Autisme·Dépression·HP·Psychophobie

Ne pas vouloir d’amitié, de relation amoureuse ou sexuelle avec des personnes neuroatypiques, est-ce en soi de la psychophobie ?

Avertissement : Je suis en désaccord avec une grande partie du milieu militant ici (y compris des amis). Par contre, je vous invite à lire jusqu’au bout si quelque chose vous dérange (il est possible que j’y réponde ensuite). Par ailleurs, mon point de vue sur cette question a évolué.
L’article est long, mais si vous voulez une synthèse, lisez juste l’introduction ici et la conclusion en bas.

Cet article est, plus ou moins, la suite d’un autre article : Votre partenaire NT vous fétichise t-il (ou pire) ? Je vous invite également à lire l’article de Lau, Les attirances sexuelles sont-elles oppressives. Je vais me référer plusieurs fois à cet article, avec lequel je suis d’accord. Moi, je vais vous parler des attirances et relations sexuelles et romantiques (comme Lau), mais aussi des relations et préférences amicales.

Je vais en parler, particulièrement, par rapport à la psychophobie et au validisme. Quelques exemples pratiques. Imaginons Anna, François, Isabelle et Léo, quatre personnes neurotypiques (et valides).

  • Anna n’a pas envie d’avoir des amis autistes
  • François ne veut pas sortir avec une personne schizophrène, borderline ou bipolaire
  • Léo n’a que des amis neurotypiques
  • Isabelle n’aime pas la compagnie des personnes à haut potentiel complexe ou qui ont des TOC, et préfère les neurotypiques

Est-ce que Anna, François, Isabelle et Léo ont un comportement psychophobe ? Est-ce qu’elles ont tort d’avoir ces préférences ? Et, corollaire, est-ce que ces quatre personnes devraient faire un effort ou remettre en cause leurs préférences

Selon moi, la réponse à toutes ces questions est non. Voilà, c’est déjà la fin de l’article (non je déconne). 

La psychophobie n’est pas la seule raison possible de ce refus

Il est probable qu’Anna, François, Léo et Isabelle soient influencés par la psychophobie de la société. On ne peut pas le savoir avec certitude sans être dans leur tête, bien sûr, mais c’est probable. En effet, la société entière nous transmet de la psychophobie : films, séries, romans, comics, système scolaire, médias…

Et à peu près tout le monde va, dans sa vie, développer des clichés plus ou moins stigmatisants sur les schizophrènes, les bipolaires, les borderline, les autistes, les paranoïaques, les anxieux… Ces clichés peuvent ensuite amener à ne pas fréquenter ou même à fuir les personnes concernées, qui seront perçues comme dangereuses, difficiles à vivre, méprisantes, irresponsables, imprévisibles, asociales, etc etc.

Cependant, je pense que ce n’est pas la seule raison possible. D’abord, indépendamment des clichés, il est possible de trouver réellement désagréable ou inintéressante la compagnie de personnes d’un profil neuro-psy.

Par exemple, je pense qu’il est possible, pour une personne neurotypique, de réellement trouver désagréable la compagnie de la majorité (ou de la totalité) des autistes qu’elle rencontrera dans sa vie. Cela ne veut pas dire que les personnes autistes sont chiantes, en soi, dans l’absolu. Cela veut dire que leur compagnie ne conviendra pas à certaines personnes.

Pour reprendre mon exemple d’en haut, il est possible qu’Anna, ses besoins sociaux et émotionnels ne soient pas satisfaits par l’amitié avec des autistes, qu’elle n’y trouve pas son compte. 

De même, il y aura des personnes neurotypiques qui ne pourront réellement jamais se sentir bien en compagnie d’une personne bipolaire. Ou d’une personne borderline. Ou d’une personne histrionique. Ou d’une personne anxieuse. Il y a même des personnes neurotypiques qui ne peuvent être heureuses en fréquentant QUE d’autres neurotypiques. 

