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Est-ce que mentir pour draguer, c’est éthiquement problématique ?

Avertissement, mes réflexions dans cet article ne sont pas forcément dans la ligne des différents milieux militants (ni des personnes qui suivent mon blog, je vois déjà certaines personnes spécifiques qui risquent d’être dérangées), et abordent un sujet assez tabou et délicat pour tout le monde. Par ailleurs je n’apporte pas vraiment de réponse tranchée à la fin. 

Je rappelle aussi, encore une fois, que je suis moi-même une personne imbaisable pour la grande majorité des gens, pour plein de raisons socio-politiques : orientation sexuelle (et biphobie notamment), chômage, niveau d’études (études non-terminées), manque de culture générale et académique, apparence physique, look, atypies neuro-psy, atypies physiques… Je fais donc aussi partie des gens qui ont le plus de raisons de mentir, sur le papier. 

Beaucoup de gens mentent, de façon directe ou indirecte, pour draguer, et on considère souvent ça comme faisant partie du jeu. 

Cette question est un dilemme éthique pour moi. D’un côté, je trouve que cela peut poser des problèmes de consentement. 

D’un autre côté, je ne souhaite pas blâmer les personnes qui mentent, notamment parce que c’est souvent la pression sociale, la solitude… qui les y amènent. 

Bien sûr il y a des gens qui mentent de façon stratégique, sur leurs intentions, pour amener la personne à coucher par ruse ou pour pouvoir la violer ensuite. Par exemple :

  • Faire croire à l’autre personne qu’on cherche de l’amour quand on ne veut qu’un plan cul, et jeter l’autre personne ensuite.
  • Promettre à la personne de respecter son consentement et ne pas le faire.
  • Promettre de mettre un préservatif et l’enlever dans le dos de l’autre personne (ce qui est en plus dangereux).
  • Faire croire à la personne avec qui on a un rencart qu’on est célibataire, alors que non. 
  • Amener la personne dans un lieu en lui faisant croire qu’il y aura du monde, alors qu’en fait il n’y a personne (ça m’est arrivé, qu’on m’amène dans un lieu supposément rempli de monde et en fait totalement vide pour pouvoir mieux me forcer à une relation sexuelle…). 
  • Avoir un rencart pour un plan cul, et inviter d’autres personnes sans prévenir (du coup la personne qui arrive se retrouve avec des personnes en plus non-prévues, qui sont là pour un plan à trois ou plus…)
  • Utiliser du GHB (ou toute autre substance) à l’insu de l’autre personne (ça paraît évident mais je rappelle quand même). 
  • Etc

Ce sont notamment les sites et groupes de Pick Up Artists (PUA) qui font la promotion de ces stratégies. De leur point de vue, tout ce qui compte c’est arriver au but (baiser), peu importe le consentement, le respect, le bien-être de la personne en face…

Et ça évidemment, je ne cautionne pas tous ces comportements. Là il s’agit clairement de manipulation et de mensonge portant directement sur les intentions (par exemple promettre de mettre une capote et ne pas le faire). 

Mais ici je voulais parler des autres types de mensonge dans la séduction, ces mensonges qui ne sont pas faits avec une mauvaise intention calculée, qui portent sur des caractéristiques personnelles (métier, niveau d’études, âge, etc), et qui semblent pas graves. 

Les mensonges sans gravité ( ? )

Mentir sur son âge. Mentir sur son métier de façon directe, ou de façon indirecte (en utilisant un mot de jargon ou un euphémisme qui a l’air plus prestigieux). Mentir sur son niveau d’études. Mentir sur son expérience sexuelle ou sentimentale passée. Mentir sur ses centres d’intérêt, ou sur la culture qu’on possède. Mentir sur ses origines (de classe sociale, de région ou ethniques). Etc, etc. 

D’ailleurs la limite entre ce qui est du mensonge, et ce qui n’en est pas, est floue. Par exemple, est-ce que omettre de parler de certains détails (qui peuvent être importants) c’est pareil que mentir activement par exemple ? 

