, voire sur leur couleur. Certaines personnes n’aiment que les aliments chauds ou froids, croquants ou mous, secs ou humides…

J’insiste. Cela n’est pas une simple question de « préférences », ni un caprice. Que ce soit chez les enfants ou les adultes. Autrement dit, « se forcer » n’est pas une solution.

Le TAS peut se traduire par :

  • paniquer à l’idée de devoir manger un aliment
  • ne pas pouvoir avaler l’aliment, le recracher instinctivement
  • avoir envie de vomir en mangeant l’aliment
  • avoir envie de vomir en voyant l’aliment
  • perdre l’appétit en voyant un aliment dans l’assiette, en sentant son odeur, ou en pensant à cet aliment
  • avoir envie de vomir en pensant à un aliment, en se faisant l’image dans la tête

Et bien sûr, plus on met la pression à une personne, plus on la force, plus on la culpabilise… plus on va renforcer ses dégoûts et traumatismes.

J’y reviendrais, mais j’en suis arrivé à avoir peur de manger chez des gens ou au resto, à avoir besoin de connaître le moindre détail des ingrédients de tous mes plats, à avoir peur des plats en sauce (parce que je ne peux pas clairement VOIR tout ce qu’il y a dedans)… Et dans des semaines de voyage, il m’est arrivé de stresser toute la journée à la perspective des repas. Tout ce stress étant dû au fait que les gens ne respectent pas le TAS et n’en tiennent pas compte.

Et la néophobie ?

La néophobie, c’est la peur de goûter des aliments nouveaux, au sens large. Autrement dit, cela peut être « manger un plat avec des ingrédients que je n’ai jamais mangés », mais aussi « manger un plat familier mais cuisiné ou présenté différemment ».

La néophobie est très proche du TAS (et va souvent avec). La différence c’est que le TAS porte sur des catégories d’aliments (par exemple, les fruits ou le fromage), alors que la néophobie porte sur les aliments nouveaux (pas forcément d’un type spécifique).

Les effets sont les mêmes. Panique, dégoût, vomissement… La personne néophobe va aussi parfois retourner l’aliment avec la fourchette longtemps avant de l’avaler, avoir besoin de le recouvrir d’épices et de moutarde à fond, boire un soda en même temps… N’importe quoi pour atténuer le calvaire.

Est-ce forcément un trouble ?

Non.

Par exemple, une personne autiste qui n’aura pas été forcée à manger des aliments contre son gré, qui n’aura pas été mise sous pression ou culpabilisée, et qui aura reçu une éducation alimentaire adaptée à son profil, il est probable qu’elle arrive à manger de plus en plus de choses avec le temps.

Il est probable aussi que, toute sa vie, il y ait des choses qu’elle ne puisse pas manger, du tout. Mais ce n’est pas un problème en soi, juste une particularité individuelle.

Là où cela devient un problème, c’est quand il y a une mauvaise prise en charge et de la pression, que la personne n’élargit pas son alimentation ou la restreint de plus en plus avec le temps, et qu’au bout du compte, elle n’a pas une alimentation variée et équilibrée du tout. Dans ce cas, oui, c’est dangereux pour la santé (risque de diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires…). Et cela ira avec un rapport mentalement compliqué à la nourriture.

Le TAS et la néophobie ne deviennent donc un trouble qu’à cause de la psychophobie des gens.

Témoignage personnel

Il y a un certain nombre d’aliments que je ne peux pas du tout manger, de base. Les champignons, quelques légumes. Les œufs, le fromage, la crème fraîche, le lait, les fruits de mer, certains poissons…

Par ailleurs, je ne peux pas manger des aliments qui contiennent ces ingrédients, même si c’est « juste un peu ».

Et comme je disais, j’ai fini par avoir peur de manger dans des restaurants que je ne connais pas, ou chez des gens, parce que d’expérience il y a très souvent un problème.

Et j’ai besoin de savoir (en lisant l’étiquette, pas juste en écoutant les gens) ce qu’il y a dans les aliments. Et de le voir de mes propres yeux.