Et cela marche dans les deux sens. En effet, moi, je sais que j’arrive à bien m’entendre (sans trop de problèmes) avec les autistes, les bipolaires, les borderline, les anxieux, les dysthymiques, les haut potentiel complexe…

Par contre, je n’apprécie pas la compagnie des neurotypiques. Je ne dis pas ça pour les critiquer, et je respecte leur fonctionnement neuro-psy tel qu’il est (pour le meilleur et pour le pire). 

Mais je trouve pénible de les fréquenter, de discuter avec eux, d’être au milieu d’eux… Je n’ai rien à leur dire. Et les relations avec eux sont frustrantes pour moi. Et ce n’est pas un préjugé de ma part, c’est l’expérience de 25 ans de vie au milieu d’eux.

En conséquence, je conçois complètement que l’inverse (des personnes qui n’aiment pas la compagnie des autistes, par ex) puisse exister. Et c’est tout aussi légitime

Et si Anna ne veut pas d’amis autistes à cause de la psychophobie ?

Mettons qu’Anna n’a jamais rencontré de personne autiste de sa vie, ne s’est jamais renseignée de près sur le sujet. Qu’elle n’a donc que des clichés simplistes et stigmatisants en tête. Et du coup, elle ne veut pas d’amis autistes. 

Même dans ce cas, je ne considère pas que ce choix soit psychophobe en soi. Ou, plus important : je ne pense pas qu’on doive remettre en cause ce choix

Anna est totalement influencée par la psychophobie de la société, certes. Mais c’est son problème à elle. C’est de sa vie, ses relations, ses amitiés qu’il s’agit. 

Personne ne se doit rien

Anna, François, Isabelle et Léo sont sans doute influencés (totalement ou partiellement) par la psychophobie, qui leur fait préférer la compagnie d’autres personnes neurotypiques, à celle de personnes atypiques. 

Mais quelles que soient leurs motivations, c’est de leur vie privée qu’il s’agit. Ce choix de se lier d’amitié, d’échanger, de sortir, se mettre en couple ou coucher avec des gens, leur appartient. Ils ne doivent rien à personne, et en ce domaine, personne ne se doit rien.

Ces quatre personnes ont des raisons qui, d’un point de vue humain et politique, sont assez merdiques. Mais quand on choisit avec qui on a des relations, on a le droit de le faire pour des raisons de merde. 

Le droit de ne pas fréquenter de personnes marginalisées

On a le droit de ne vouloir fréquenter que des gens de sa classe sociale, ou plus riches que soi.

On a le droit de ne pas vouloir sortir avec une personne moche (à nos yeux), ou même de ne pas vouloir d’amis moches

On a le droit de ne pas fréquenter de personnes malades chroniques, quelle que soit la raison : à cause des clichés sur les malades; parce que la maladie nous met mal à l’aise en tant que telle; parce qu’on n’a pas envie de faire d’effort pour s’adapter aux besoins des personnes malades au quotidien; parce que ça nous rappelle un traumatisme (la maladie d’un parent) ou notre propre peur de la mort; à cause de peurs absurdes de la contagion; à cause de superstitions absurdes… 

On a le droit de ne pas fréquenter de personnes autistes, bipolaires, dépressives, anxieuses, TDAH… Même si c’est à cause de clichés ou de « J’ai rencontré un autiste un jour, je l’ai pas aimé, donc j’aime pas les autistes ». 

On a le droit de ne pas fréquenter de personnes homo, bi, asexuelles, aromantiques, polyamoureuses, transgenres… Quelles que soient les raisons. 

On a le droit de ne pas vouloir échanger avec des enfants. 

On a le droit de ne pas vouloir se lier avec des personnes âgées. 

Bref. On a le droit de ne pas vouloir fréquenter de personnes marginalisées, de ne pas vouloir d’amitié, de relation sexuelle ou romantique avec. Et ce, même si les raisons proviennent des oppressions de la société. 