Si je ne veux pas blâmer les personnes qui mentent (ou qui omettent, qui déforment un peu la réalité, etc), c’est parce que globalement, plus une personne est éloignée de la norme, des groupes dominants, plus elle devra mentir. Par exemple les femmes ont plus de pression pour correspondre aux normes (esthétique, comportements, goûts et centres d’intérêt…), les personnes bi peuvent avoir intérêt à le cacher…

Quelle personne n’aurait presque pas besoin de mentir ? Une personne qui serait à la fois

  • bourgeoise
  • très cultivée, au sens « culture légitime » bien sûr (c’est à dire culture académique, universitaire, reconnue par la bourgeoisie…)
  • valide (donc neurotypique ET physiquement valide)
  • cisgenre
  • hétéro
  • dans la norme esthétique
  • d’âge moyen
  • un homme

Cette personne-là, globalement, n’aura pas besoin de mentir (cacher, travestir la réalité…) ou presque, parce qu’il lui suffira d’être elle-même pour plaire facilement à beaucoup de gens. En outre, les gens respecteront cette personne sans même se poser la question. 

Ce sont toutes les personnes (très majoritaires si on compte tous ces critères, bien sûr) qui s’éloignent de cette norme qui vont mentir, et plus on s’en éloigne plus on a des raisons de mentir, en général. 

Ce sont toutes les personnes éloignées de cette norme, aussi, qui ont une pression pour justement s’y conformer, que ce soit en termes de physique, de look, de comportement, d’expression corporelle, de culture, de centres d’intérêt… 

La raison la plus évidente c’est que quand on sort de cette norme, c’est plus difficile d’intéresser sexuellement et sentimentalement des gens (surtout si on s’en éloigne beaucoup). 

L’autre raison, c’est que mentir peut éviter de faire face à des situations de manque de respect, voire de violence. Par exemple, la fétichisation.

Personnellement, quand je suis dans un rapport de séduction / flirt / début de relation intime, je ne cache pas mes atypies.

Pour des raisons politiques (c’est important pour moi de ne pas en avoir honte et de l’affirmer).
Parce que je préfère que la personne en face s’éloigne immédiatement, plutôt qu’elle découvre progressivement que je ne suis pas valide (neurotypique) et finisse par partir, mais après m’être attaché à elle. Si ça doit coincer autant que ça soit d’entrée.
Parce que c’est mon intérêt spécifique et j’aime beaucoup en parler. 

Et aussi, parce que (personnellement) je vois ça comme une marque de respect des personnes en face. Je vais m’expliquer. 

Il y a des personnes (neurotypiques ou non, d’ailleurs) qui ont du mal, au niveau relationnel, avec les autistes, et qui trouvent ça juste pénible. Et ce n’est pas forcément (que) à cause de clichés et de généralisations psychophobes, c’est aussi parce que certaines personnes sont juste complètement incompatibles avec les autistes. 

Et c’est pareil pour mes autres atypies (HP complexe, dépression, anxiété…). Il y a des gens qui ne pourront pas, à long terme, se sentir bien et heureux aux côtés d’une personne dépressive, anxieuse, ou HP complexe. Et à plus forte raison, une personne qui cumule les atypies comme moi, qui a choisi de ne plus compenser du tout, et qui en plus milite sur le sujet. 

Et donc de mon point de vue, si je ne le dis pas ou si je le cache, je prends le risque que la personne s’engage dans une relation qui ne sera pas saine ou positive pour elle (ni moi), au moins à long ou moyen terme. 

Cependant, je comprends très bien pourquoi certaines personnes dans mon cas préfèrent ne pas le dire. Et de fait, par expérience le dire dès le début, ça a un prix. Il y a, déjà, le risque de rejet. 

Il y a aussi les personnes neurotypiques qui veulent sortir avec une personne autiste parce qu’elle est autiste (applicable à toute atypie), pour avoir une expérience « exotique ». Il y a les personnes qui espèrent qu’on correspondra à certains stéréotypes qui les amusent ou leur sont utiles (par exemple une personne schizophrène devra être « artiste », une personne avec des TOC devra avoir des TOC « marrants », etc). Il y a les personnes qui se serviront de nous comme caution, singe savant, faire-valoir. Et j’en passe.

