Psychophobie

De la psychophobie chez les véganes, animalistes et antispécistes (2) : la non-prise en compte des handicaps, maladies et difficultés

Article précédent.

Les troubles du comportement alimentaires

Une partie importante de la communauté végane a déjà du mal à reconnaître les difficultés (et impossibilités) liées aux allergies, aux carences alimentaires, aux maladies chroniques (physiques)…

Et je crois que pour les TCA, c’est encore plus compliqué. Dans la population en général, beaucoup de gens pensent que les TCA ce n’est que « dans la tête », c’est « un caprice », et qu’en sortir c’est « une question de volonté ». Même chose d’ailleurs pour l’anxiété, les phobies, la dépression, le stress post-traumatique, la bipolarité, etc.

Les TCA ne sont pas un caprice, ni un choix, ni un effet de mode. Ils sont des troubles psychiques. Ils peuvent d’ailleurs être causés ou renforcés par d’autres troubles (borderline, dépression, anxiété…).

Et si il suffisait de claquer du doigt pour en sortir, personne n’aurait de TCA. En effet, avoir un TCA n’a rien d’agréable, c’est pénible au minimum et cela peut être une grande souffrance. Les TCA peuvent tuer (de manière directe), ou causer des problèmes de santé (diabète, cancer…). De plus, comme tous les troubles psychiques, avoir un TCA signifie subir (directement ou non) de la psychophobie, être marginalisé. En particulier en France alias « la patrie de la gastronomie ».

Il y a souvent de la culpabilité (entretenue par l’entourage et la société) autour des TCA, du fait de ne pas arriver à se contrôler, de ne pas manger sainement, etc. Et pour une personne souhaitant être végane mais n’y arrivant pas, il y a en plus la culpabilité de (justement) ne pas être végane qui se rajoute.

Donc, s’il vous plaît, arrêtez de nous dire de « nous bouger » pour guérir, si c’était si simple on ne vous aurait pas attendus pour le faire. Merci.

D’ailleurs, ce n’est pas en culpabilisant et en stigmatisant les personnes qui n’arrivent pas à être véganes qu’on les aide à guérir de leurs TCA (et donc à… être véganes). C’est totalement contre-productif.

Et c’est dangereux. En pratique, une personne qui (pour le véganisme par exemple) se force à « dépasser » ses TCA (sans en avoir guéri) peut faire des crises de panique, de colère, de pleurs, d’apathie. Cela peut aller jusqu’à l’auto-mutilation ou au suicide. Surtout lorsqu’il y a d’autres troubles présents en même temps. Oui, la santé mentale, c’est compliqué.

Voyons quelques exemples.

Les compulsions alimentaires, la boulimie et l’hyperphagie peuvent amener une personne à consommer des produits animaux (par exemple de l’œuf ou du fromage).

Le trouble de l’alimentation sélective (TAS) peut aussi rendre le véganisme très compliqué. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un trouble qui restreint énormément les aliments qu’une personne peut manger. Et si elle n’a pas de chance et que cela ne laisse que des produits animaux ou presque…

Le trouble de l’alimentation sélective concerne particulièrement les personnes qui ont des hypersensibilités gustatives, tactiles (par rapport à la texture des aliments), olfactives et visuelles (le goût, l’odorat, le toucher et la vue étant les sens sollicités dans le fait de manger). Cela peut être des personnes épileptiques, hyperesthésiques, autistes…

Personnellement, je suis concerné par le TAS (lié à l’autisme chez moi). Tout le monde (et mes parents en tête) me fait chier depuis des années avec ça, à essayer de me faire manger des choses contre mon gré, à me culpabiliser, me reprocher d’être « chiant » et j’en passe. Il y a énormément de réactions psychophobes autour du TAS, qui est totalement perçu comme un caprice. Manger au resto ou chez des gens est une source d’angoisse pour moi.

Si je vois certains aliments, ou si j’en sens l’odeur, je vais perdre l’appétit. D’autres vont me donner envie de vomir juste en les voyant (voire en y pensant). Et si je me force à manger certains aliments par exemple, je vomis immédiatement.

Une personne qui a le TAS, si sa liste d’aliments consommables inclut principalement (ou uniquement) des produits animaux, elle peut se retrouver forcée de les manger, parce que c’est ça ou ne rien manger et tomber d’inanition.

La nourriture-doudou

Je vous invite à regarder cette vidéo de Vivre Avec, où Margot nous explique le principe de la nourriture-doudou, dont certaines personnes (malades et/ou handicapées) ont besoin pour maintenir leur santé mentale.

Ce qui peut être également un obstacle, pour peu que la nourriture-doudou en question soit animale.