Cela peut paraître surprenant que moi, je dise ça. En effet, beaucoup de gens n’ont pas voulu ou ne veulent pas me fréquenter pour des raisons de ce type. Mes atypies (autisme / dyspraxie, TOC, dépression, « passif-agressif », troubles alimentaires, haut potentiel complexe). Mon apparence physique (visage, corps), ma faiblesse musculaire et mon look (selon des propos qu’on m’a régulièrement rapporté). Je suis bi. Je suis poly. J’alterne entre chômage et emplois précaires (temps partiel, SMIC) et dépends de mes parents. Je n’ai pas réussi mes études. J’ai peu de culture générale ou académique/universitaire.

Bref, pour être honnête, je suis un peu l’antithèse de la personne cool en soirée, ou de la personne désirable sur les sites de rencontre (bien que ce soit largement pire pour d’autres personnes). D’ailleurs, dans les faits, je n’attire pas les gens. 

Pourtant, je n’ai pas envie que des gens se sentent obligés (par devoir éthique) d’avoir des relations sociales ou amicales avec moi, ou à plus forte raison, des relations amoureuses ou sexuelles.

D’abord, et c’est le plus important, ce ne serait pas respectueux de ces personnes et de leur consentement. Ensuite, ces relations n’auraient aucune valeur. 

Une oppression ? 

Je subis ou ai subi, dans ma vie, des oppressions sur beaucoup de plans, objectivement (et ce, que j’en souffre ou non au quotidien). L’inadaptation des transports en commun. L’inadaptation des systèmes de formation et de scolarité. L’obligation d’avoir un emploi. Les difficultés pour obtenir les diagnostics, la RQTH et l’AAH. Les comportements irrespectueux des gens. La solitude subie. Etc, etc. 

Cependant, de mon point de vue, le fait que des gens ne veuillent pas être amis avec moi (ou coucher ou être en couple avec moi) n’est jamais, en soi, une oppression

Je sais, j’ai écrit que « la solitude subie » était une oppression. Et juste en dessous je dis que « si on ne veut pas être ami avec moi ce n’est pas une oppression ». Cela semble paradoxal, mais ça ne l’est pas. Je vais m’expliquer, avec l’exemple du collège. 

Lorsque j’étais au collège, j’étais dans une situation d’exclusion, d’isolement total. Je n’avais pas d’amis. Et ça a été une très mauvaise période. Cependant, ce qui était une oppression, c’était qu’on m’oblige à aller au collège parmi des personnes neurotypiques (avec qui l’incompatibilité était totale), et qu’en outre on ne me laisse aucune possibilité d’avoir des amis ailleurs. 

Je ne reproche pas aux autres collégiens, personnellement, de n’avoir pas voulu être amis avec moi. Ils avaient le droit, c’était à eux et eux seuls de choisir leurs amis (quelles que soient leurs raisons).

Je reproche, par contre, au système (mes parents + l’Education Nationale + le reste de la société) de m’avoir mis dans cette situation en premier lieu. 

Le consentement (bis)

Comme le dit bien Lau (dans l’article cité), notre société n’a pas une culture du consentement. Au contraire, elle est remplie d’injonctions sexuelles et romantiques (injonction au couple, à l’amour et au sexe, injonction à être hétéro, injonction à être exclusif / monogame, injonction au sexe « pénis dans vagin », injonction à avoir des enfants, injonction à l’orgasme, injonction à prendre du plaisir au lit, injonction à « perdre sa virginité » pas trop tôt ni trop tard…).

Ces injonctions sont, bien sûr, plus lourdes et violentes pour les femmes, les personnes LGBTIA, et les autres minorités.

Il existe aussi des injonctions dans le domaine social et amical : faire la fête, avoir beaucoup d’amis et le montrer, afficher son bonheur, être extravertis…

Et tout cela commence dès l’enfance, lorsqu’on impose aux enfants de faire des câlins et des bisous à tout le monde et de participer aux repas de famille. 

Partant de là, le consentement en matière de sexualité, de couple, de relations intimes, c’est loin d’être acquis. Et le consentement en matière de relations sociales et amicales, non plus, en fait.