La vue, l’odeur, le toucher, la pensée, et bien sûr, l’ingestion de ces aliments me font vomir, me font perdre l’appétit et me mettent dans un état de stress aigu. Une fois, j’étais invité chez une amie de ma mère, qui cuisinait au fromage fondu, et j’ai dû passer la journée retranché dans une chambre, la fenêtre ouverte (à moins de zéro degrés…) pour ne pas vomir et entrer en crise à cause de l’odeur.

Pendant toute ma scolarité, cela a été un problème, à cause de la cantine. Le résultat est, évidemment que, souvent je ne mangeais pas le midi. Ou ne mangeais que le dessert. Ou mangeais des bonbons, des gâteaux… Donc, j’ai eu une alimentation insuffisante et déséquilibrée toute ma scolarité.

Par ailleurs, il y avait le problème des repas à la maison. Mes parents voulaient toujours me faire goûter de nouvelles choses, et me faire re-goûter des choses qui me dégoûtaient. Ils me mettaient la pression. Parfois ils me culpabilisaient. Parfois ils me punissaient, ou insistaient pendant des heures. Et régulièrement, ils glissaient des ingrédients « interdits » dans une soupe ou une sauce sans me le dire (d’où le besoin de savoir le détail des ingrédients, par l’étiquette et non ce que disent les gens).

Dès qu’il y avait des repas avec la famille ou des amis de la famille, la pression redoublait, avec des propos culpabilisants ou des petites « blagues ». Ils me faisaient sentir que j’emmerdais tout le monde avec mes caprices, en gros. Et cela leur semblait particulièrement difficile. De plus, ils me faisaient peur sur ma santé (« tu vas avoir du diabète »…), mais sans proposer ou chercher de solution concrète et adaptée. Ils se contentaient de faire du yaka-fokon, et pensaient que c’était juste un problème de volonté.

Avec le recul, je me rends compte que c’est complètement faux. En effet, depuis l’enfance, je pouvais en gros manger « tout ce qui est végétal, plus la viande ».

Or maintenant que je suis végane, j’ai retiré la viande et… je découvre qu’il y a une grande diversité de plats possibles, relativement simples et peu chers. Au moins pour des personnes valides, neurotypiques et de classe moyenne (les personnes pauvres, handicapées et NA peuvent avoir des difficultés spécifiques avec le véganisme).

Or, mes parents sont de classe moyenne, valides et NT. Donc, si des véganes (avec une situation similaire) sont capables d’avoir une alimentation variée, saine et bonne avec des produits végétaux, eux n’avaient aucune excuse pour ne pas y arriver avec des produits végétaux plus de la viande. La seule difficulté était leur paresse et leur manque d’imagination.

Mon régime n’était difficile pour eux, en réalité, que parce que du coup je n’allais pas manger les mêmes choses qu’eux. Et non parce que « trop restreint » (puisque, j’insiste, des véganes y arrivent dans les mêmes conditions avec plus restreint).

L’attitude de l’école et de mes parents m’a amené à avoir une alimentation insuffisante et déséquilibrée, à développer d’autres troubles alimentaires à l’adolescence (restriction d’ingestion d’aliments, addictions alimentaires…) et un rapport complexe à la nourriture.

En plus de l’école et des parents, j’ai eu des problèmes dans d’autres situations. Déjà, les restaurateurs ne sont pas toujours respectueux (par exemple quand on demande si un ingrédient est présent, qu’ils disent « non » alors qu’il y en a « juste un peu, mais ça compte pas »…).

Ensuite, les gens en général ont tendance à penser que, comme j’ai le TAS, la néophobie et d’autres troubles alimentaires, je n’aime pas manger (faux). Et que puisque je n’aime pas manger, je n’aime pas vivre (faux).

Je dois sans arrêt dire que j’ai « des problèmes de santé» (sans préciser « santé mentale » ou « TCA » pour que ce soit pris au sérieux). En espérant que les gens ne cherchent pas à être indiscrets, ou ne me fassent pas des remarques déplacées.