Les autres neuroatypies

Quelques remarques pratiques. 

L’hypersensibilité au goût et aux odeurs peut être un problème de taille chez des personnes hyperesthésiques, autistes, épileptiques… Cette hypersensibilité peut amener à ne pouvoir consommer qu’une liste d’aliments restreints. C’est un des facteurs déclenchants du trouble de l’alimentation sélective (dont je parle plus haut) d’ailleurs. Si la personne n’arrive à consommer que des produits non-véganes ou presque, ça peut poser problème. 

Lorsque c’est un problème d’hypersensibilité sensorielle, même remplacer les produits animaux par des substituts (qui sont trop chers pour la plupart) n’est pas forcément une solution. On appelle ça hyper-sensibilité pour une raison : même les « petites » différences de goût et de texture peuvent bloquer et dégoûter.

Je me répète mais c’est important. Les hypersensibilités sensorielles ne sont pas un caprice non plus. En particulier lorsqu’elles posent problème à ce point.

En outre, passer au véganisme peut demander beaucoup d’énergie, surtout au début.

Il faut faire des recherches pour pouvoir se composer des menus équilibrés, adaptés à nos budgets, à nos contraintes de place (pour cuisiner et stocker les aliments), d’énergie, de lieu d’habitation (les aliments qu’on peut acheter près de chez soi). Recherches compliquées car il y a des dizaines de sites et d’ouvrages différents (souvent payants). Et éventuellement aux TCA, allergies, carences… Il faut ensuite, éventuellement, tester différentes recettes. Bref, cela peut prendre des heures et des heures.

Cela demande aussi un changement (de ce qu’on mange et de son organisation) qui peut être important. Et si on veut être aussi véganes que possible, il faut prendre le temps de lire les étiquettes (surtout en cas de dyslexie).

Il faut donc du temps, de l’énergie, de la disponibilité mentale. Il faut déjà être en mesure de gérer correctement son quotidien (travail ET tâches ménagères ET vie perso).

Beaucoup de personnes autistes, schizophrènes, dépressives, anxieuses… n’arrivent déjà pas à gérer leur quotidien.

Beaucoup manquent d’énergie, et ont une tendance à sa fatiguer supérieure à la moyenne. Je vous invite à regarder la vidéo sur la théorie des cuillères. Par exemple, la dépression a pour symptôme fréquent la fatigue. L’anorexie cause souvent de la fatigue (par manque de nourriture). L’autisme va souvent avec de la fatigue (efforts sociaux épuisants, hypersensibilité sensorielle…). Les troubles du sommeil causent évidemment de la fatigue. Et il y a plein d’autres raisons possibles.

La vidéo de Superpepette nous montre le cas d’une personne (autiste, pour le coup) qui est totalement épuisée dès la fin de sa journée de travail. Et en cas d’imprévus, avant la fin. Et cela peut être pire. Il y a des personnes pour qui se lever de son lit (par exemple pour cuisiner et manger) est déjà une grande difficulté.

En outre, n’oublions pas que toutes ces difficultés peuvent se combiner. Une personne peut cumuler, par exemple, plusieurs troubles du comportement alimentaire, une allergie, un handicap moteur (qui empêche de cuisiner), des troubles psy, tout en étant pauvre.

Dans la plupart des cas, les difficultés VONT ensemble, de fait. Les troubles du comportement alimentaire sont souvent déclenchés par d’autres troubles psy, et peuvent eux-mêmes déclencher de la dépression, et on peut avoir un cercle vicieux. La pauvreté peut déclencher des troubles psy, et les troubles psy rendre une personne pauvre. Les handicaps causent la pauvreté (discrimination à l’emploi, frais médicaux).

La pauvreté

Si vous comprenez l’anglais, je vous invite à regarder cette vidéo.

Je traduis le titre. « Être végane est tellement facile et pas cher, parce que #rizetharicots ». L’autrice de cette vidéo ne défend pas cette idée, mais la démonte (je précise).

Elle parle des difficultés des personnes qui manquent d’argent, des personnes qui manquent de temps (car elles ont des enfants et un travail), et des personnes qui vivent dans des « déserts alimentaires » (d’immenses zones sans supermarché ni magasin, avec seulement des fast-foods). Ces déserts alimentaires vont souvent avec des transports en commun absents ou insuffisants.

Pour être honnête, je ne sais pas si les déserts alimentaires existent en France (et le fait que je l’ignore prouve d’ailleurs mes privilèges de parisien de classe moyenne, qui n’a jamais eu à se poser ce genre de questions). En l’occurrence, la vidéo parle des USA.

Déserts alimentaires mis à part, le reste des arguments s’applique à la France comme à tout pays occidental. Le manque de temps, d’énergie et de place pour faire des recherches.