Du coup, je rejoins le point de vue de Lau : il est trop dangereux de créer de nouvelles injonctions dans ces domaines. Même si c’est pour la bonne cause, pour lutter contre une oppression. Même si elles pèseraient, cette fois, sur les personnes dominantes. Même si elles profiteraient (supposément) aux personnes dominées. 

Peu de militants diront cash que « une personne neurotypique qui ne veut pas d’amis autistes a tort, elle devrait faire un effort ». Beaucoup diront plutôt que « une personne neurotypique qui ne veut pas d’amis autistes, elle a le droit d’accord, mais elle devrait quand même réfléchir à pourquoi elle pense ça, remettre en cause ses préférences ». Mais même avec cela, je ne suis pas d’accord. 

Si cette personne décide de se demander pourquoi elle préfère absolument la compagnie des neurotypiques, qu’elle fait ce travail sur elle-même, tant mieux. Cela ne peut pas faire de mal. Mais elle ne doit pas le faire. Cela ne regarde qu’elle. 

Le respect reste de mise

Lorsqu’une personne neurotypique n’a pas envie de fréquenter une personne atypique, c’est son droit. Elle n’a aucune obligation de se forcer, ni même de faire une introspection ou une remise en question sur « pourquoi elle n’a pas envie ».

Par contre. Il n’est pas nécessaire (ni respectueux) de la ramener en public (notamment sur les réseaux sociaux, sur vos blogs et chaînes vidéo…) sur le sujet. Ce genre de préférences, il vaut mieux les garder pour soi.

Rien ne vous empêche, par exemple, de ne pas fréquenter de personnes autistes ou borderline ou dépressives, de leur dire « non » (avec respect) si elles veulent se rapprocher de vous, sans pour autant l’afficher en public.

Et si vous l’affichez en public, il vaut mieux au moins ne pas le faire d’une manière insultante (par exemple « pas de fous ni d’autistes merci », « les fous cassez vous »…). Il faut se rappeler que c’est votre préférence personnelle.

Les personnes que vous n’avez pas envie de fréquenter ne sont pas repoussantes en soi. Elles ne correspondent pas à vos goûts, c’est tout. En outre, ce sont justement des personnes, qui sont donc susceptibles d’être blessées en vous lisant (même derrière un écran).

Conclusion

Pour résumer, oui, les préférences amicales, amoureuses et sexuelles se construisent en fonction de notre éducation, des médias, de la culture… et donc forcément, en fonction des oppressions de la société (comme la psychophobie et le validisme).

Mais non, ces préférences ne sont pas oppressives en elles-mêmes, car personne ne se doit rien (et ne pas entrer en relation avec quelqu’un n’est donc pas une oppression en soi). 

Ces préférences ne sont pas une excuse, par contre, pour insulter, humilier, stigmatiser, agresser… les personnes marginalisées (sous prétexte qu’on n’a pas envie de coucher avec ou de les fréquenter).

Un dernier mot. Ne pas fréquenter des personnes, ne pas coucher avec, ne pas avoir d’attirances envers elles… n’est pas un problème.

Par contre, les fétichiser, c’est autre chose. Je vais prendre l’exemple auquel j’ai été confronté, des personnes neurotypiques qui ont une attirance ou un fantasme ou une préférence envers des personnes autistes. Si elles gardaient ce fantasme pour elle et ne cherchaient pas à le vivre, ça ne poserait pas de problème, soit dit en passant. Ce qui pose problème c’est qu’elles aillent contacter ou draguer des personnes autistes pour satisfaire ce fantasme. 

Pourquoi c’est problématique ? Car les fétichiseurs considèrent les personnes autistes comme toutes pareilles et interchangeables, les réduisant à une seule caractéristique (l’autisme) et surtout aux clichés autour. Les fétichiseurs perçoivent la relation avec une personne autiste comme une « expérience » (un peu exotique). Une telle relation ne peut pas être respectueuse, car la personne autiste n’y sera pas traitée comme une personne. Elle sera un simple objet de fantasme, consommable (et souvent jetable une fois le fantasme satisfait ou déçu…).