Pour résumer, tout le monde prend mes troubles alimentaires pour un caprice, encore plus que le reste. 

Les stratégies d’adaptation

Pour faire face à la psychophobie sur ce sujet, j’ai dû développer des tactiques. Exemples.

1 ) Avoir des gâteaux dans mon sac quand je mange chez des gens. Et si besoin me cacher aux toilettes pour les manger.

2 ) Prétendre que je n’ai pas faim (même si j’ai faim) pour ne pas avoir à manger un aliment problématique. Quitte, parfois, à ne pas manger d’autres aliments qui me faisaient envie (puisque j’étais supposé « ne pas avoir faim »).

3 ) Ne presque rien manger à la cantine, voire carrément ne pas y aller (c’était aussi souvent socialement pénible). Et manger des sucreries pour tenir. Le résultat est que j’ai passé toute ma scolarité en ne mangeant jamais assez.

Le TAS, le véganisme et moi

Dans mon cas, le véganisme était à la fois plus simple et plus compliqué que pour les personnes NT-valides.

Plus simple car, de base, je ne mangeais pas d’œufs, de produits laitiers… Et cela ne laissait donc « que » la viande à éliminer (mais je mangeais beaucoup de viande).

Plus compliqué car j’avais développé des addictions à certains produits animaux que je pouvais manger.

Pour certaines personnes concernées par le TAS et/ou la néophobie, être végane sera plus facile que la moyenne (typiquement, une personne qui ne mangerait presque aucun produit animal de base). Pour d’autres, ce sera plus compliqué, voire impossible (typiquement, une personne qui ne mangerait que certains produits animaux ou presque).

Ce n’est pas parce que telle ou telle personne concernée par le TAS et/ou la néophobie arrive à être végane, que toutes les personnes concernées peuvent. Chaque cas est différent. Il faut donc s’abstenir de juger (d’autant qu’on ne connaît pas les détails de la vie de la personne).

La psychophobie

Il y a une forme spécifique de psychophobie autour des troubles alimentaires, et notamment du TAS et de la néophobie. Pour résumer,

1 ) L’injonction sociale à « manger un peu de tout ».

2 ) Prendre cela pour une simple question de préférences, pour un caprice. Prendre les personnes concernées pour chiantes, difficiles et égoïstes. Penser qu’elles n’aiment pas manger ou vivre. Et tous les autres clichés.

3 ) Forcer des personnes à manger contre leur gré. Critique incluant les parents, mais aussi les systèmes scolaires, entreprises, et toute institution (maison de retraite, prison…) dans laquelle les gens ne peuvent pas choisir librement leur repas.

4 ) Mettre la pression à des personnes pour les faire manger

5 ) Culpabiliser des personnes concernées.

Mention spéciale aux parents qui s’obstinent à acheter des aliments que leur enfant ne peut pas manger, puis sont obligés de jeter les aliments. Et disent à leurs enfants, « c’est mal de gaspiller, pense aux enfants qui meurent de faim ».

Alors, déjà, au lieu d’instrumentaliser les enfants qui meurent de faim (dont, honnêtement, vous vous foutez le reste du temps), vous pouvez agir pour réellement les aider.

Ensuite, le gaspillage, ce n’est pas votre enfant (qui ne PEUT PAS manger) qui en est responsable. C’est vous-mêmes, qui en êtes responsables.

6 ) Ne pas donner aux enfants concernés une éducation alimentaire adaptée (je développerais en dessous sur « comment faire »).

7 ) Faire peur aux personnes concernées avec les maladies qu’elles risquent de développer (diabète, cancer…) si elles continuent à manger ainsi, mais sans les aider ou sans proposer de concret. Scoop : les personnes concernées ne vivent pas dans une bulle, elles savent que la situation est nocive pour leur corps, et n’ont pas besoin qu’on leur dise. Donc, s’il vous plaît, si vous n’avez rien de concret ou d’utile à ajouter, ne faites pas de commentaires.