Et le fait que, pour des (très) petits budgets, la liste des aliments accessibles est déjà assez petite. Du coup, si on retire les produits animaux, on peut vite tourner sur toujours la même chose ou presque. Certes, sur le papier, il y a une immense variété de produits végétaux, mais dans la pratique, le budget et le lieu de courses peuvent limiter grandement. Et comme le dit l’autrice de cette vidéo, ce n’est pas praticable de demander aux pauvres de manger « juste du riz et des haricots » toute leur vie. Ni de « prendre leur vélo » (merci pour les personnes qui ont un handicap moteur…) pour faire leurs courses loin de chez eux. 

A plus forte raison, les personnes qui dépendent d’ONG (Restos du Coeur, etc), ou des food stamps (aux USA) n’ont pas forcément le choix de ce qu’elles mangent.

Les personnes mineures n’ont pas forcément le choix (les parents ont l’autorité légale d’imposer la viande par ex). Et je dirais même : les jeunes adultes sous la dépendance de leurs parents n’ont pas forcément le choix non plus. Et devinez qui se retrouve souvent dépendant longtemps de ses parents : les jeunes neuroatypiques, et les jeunes handicapés physiques.

Un autre aspect : l’emploi. Une personne peut se retrouver obligée de travailler dans un restaurant, un fast-food, une usine alimentaire… et participer à l’industrie des produits animaux, parce qu’elle a besoin de bosser.

Un dernier aspect : certains véganes pensent que tout le monde devrait manger bio. Au nom de l’éthique. Pareil ça dépend du porte-monnaie.

Ne pas tenir compte de tout ça, c’est du mépris de classe, de l’âgisme, du validisme, et de la psychophobie. Une partie de la communauté végane non seulement ne tient pas compte de tous ces aspects, mais adopte une attitude et un vocabulaire particulièrement méprisants envers les personnes non-véganes concernées par tous ces problèmes.

Les difficultés sociales

Beaucoup de personnes neuroatypiques subissent de l’exclusion sociale, ont des difficultés à se faire des amis et à les garder. Elles ont souvent particulièrement besoin de leurs amis et familles, car elles ont souvent besoin de beaucoup de soutien, pour faire face à leur vie quotidienne. Par exemple, une personne autiste qui n’a que deux amis, et qui est exclue tout le temps au travail.

En outre, les personnalités dépendantes (par définition) vont compulsivement s’accrocher à toutes leurs relations, ne pouvant vivre sans.

Or, choisir d’être végane, c’est choisir d’accepter des sacrifices sociaux (l’incompréhension et le jugement d’une partie des gens, le manque de cantines et de restos adaptés, l’épineux problème des repas entre amis et en famille…).

Il y a des personnes neuroatypiques qui n’ont pas ce luxe de devenir véganes, et d’avoir encore un truc de plus qui les marginalise.

Sans même parler de « se faire des amis et les garder », il peut y avoir des préoccupations encore plus basiques comme « ne pas se faire remarquer, ne pas donner aux gens une raison de harceler, avoir une peur panique du regard des autres à cause de violences passées… ».

C’est d’autant moins possible de faire ce genre de sacrifices sociaux, que la communauté végane n’est pas forcément un lieu bienveillant, accueillant et inclusif (euphémisme).

Endurcis-toi

Ou en anglais, « harden the fuck up ». Certains véganes (y compris sur Youtube) s’improvisent experts en santé, et nous invitent à « nous endurcir ». A faire du sport, à manger plus sainement et naturellement, à arrêter de prendre des médicaments (parce que la méchante industrie pharmaceutique nous manipule et qu’on n’a pas besoin de médicaments).

Ces gens n’hésitent pas à dire que les handicaps et les maladies sont causés par la consommation de viande et de produits animaux. Que devenir végane (par le pouvoir de la nourriture naturelle et/ou de la compassion envers les animaux) permet de régler tous les problèmes de santé mentale, voire de santé physique (!). On retrouve ici la propagande de PETA, qui prétend que l’autisme (à leurs yeux une maladie… bref) va avec le lait de vache.

Ces gens racontent n’importe quoi avec un air docte, et sont dangereux. C’est dangereux de conseiller aux gens d’arrêter les médicaments comme ça (sans aucune expertise médicale).

De plus ils disent (implicitement ou explicitement) que si une personne non-végane est malade ou handicapée c’est de sa faute, fallait être végane. C’est d’autant plus problématique que la majorité des maladies est causée ou accentuée (au moins en partie) par la pauvreté, la misère, l’exploitation au travail, le manque d’accès à la médecine, et les différentes formes de violence sociale (psychophobie, racisme…). Les personnes les plus marginalisées ont le plus de problèmes de santé.