D’un point de vue autiste (et neuroatypique en général), je peux vous le dire : c’est très, très malaisant quand des neurotypiques nous fétichisent.

Pourquoi je considère que « ne pas vouloir de relations avec des autistes » c’est acceptable, et « fétichiser les autistes » non, alors que dans les deux cas il s’agit d’une préférence ? C’est simple. La personne qui ne veut pas de relations avec des autistes, tant qu’elle reste respectueuse, ne créera aucun problème à personne. La personne qui fétichise les autistes, elle, aura un comportement irrespectueux et consommateur (au mieux) envers les personnes autistes qu’elle rencontre.  

13 réflexions au sujet de « Ne pas vouloir d’amitié, de relation amoureuse ou sexuelle avec des personnes neuroatypiques, est-ce en soi de la psychophobie ? »

  1. Bonsoir,
    Haut potentiel complexe ? C’est la forme au QI hétérogène c’est cela ? Perso’ j’adhère pas trop trop aux différenciations faites dans le milieu. Les homogènes sont comme cela et les hétérogènes comme cela… Hum un peu dichotomique réducteur voire erroné.
    L’anglais aide bien avec ses deux termes sur ces histoires de solitude, isolement, machin. Alone et lonely. Ce qui est dur est d’être lonely, et dans le cas du collège ou ailleurs c’est ce qu’imposent parents/profs/éducation nationale… On se retrouve absolument lonely. Isolé en fait.
    Les autres, enfants, nous laissent juste alone… Ce n’est pas un souci en soi, sauf si derrière on est complètement lonely (par action extérieure) donc amalgame, souffrance, sentiment de rejet voire accusation, volonté créée parfois (alors que si cela se trouve si la personne n’était pas lonely… Elle ne voudrait pas non plus de ses camarades et n’en aurait pas souffert). Chacun ses droits et ses choix tant que le respect et là et que ce n’est pas néfaste surtout.
    Or ces gamins au collège n’étaient pas la source du néfaste directement… Mais c’est loin d’être aisé de prendre du recul sur quelque chose qui a pu toucher profondément.
    Bonne soirée,
    Indriya/Dulsao

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    1. Laminaire c’est homogène, mais aussi avec un fonctionnement similaire aux NT (à part une capacité de penser plus rapidement).

      Complexe c’est hétérogène, mais surtout, ce sont des personnes avec un contrôle des pensées, ressentis et comportements inférieur à la moyenne, entre autres (ce qui entraîne l’hypersensibilité sensorielle et/ou émotionnelle, le fait de penser « tout le temps », le fait que la pensée parte « en arborescence » dans tous les sens, les difficultés à se conformer aux codes sociaux, à se concentrer, etc etc)

      Les deux profils ont été d’ailleurs clairement distingués, d’abord par l’observation clinique, et ensuite par les études neurologiques (IRM). Je développe pas ici car je suis en train d’écrire un article sur ça avec toutes les sources (notamment des études IRM).

      Et le fait qu’ils soient « homogènes » ou « hétérogènes » est un résultat au test (qui peut être influencé par d’autres facteurs comme l’anxiété, les troubles dys non-diagnostiqués…), c’est pas forcément le truc le plus important. Ce qui importe c’est les différences de fonctionnement neuro.

      Ensuite je suis d’accord sur « alone » et « lonely ».
      Je rajouterais que, si, les collégiens NT sont souvent AUSSI une des sources du problème… mais par leur harcèlement, moqueries, agressions, questions et remarques déplacées, etc etc. En revanche le fait de « ne pas vouloir être amis avec » n’est, lui, pas à un truc à leur reprocher.