8 ) Si une personne concernée tombe malade, ce n’est pas forcément à cause des troubles alimentaires. Et quand bien même une personne tomberait malade à cause de ça, ce n’est pas « de sa faute », ce n’est pas « parce qu’elle a préféré mal manger ». Puisque le TAS et les troubles alimentaires ne sont pas une question de volonté, j’insiste.

9 ) Faire des commentaires déplacés sur l’alimentation et la santé des personnes concernées (désolé d’être direct, mais on ne vous a pas demandé l’heure…).

Faire du yaka-fokon, des injonctions.

Le TAS et la néophobie peuvent, du coup, entraîner une situation de handicap social. En effet, quand on ne peut pas manger avec les autres et comme les autres, c’est très marginalisant et stigmatisant. Cela peut entraîner des difficultés à trouver ou garder un emploi, de l’isolement social, de l’isolement familial…

D’autant que cela se cumule souvent avec d’autres particularités. Par exemple, les personnes concernées par le TAS peuvent être autistes, ou avoir une maladie physique comme la fibromyalgie.

Dans l’article suivant, je parlerais de « Que faire si votre enfant est concerné par le TAS et/ou la néophobie« .

11 réflexions au sujet de « Trouble de l’alimentation sélective (TAS) et néophobie »

  1. Pas reconnu ?
    Pays des droits de l’homme. Oui oui évidemment.

    Je crois que le bon sens n’existe pas. Un caprice… Et puis quoi encore, ah oui on n’a que cela à faire ?!
    Est-ce qu’un TCA (anorexie) peut se muer en TSA sur un aliment (huile eurk) ?

    Sinon, j’ose cette blague enfin, tu viens d’apporter les derniers éléments : je te propose mon chat par la poste. Il a un TAS sur les produits laitiers, il se lèche quand tu le touches, lui parles, le regardes. Oui. Comme quand tu te laves les mains (un précédent article), il… Il reste immobile sans expressions à te regarder. Quand il ne se lèche pas. Il râle. Souvent. Et a des contacts sociaux… Différents dirons-nous. Somme toute, un superbe spécimen asperger. Et il t’ignore, il aime t’ignorer et choisit lui quand il fait un câlin ou non. Quand tu le touches ou non. Un super pote NA avec qui… Tu ne peux pas discuter.

    Bref, plus sérieusement, la thérapie-cognitive comportementale peut-elle aider en cas de TAS très handicapant ? (quel hasard, en France cette thérapie est peu développée.)

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  2. Bonjour,
    est-ce que en avançant avec l’age cela s’est amélioré ? Ma fille 11 ans présente des TAS elle ne mange ni viande, ni légumes (sauf frites), ni entrée cuisinée… l’aspect la dégoûte et l’odeur la dérange. on s’est arrangé au collège pour qu’elle ait toujours quelque chose à manger. On la laisse évoluer, c’est très très long. elle a une alimentation a base de lait , quelques fruits, gâteaux secs. J’ai vu qu’à l’adolescente les choses pouvaient s’améliorer. Est-ce que ça été votre cas ? avez-vous des conseils, des « trucs » qui pourraient l’aider ? on voit bien qu’il faut que cela vienne d’elle pour goûter, on ne peut pas la forcer.
    On a consulté quand elle était jeune, personne n’a pu mettre de nom à ce trouble, j’ai trouvé les TAS récemment sur ordi, je trouve que cette maladie est totalement méconnue dans le milieu médical.
    Merci et bon courage à vous.
    Cordialement
    MB

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    1. Pour moi oui ça s’est amélioré. C’est passé par le fait de goûter de nouvelles choses sans ingrédients « problématiques » et aussi de nouveaux ingrédients notamment via les cuisines étrangères + cuisiner moi-même + étendre ma palette de plats petit à petit en incluant des choses ressemblant à ce que je mangeais déjà.