Et puis, il y a les bourreaux qui sont spécifiquement attirés par des personnes atypiques, parce qu’elles sont (ou semblent) plus vulnérables, ou que détruire ces personnes-là leur apporte un plaisir particulier. 

Sans oublier bien sûr les sauveurs ou « chevaliers blancs », qui pensent nous sauver au choix de « la maladie », du handicap, du malheur (réel ou supposé), de la solitude, qui ont l’impression de nous faire la charité en sortant avec nous…

Bref, dire qu’on appartient à une minorité ou qu’on a une particularité socialement dévalorisée, ça risque à la fois de faire fuir les gens et d’attirer les mauvaises personnes pour les mauvaises raisons.

Donc partant de là, je comprends pourquoi certaines personnes mentent, omettent, cachent, déforment la réalité… pendant la drague. Pour éviter les relous, les bourreaux, les sauveurs et les fétichiseurs. 

Il y a aussi d’autres raisons plus basiques. Pour beaucoup de gens, mentir et « bien présenter » fait partie du jeu, et ne pas le faire est même considéré comme un faux pas, une faute de goût. En outre, mentir cela peut aussi s’expliquer par la honte, la gêne… qu’on ressent nous-mêmes par rapport à certaines particularités. Cette honte et cette gêne, bien sûr, sont crées par le contexte social. 

En bref, je ne souhaite pas juger ni blâmer les personnes qui mentent pour se conformer à des normes sociales. Car comme je le disais plus haut, seules les personnes qui correspondent à la norme en tous points n’auront pas à se poser ces questions-là. Et que plus on est une personne marginalisée, plus la question se pose, au contraire. De plus, si ces personnes mentent c’est parce qu’on leur met la pression en ce sens.

Cependant, cette pratique, de mentir (à propos de soi-même) pendant la drague, me pose quand même un problème, par rapport au consentement. 

Je ne dis pas que c’est forcément une rupture de consentement. Il y a beaucoup de gens qui s’en foutent ou ne trouvent pas ça grave qu’on leur ait menti au début, qui ne le vivront pas mal ensuite, voire qui considèrent que ça fait partie du jeu et s’y attendent (comme une pièce de théâtre où chaque personne sait que les autres jouent un rôle, mais fait comme si c’était vrai). 

Cependant, reste qu’en mentant, on ne sait pas si on est en train de respecter le consentement de l’autre personne ou pas. Parce qu’on ne sait pas ce qui est une condition déterminante du consentement pour l’autre. 

Le risque c’est donc que la personne en face s’engage dans une relation (de courte ou longue durée, sexuelle, sentimentale…) sur la base d’informations fausses, alors qu’elle ne l’aurait pas fait si elle avait eu les vraies informations.

Peut-on vraiment parler de consentement (libre, éclairé, tout ça…) dans ce cas ? 

Alors, je vais volontairement prendre un exemple peu sympathique. Imaginons une personne (A) qui est au chômage et n’a pas pu faire d’études, qui ment sur son métier et son niveau d’études. L’autre personne (B), du coup, accepte de se mettre en couple. Sauf que pour la personne B, une condition pour se mettre en couple est que son partenaire ne soit pas au chômage et ait fait des études. 

Alors, certes, la personne B fait son choix sur des critères de mépris de classe (études, avoir un emploi). Et le mépris de classe est une mentalité qu’on doit combattre. 

Cependant, d’une part, dans le cadre intime je trouve qu’on a le droit d’avoir les raisons qu’on veut, même des raisons qui sont politiquement et humainement merdiques (mépris de classe, validisme, biphobie…) pour choisir de ne pas sortir et coucher avec des gens. 

D’autre part, et surtout, le consentement de la personne B n’aura pas été vraiment respecté ici, puisqu’elle aura été littéralement trompée pour l’amener dans une relation. 