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    2. D’accord, les différences véritablement neuro de fonctionnement NT/ pas NT n’ont pas été clairement explicitées dans les articles que j’ai pu lire. Ce qui me gênait dans ceux-ci était vraiment la dichotomie sur le fonctionnement intellectuel. L’on peut être très cérébral et/ou TTHQI en étant hétérogène… Mais je lirais ton article, il est vrai que les IRM sont de sacrés preuves… Sauf que comme à l’habitude de pas mal de monde, l’extrapolation est faite sur les comportements qui découleraient de tel ou tel fonctionnement voire carrément les personnalités.
      Pas du tout… C’est compréhensible, de ne pas vouloir se rapprocher de tel ou tel fonctionnement différent du notre… Là où cela coince est lorsque les remarques déplacées sur ceci viennent de leur part… (au hasard les parents NT qui n’acceptent pas que nous refusions des NTs sur des critères de fonctionnement ou d’intelligence.). Lorsque eux nous reprochent de ne pas vouloir être avec eux alors qu’ils peuvent ne pas vouloir de nous. Mais bon. C’est un article intéressant, séparer les causes, les comportements, ce qui peut ou non être reprochable en une seule et même personne.

      Aimé par 1 personne

  2. hey, merci pour cet article hyper intéressant qui m’a fait beaucoup réfléchir.

    quelques questions/réflexions 🙂
    je comprends pas bien l’intérêt de parler de ce que les gens ont « le droit » de faire ou non… peut-être que c’est un détail, qu’un synonyme ou une périphrase serait tout aussi valable, mais personnellement, le fait d’en appeler à un droit qui serait accordé ou refusé (donc par une autorité, qu’elle soit légale ou morale) me plait pas trop. c’est comme si tu tamponnais « trolldejardin approved » sur tel ou tel comportement…?

    mais peut-être qu’il y a une logique derrière que je n’ai pas saisie.

    et sinon, pourquoi se focaliser sur les attirances des NT? je ne suis pas n-typique car dépressif, mais je ne crois pas avoir pour autant d’affinité automatique avec les personnes bipolaires, autistes, schizophrènes etc. avec les dépressif-ves oui, clairement. mais je ne vois pas ce qui m’empêche d’avoir des comportements ou propos de merde envers d’autres personnes n-atypiques dont je ne partage pas le vécu…

    et enfin, je signale juste hein, il semble que Léo devienne Robert à un moment! enfin bon. ça arrive.

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    1. Bah je me suis permis de dire « ils ont le droit » parce que justement, je ne me serais pas permis de dire « ils ont pas le droit ». Pour dire que justement c’est leur choix à eux.
      Le mot « droit » est pas forcément parfait, mais je ne vois pas trop comment je pourrais le formuler autrement. Si je disais, par exemple, « ils sont légitimes à », ça poserait le même souci.

      Je me focalise sur les attirances des NT, car le débat fréquent dans le milieu militant est « est-ce que c’est problématique que des personnes DOMINANTES aient des préférences envers d’autres personnes DOMINANTES ». Ce débat me met un peu mal à l’aise dans le principe, mais bon, il existe, alors j’ai souhaité y répondre.

      Par ailleurs, je voulais aussi montrer que la solitude subie qu’on vit dans les environnements NT peut être dénoncée, sans pour autant reprocher personnellement aux NT de ne pas être amis avec nous.

      Et ça, ça a besoin d’être dit et précisé je pense.
      Pour reprendre mon exemple du collège, oui, je dénonce la solitude subie par beaucoup de collégiens atypiques, et cette solitude est due au fait d’être entourés de NT (qui souvent ne veulent pas d’eux).
      Si je dis juste ça sans préciser, ça sous-entend que « les collégiens NT ont TORT de ne pas être amis avec eux ». Et donc je préfère préciser que non.

      Le cas dont tu parles (par exemple une personne autiste qui ne voudrait pas d’amis atypiques non-autistes, une personne dépressive qui ne voudrait pas d’amis atypiques non-dépressifs…) peut exister, mais est plus rare et a beaucoup moins de conséquences en pratique.