      Il y a plusieurs choses qui peuvent bloquer votre fille sur les légumes
      1 ) un rejet de tous les légumes par principe, lié à un traumatisme. Dans ce cas, peut être lui parler d’aliments étrangers qu’elle ne connait pas sans dire le mot « légume », mais « fruit » ou autre. Si elle aime les pommes de terre, lui proposer des patates douces car il y a le mot patate et son esprit associera.
      2 ) Le goût et la texture et l’odeur, dans ce cas il y a probablement des choses mangeables dans les fruits, légumes, légumineuses… du monde
      3 ) La présentation des plats (comment c’est présenté dans l’assiette, est-ce cru, cuit, en soupe ou solide…). Par exemple lui faire manger des frites d’autre chose que de pomme de terre, car elle est habituée à la présentation « sous forme de frites »

      Bref c’est compliqué pour moi de répondre précisément sans savoir ce qui la bloque exactement, mais j’espère que ça aura été utile

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  3. Merci pour votre réponse,
    C’est réconfortant de se dire qu’elle va progresser avec le temps car c’est vrai que c’est une angoisse pour elle, et que c’est compliqué pour la vie en société.
    Elle est dérangée par l’aspect et l’odeur au premier abord et ensuite la texture la gêne. Pour les frites, il faut qu’elle soient dures (elle a commencé par les fritelles en gâteaux apéritifs) et vers 8 ans elle à réussi à dévier sur des frites mais si elles sont trop molles, « la mousse » à l’intérieur la gêne et elles ne les mange pas , même si elle fait des efforts et ça évolue tout doucement. Elle ne goûte pas les plats cuisinés, j’ai discuté avec elle, elle est gêné de savoir ce qu’il y a dedans, qui y a touché pour les préparer !, une sorte de dégoût à mettre ça dans son corps on dirait…il y a tout l’environnement autour de la nourriture qui l’angoisse, par exemple en vacances je lui apporte ses couverts sinon elle va se priver. Elle mange maintenant clémentine, fraise, pomme , elle a commencé par des très petits morceaux (1/5 de tranche de clémentine) et maintenant elle en mange une toute entière. C’est une évolution sur tout le primaire rien que pour ça. Toute petite en fait, elle prenait lait, yaourt, et une soupe (toujours la même encore aujourd’hui), elle ne pouvait pas prendre de « morceaux », sauf pour les gâteaux secs et pas de choses qui ont une odeur j’ai l’impression aussi . Elle essaie des desserts aujourd’hui et élargie ses menus mais pour l’instant on reste sur du sucré et salé(avec les chips) elle ne goûte pas encore de plats.
    Quand je lis que les personnes qui ont ces troubles ont un odorat très développé, c’est totalement elle et je pense effectivement que ça doit contribuer au dégoût.On nous a dit qu’à l’adolescence le corps changeait et que ça pourrait évoluer. Nous l’espérons car elle grandit et les besoins sont plus importants, elle grignote régulièrement pour compenser ses petits repas mais ce n’est pas l’idéal. Nous l’encourageons comme nous pouvons sans l’agresser et c’est une victoire à chaque petit pas.
    Merci,
    MB

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  4. Ça me fait tout etrange de découvrir cet article, je dois avouer que ça me fait aussi extrêmement du bien… je souffre de TAS pour tout ce qui a la forme de petit grains ( semoule, quinoa ect…) pas très grave me direz vous, mais quand on mange tous les midis à la cantine on angoisse quotidiennement… Et quand on se met soudainement à pleurer parce que la dame de la cantine à mis de la semoule dans son assiette,on doit faire face à l’étonnement des autres et aux remarque sur son « jeu d’acteurs ». Je ne repeterai jamais assez que c’est un vrai probleme innexplicable.Lorsque que je me sens obligee de me justifier pour mon comportement et que je dis  » j’ai la phobie de la semoule  » pour m’expliquer les gens me regarde,les yeux ronds. Alors au fil des ans on se croit plus ou moins seule, et bizzard…  » tu n’a pas été traumatisée petite ?  » ce genre de questions quotidiennes auxquelles je suis incapable de répondre par autre chose que  » et toi ? Est ce qu’une araignée t’a sauté dessus quand tu étais jeune ? » . Je pense qu’il y a une vraie barrière causée de cette incompréhension de la part des autres, c’est un vrai handicap quotidien pour moi,comme pour tous ceux qui sont touchés par ce problème, que je ne considère aucunement comme une maladie. Je souhaite bien de la force a tout ceux dans mon cas.