Et en même temps, encore une fois, je ne veux pas blâmer la personne A du tout. Car ce n’est absolument pas de sa faute si elle vit dans la précarité et la pauvreté, ni si elle est stigmatisée pour ça et qu’on lui met la pression pour ne pas le cacher, pour avoir l’air moins prolo. Et ce n’est pas non plus de sa faute si la culture de l’honnêteté et du consentement (libre, éclairé et enthousiaste) est si peu répandue dans les relations intimes et ailleurs. 

Par ailleurs, la personne A n’aura pas en général agi avec une mauvaise intention calculée (contrairement au mec qui enlève sa capote en douce, qui attire l’autre personne dans un lieu vide par ruse, qui promet une relation de couple pour avoir un plan cul…). Et même si les intentions ne font pas tout et n’excusent pas tout, je ne suis pas non plus d’avis que l’intention ne compte pas. L’intention ne fait pas tout, mais elle compte. 

Mon objectif ici n’est donc pas de blâmer ou de juger les personnes qui mentent à propos d’elles-mêmes et de leurs vies pendant la drague. Et en fait je ne dis même pas « il ne faut pas le faire », ou « ne le faites pas/plus ». Je reconnais que dans certains cas, certaines personnes n’ont que cette solution-là. 

Mon objectif c’est de casser un peu le tabou sur ce sujet et d’amener à réfléchir pour qu’on trouve des solutions à la fois respectueuses et équitables à ce problème. 

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6 réflexions au sujet de « Est-ce que mentir pour draguer, c’est éthiquement problématique ? »

  1. Le début de l’article je suis assez d’accord mais la deuxième moitié moins. C’est vrai que c’est une question complexe, mais je pense aussi que dans l’exemple si la personne B considérait comme nécessaire à son consentement que la personne A ait un travail et fait des études pour sortir avec c’est un peu tant pis pour sa gueule si elle ne l’a pas dit dès le départ. Si elle l’a dit dès le départ la situation est ambiguë.
    Après je pense que c’est extrêmement important dans une relation de prévenir l’autre dès le départ des deal-breakers, parce que ça évite beaucoup d’emmerdes.
    Il m’est déjà arrivé de sortir avec une meuf en lui cachant l’intensité de mes sentiments pour elle parce que de mon point de vue ça ne la regardais pas et qu’elle était très validiste envers le fait que je sois borderline et ne voulait donc pas sortir avec moi si je la kiffais.
    Résultat au bout d’un moment j’avais plus envie de le lui cacher parce que j’aime pas mentir pour des trucs importants même si je le fais tout le temps, et surtout que j’avais encore de l’espoir qu’elle me kiffe.
    Résultat elle m’a plaqué direct parce que le mensonge c’était un deal-breaker pour elle. Elle ne m’en avait pas informé avant pourtant, ce qui aurait évité beaucoup de soucis, d’embrouilles, de disputes et surtout aurait peut-être préservé notre amitié.
    Après dans les relations amoureuses on connaît jamais parfaitement l’autre au début et même sans se mentir on découvre parfois des choses importantes pour soi que l’autre ne nous avait pas dit parce qu’elles ne lui paraissaient pas importantes, ne connaissant pas ce qu’on jugeait important. C’est le jeu, sortir avec quelqu’un·e permet de le découvrir et apporte parfois des bonnes ou des mauvaises surprises.
    Et en soi cacher une information parce qu’on est timide et qu’on n’a pas envie de se révéler, parce qu’elle ne nous semble pas importante ou parce qu’on souhaite avoir plus de chances de pécho ça revient quand même en partie au même. On peut juger de circonstances atténuantes dans certains cas mais découvrir des trucs sur son partenaire même au bout de longtemps ça fait partie du jeu, au sens propre pour certain·e·s qui font même un jeu de cultiver le mystère pour pimenter leur vie de couple.
    Bref c’est vrai que c’est une question intéressante et complexe.