      Merci pour Léo et Robert, je vais relire (j’ai dû m’emmêler les crayons ^^)

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    2. en fait je me rends compte que je me suis jamais posé la question de savoir si la dépression était une neuroatypie. Et en fait je n’en sais rien (et je n’ai pas forcément besoin de le savoir). Mais du coup ma deuxième question est peut-être totalement à côté de la plaque, désolé! :/

      J’aime

    3. Perso je considère que oui. En particulier quand il s’agit d’une dépression durable et/ou « profonde ».

      En effet, cela a un impact important sur :
      la manière de communiquer
      la fatigabilité
      la manière de ressentir les émotions
      la manière de se percevoir soi-même
      la manière de percevoir les autres
      et souvent, la manière de comprendre et de partager les émotions des autres, et la manière de raisonner

      Et bref, le résultat, c’est une personne très différente d’une personne NT.

      Et bien sûr, c’est encore plus le cas pour les personnes qui ont eu une dépression dans l’enfance, ou une dépression qui a commencé dans l’enfance et duré ensuite… car là ça aura modifié leur développement dans des étapes cruciales.

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  3. Tu n’as peut-être pas fait d’études mais cela ne t’empêche pas de développer et de présenter clairement, simplement ta réflexion. Je suis content d’avoir lu ton article car ton avis se rapproche fort du mien et tu l’exprimes mieux que je ne l’aurais pu le faire (alors que j’ai quelques années d’université derrière moi ^^ )

    Pour compléter ta réflexion, j’ajouterai un point qu’il ne me semble pas abordé explicitement dans ton article (dans le cas contraire, veuille bien m’en excuser, je suis du genre distrait) : le rejet après la découverte (plus ou moins tardive) de la particularité. Je m’explique.
    Les particularités ne sont pas toujours visibles de prime abord. Soit qu’elles n’ont qu’un impact faible sur le comportement visible (tout dépend si la personne est consciente ou non de cette particularité, si elle l’assume ou non et éventuellement d’où la personne se situe dans le « spectre » de sa particularité). Soit qu’elles sont cachées par la manière dont les personnes se rencontrent : typiquement Internet et les réseaux sociaux permettent de rencontrer et d’échanger avec des personnes sans les connaître physiquement. Je pense qu’on peut considérer qu’il y a de la (insérer le terme ad hoc)-phobie à partir du moment où une personne qui a noué des liens plus ou moins forts avec une autre rejette celle-ci lorsqu’elle découvre sa particularité.

    Merci encore pour ce bel article à lire, à relire et à partager.

    PS : Pour savoir d’où je parle, je suis (merci de ne pas tenir compte de l’ordre d’énumération) : haut potentiel, hétéro (c’est ce qui correspond le mieux jusqu’à présent), cis, valide (conscient qu’il n’en sera peut-être pas toujours ainsi).

    Aimé par 2 personnes

  4. Je trouve ça très intéressant, j’ai failli liker, mais patatras, j’ai lu la fin :

    « Pourquoi c’est problématique ? Car les fétichiseurs considèrent les personnes autistes comme toutes pareilles et interchangeables, les réduisant à une seule caractéristique (l’autisme) et surtout aux clichés autour. Les fétichiseurs perçoivent la relation avec une personne autiste comme une « expérience » (un peu exotique). Une telle relation ne peut pas être respectueuse, car la personne autiste n’y sera pas traitée comme une personne. Elle sera un simple objet de fantasme, consommable (et souvent jetable une fois le fantasme satisfait ou déçu…).  »

    Je ne vois pas ce qui permet de dire ça. Que sait-on vraiment de ce qui nous attire chez une personne ? Si je craque pour les mecs qui ont des yeux verts, et que du coup mes partenaires ont plus souvent les yeux verts que la moyenne de la population, en quoi est-ce que je considère mes partenaires comme toutes pareilles et interchangeables ? De même, si je ne couche qu’avec des mecs, cela veut-il dire que je considère tous les mecs comme interchangeables ? Bien sûr que non !

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