    Aimé par 1 personne

  5. Enfin un article qui parle de ce que pendant des années les gens ont qualifié de « caprices » chez mon fils de 18 ans aujourd’hui. Que ce fut dur, ce regard des autres sur notre enfant unique (attendu 10 ans après plus de 20 fausses couches).
    Et puis un jour j’ai laché prise, j’ai fait avec ce qu’il mangeait et basta. Aujourd’hui il vit dans son studio pour cause d’études loin de nous, il arrive maintenant en plus des nuggets à se faire son steack (oui à 18 ans certains ne comprennent pas que ce soit un exploit ben si) un jour sur deux, il mange ses frites, ses potatoes, ses galettes de pommes de terre, ses danette uniquement vanille, ses compotes (souvent mirabelle-pomme pas fan des autres), du pain (beaucoup de pain), des biscottes, des céréales mais que les kellogs nature, des yaourts à boire (vanille ou abricot) mais il vient de découvrir le jus d’orange et c’est notre victoire du début d’année.
    J’aimerais qu’il intégre les pâtes mais il n’y arrive pas, on va tester le tofu, sait-on jamais….
    Pas facile hein ce fichu truc mais il faut vivre avec.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour,

      Oui c’est dur car même les médecins ne savent pas mettre un nom sur cette maladie et ça paraît alors comme un caprice par le monde extérieur, surtout quand ils sont en bas âge,comme nous n’avons pas de nom à donner. C’est vrai que c’est handicapant pour la vie en société, ma fille ne peut pas faire les voyages scolaires au collège et c’est dommage. Le tout c’est de varier au maximum dans la limite des possibilités, ce qui n’est pas évident mais du moment que la santé va bien, je me dis que c’est le plus important. Je ne stresse plus ma fille je la laisse manger ce qu’elle a l’habitude et tant mieux si ça évolue. Moi aussi j’ai été contente de trouver ce forum et mettre le mot TAS sur son trouble, cela nous donne une explication un peu »physique » sur son trouble comme l’odorat très développé.etc… Bon courage,
      MB

      Aimé par 1 personne

  6. Merci de tout coeur pour toutes ces explications. J’ai cru longtemps être anorexique du genre à avoir faim mais impossible de manger sauf une bricole. Cette bricole je mets si longtemps à la trouver (je liste tout ce que j’ai dans ma tête et rien ne me fait envie) que je fais des crises d’hypoglycémie terribles… Maintenant je comprends enfin grâce à vous ce qui me donne ce comportement et je vais être plus attentive à mon alimentation (végétarienne si possible car j’adore les oeufs de mes poules). Bonne journée à toutes et à tous !

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  7. Merci du fond du cœur pour cet article. C’est une vraie libération de mettre un nom sur ce trouble qui me suit depuis l’enfance !
    J’ai développé peu à peu le nombre d’aliments que je mange en arrivant à l’âge adulte, depuis que je cuisine moi-même. J’ai appris à consommer des légumes (je crois que, petite, tout ce qui était vert me faisait peur).

    Les repas à l’extérieur sont toujours compliqués, même si mes proches savent que je suis « difficile ». J’ai un vrai souci avec la vinaigrette, dont l’odeur me dégoûte littéralement. Il faut que je pense à dire que je n’en veux pas. Sinon, s’il y en a dans mon assiette, c’est une vraie galère pour manger ce qui n’a pas été « contaminé ».
    Même chose pour l’alcool. S’il y en a la moindre goutte (dans un dessert, par exemple), je le sens tout de suite. Je n’en bois strictement jamais.

    Mes parents m’ont forcée (pincement de nez pour que j’avale un quartier de clémentine, par exemple) ou m’ont humiliée (« Regardez, elle a ENFIN avalé un haricot vert !!! »). Ce sont des souvenirs traumatisants, que je n’oublierai jamais.

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