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  2. C’est Indriya qui parle.
    Éthiquement je suis entièrement d’accord avec toi. Bien que personnellement éthiquement je n’apprécie que peu le mensonge voire pas du tout. Par rapport à autrui, si autrui me ment je ne vais pas juger ceux qui le font et si on le fait à mon intention selon le mensonge, le type de mensonge, la situation, je vais pardonner, plus ou moins perdre confiance, etc.
    cela dit, je pense que c’est pragmatiquement qu’il serait plus aisé de penser.
    Effectivement si on prend la pragmatique, en cas de mensonge ou omission :
    -déjà il faut voir l’énergie que l’on va dépenser à être autre que soi, dissimuler ceci ou cela
    -ensuite réfléchir à comment avouer finalement, et en cas de mensonge expliquer le mensonge. Ou comment le couvrir. Ce qui est une dépense d’énergie sociale énorme.
    Pragmatiquement mentir pour draguer peut avoir un énorme coût… Ou omettre également. Je ne jugerai pas du tout éthiquement , moi aussi je peux omettre certaines choses. Mais d’un pdv pragmatique je préfère la quiétude d’avoir dit, être fixée aux troubles de la réflexion découlant du mensonge, son comportement, quand, comment avouer risque de rejets tardifs, ensuite tout un tas de trucs sociaux avec la confiance, les explications, blablabla.
    Avant effectivement je pouvais omettre certaines choses, parce que je n’y pensais pas spécialement, mais il est vrai que j’ai toujours dit pour les chevaux, les opinions, les centres d’intérêts… Ce que j’omettais je le faisais parce que c’était quelque chose de privé omit avec tout le monde ou vraiment non important. Mais même masturbation, sexualité, genre, trucs, je n’ai… Pas de honte à le dire. En cas de stress, de timidité, de vouloir plaire je peux tout à fait comprendre mais n’ayant pas honte de ces choses en soi…
    Et je préfère largement un rejet net, un rejet explicite basé sur l’autisme par exemple qu’un rejet, même s’il est net, qui se basera sur des impressions un peu bizarres, un peu vagues. On m’a par le passé beaucoup rejettée à cause de l’autisme latent, personne pas même moi ne le voyait mais il était là, et j’en ai bien plus souffert que si on me dit aujourd’hui »non, tu es autiste ». Ce sera blessant mais moins qu’autre chose. J’ai il y a quelque temps été rejettée, un coup dur je m’étais vraiment attachée, vite et sans trop savoir pourquoi, ne sachant pas l’autisme j’avais cet espèce de faux self, et le rejet a été difficile surtout en me rendant compte derrière de l’autisme et en me disant « putain si j’avais su et pu le dire ». Être rejettée sur un autisme non connu, en quelque sorte omis mais senti, présent, rejettée par lui sans le dire ou le savoir est pire je trouve que rejettée explicitement à cause de lui (ou la douance).
    Je sais que même si c’est pêtrux je dirais d’emblée surdouée TTHQI/autiste/Tania (ma jument) et même si on me dit que je colle ded étiquettes.
    Parce que pragmatiquement c’est beaucoup plus simple à gérer. Déjà que la drague, les relations humaines, les émotions »amour » ne sont pas aisées… C’est libérateur de pouvoir être soi dès le départ en fait. Et si l’autre est un minimum ouvert.e d’esprit avant de rejeter s’il.elle ne sait pas il.elle demandera.
    Mais évidemment je ne dis pas que c’est le mieux, la peur est balèze comme sentiment… Mêlée d’attirance/affection c’est encore pire.

    Je peux aussi concevoir les choix et critères basés sur le social, le neurologique. Moins les centres d’intérêt tout de même. Je peux concevoir que l’on ne veuille entretenir quelqu’un, qu’il y ait des questions de milieu, ou entre travail/étudiant, où l’on vit (parents ou non), les rythmes de vie, le neuro aussi. Perso quelqu’un de NT ce serait non, quelqu’un de non-surdoué aussi, autisme plus ou moins cela dépend. Mais c’est purement pragmatique en fait pour ce dernier point. Qui ne comprenant pas l’autisme ne peut accepter que je veuille/doive vivre seule, ne soit pas trop physique, émotions, proche, n’ait pas besoin ni envie de contacts même messages constamment, que j’aie bien plus besoin et supporte mieux ma jument qu’une personne. Bien que je puisse comprendre les besoins non autistiques en face. Par contre un jugement sur mon amour immodéré pour Tania et le fait que je modifie ma vie pour elle ce serait niet. Et je n’utilise pas non plus du tout de critères sociaux, mais je peux concevoir… Ce qui n’excuse pas certains comportements, actes, paroles.
    Je rajoute dans la liste des niets éthiquement que tu as dis… Ne pas oser dire non/rejeter par peur de blesser ou pour flatter son ego. Je peux comprendre ne pas vouloir blesser mais pour avoir été celle qui a été blessée par un rejet non explicite je dis non et je préfère être sèche, dure, explicite que ne pas oser. Ou louvoyer. (même inintentionnellement) Ou même faire exprès pour l’ego. Ça mentir en séduisant pour son ego… Non.
    Je pense que pragmatiquement la franchise est souvent plus facile. Pas toujours des fois elle peut mener à des discussions interminables et encore plus énergivores mais encore une fois dire « je ne veux pas en discuter des heures » peut aussi être pragmatiquement plus facile… Sans toutefois blâmer ou juger les mensonges et omissions. Surtout pas… Quoique tout dépende du contexte, du mensonge et/ou de l’omission en question… Donc ce dilemme éthique peut se « résoudre » par la pragmatique si il ne peut se résoudre par l’éthique et au cas par cas. Sans juger autrui cela va de soi (encore une fois au cas par cas).

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  3. J’ai décidé que je ne mentirais pas et pourtant je ne suis pas cis , pas hétéro , pas neurotypique , pas dans la norme esthétique … Parce que je veux aimer quelqun qui m’aime. Si une personne t’aime , elle t’aime comme tu es réellement .
    L’idée de sortir avec une personne transphobe , queerphobe,psychophobe …Me dégoute et en plus me met en danger potentiel (et c’est pas écrit sur la tete des gens qui le sont , dès fois y’a des gens qui se disent « ouvert d’esprit  » et qu’en fait c’est des abrutis) . Mais je peux comprendre qu’on ai l’envi de mentir et qu’on mente si on désespère de ne pas etre en relation (cela m’ait déjà arrivé) . Meme si maintenant je pense qu’il faut savoir etre seul et heureux , comme cela on est plus libre , la presence de l’autre est un choix pas une nécessité et on la réduit pas une chose pouvant nous donner ceci-cela .

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  4. Sur le principe, j’imagine que je suis d’accord… mais voila, j’ai des tendances mythomanes, mentir m’apaise, parfois. Ça me permet de « m’oublier », de jouer un jeu dangereux et délicat qui stimule mon cerveau et c’est une sorte d’exercice d’écriture dans la vraie vie. Je sais que ça peut blesser, mais je n’arrive tout simplement pas à m’en passer. Et puis, il y a les fois où mentir simplifie juste les choses. Où dire « j’ai mal » plutôt que « je me sens vraiment mal, tellement que ça me provoque un inconfort à la limite de devenir dingue, mais je n’ai pas de douleur physique évidente » est plus simple, et pas si loin de la vérité. Certains concepts échappent à nos proches (qu’ils soient NT, valides, cis, hétéro, monogame…). Quand on est une jeune femme qui se découvre pan, c’est plus facile de dire qu’on a eu des relations avec des personnes de sexes variés que de dire qu’on SAIT qu’on est pan, alors même qu’on a pas d’expérience.
    Je sais que la personne à qui je mens peut se sentir floué ou blessé. Mais de la même façon que certains autistes ne supportent pas le contact visuel, il faut penser que pour certains, c’est de ne pas pouvoir se protéger avec un mensonge qui laisse vulnérable.
    Hécate.

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  5. Le pire avec moi, c’est que parfois, je ne me protège pas tant que je me saborde. J’ai ce besoin de montrer le pire en moi aux personnes que je rencontre, pour les tester, voir si elle.il.s vont rester même en voyant le pire que je puisse imaginer sur moi… du coup, je mens pour les tester les limites. Oui, ça m’arrive souvent, tu parles, tu parles… et tu te rends compte avec le reculs que si ça te paraissait normal sur le coup, c’était pas la vérité à 100%.

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