Donc faire comme si les maladies étaient causées par la consommation de produits animaux (1) et les « choix des malades » (2), c’est juste dégueulasse.

Pour couronner le tout, le mépris des « faibles » ça craint.

Violence militante et psychophobie

On a déjà le problème du vocabulaire psychophobe (comme dans les autres militantismes). Taré, attardé, débile, etc.

Tous ces mots fleuris étant utilisés contre les consommateurs de viande, voire contre les végétariens (qui mangent des produits laitiers et des œufs), voire contre les véganes « imparfaits » ou en désaccord politique. Un peu comme certaines féministes utilisent ces mots contre les violeurs et les harceleurs de rue, par exemple.

Cela s’inscrit dans un cadre de violence, où les personnes pas véganes (ou pas assez ou pas comme il faut) sont facilement accusées de tous les maux (la faim dans le monde c’est de leur faute à elles seules, etc) et considérées comme de mauvaises personnes dans l’absolu. Certains véganes particulièrement obtus disent même ouvertement que les non-véganes ne méritent pas de vivre (avec parfois des appels au suicide).

Cette violence ne rend aucun service à la cause. Même une personne qui mangerait uniquement de la viande matin, midi et soir, qui irait au cirque, à la corrida, porterait de la fourrure et du cuir… et participerait à toutes les formes possibles d’exploitation animale sans remords, cela ne serait ni justifié ni utile de dire qu’elle mérite de mourir, qu’elle n’a qu’à se suicider, de l’humilier en public, de se mettre en groupe pour l’insulter, etc. Cela ne rendrait d’ailleurs probablement pas cette personne végane et n’aiderait pas les animaux.

En outre, cette violence n’a pas lieu d’être. La violence contre les oppresseurs peut se comprendre (et parfois se justifier) quand elle vient des personnes concernées. Cela peut avoir du sens de refuser d’être pédagogue, patient et gentil (tout le temps) avec des personnes dominantes, voire d’être violent à leur égard. Pour parler de ce que je connais, je considère par exemple qu’une personne autiste n’a pas d’obligation d’être cool face à des neurotypiques qui viennent défendre Autism Speaks, les recherches pour « guérir » l’autisme. De même, je trouve normal (voire sain dans certains cas) de mettre un poing dans la tronche à ses harceleurs scolaires si on le peut. Finalement, dans ce genre de cas, la violence est une manière de se défendre et de réagir.

Cependant, cette violence ne devrait exister que chez les personnes concernées. Si par exemple, une personne neurotypique A entend des propos psychophobes d’une personne neurotypique B, la chose à faire (pour A) est d’expliquer gentiment le problème à B, de lui donner des liens pour comprendre, etc. Ce ne serait pas admissible que A se mette à insulter B de tous les noms. Parce que en faisant ça, A s’approprierait une colère qui n’est pas la sienne, pour une situation qu’il ne vit pas. De plus, lorsque des personnes comme A font ça, c’est souvent pour se mettre en avant, prouver au monde qu’elles sont des bonnes personnes, et se défouler après une mauvaise journée.

Lau en parle dans cet article : arrêtez de gueuler plus fort que les personnes concernées.

Dans le cadre du véganisme, ce n’est donc jamais justifié de gueuler sur des gens (y compris mangeurs de viande). Tout simplement parce que les concernés ce n’est pas nous, ce sont les animaux. Donc, en l’occurrence, on devrait toujours avoir un discours aussi pédagogue et patient que possible, quitte à faire une pause ou laisser tomber lorsque la colère monte et qu’on sent qu’on ne va pas se contrôler. 

Pour résumer. La violence militante végane est problématique en soi. C’est humainement nul (pour les personnes visées), ça crée une ambiance anxiogène, c’est contre-productif pour les animaux, ça revient à utiliser une cause (qui n’est pas la nôtre) pour se défouler sur les gens et se placer au dessus des autres (égo bonjour). Et c’est psychophobe, car susceptible de blesser des personnes fragiles (non-prise en compte du PTSD et de l’anxiété, appels au suicide…).

C’est psychophobe quels que soient les mots utilisés d’ailleurs, le problème c’est la démarche. Le fait qu’en plus, certaines insultes soient explicitement psychophobes (fou, taré, débile…) n’est finalement que la cerise sur le gâteau.

Cette violence se double d’une injonction à la pureté et à la perfection (jamais d’écarts et d’erreurs, avoir le bon vocabulaire, les bonnes références, etc). La pureté militante est un problème de tout le milieu militant d’ailleurs, pas que chez les véganes.

En plus de la violence dans les insultes et les échanges inter-personnels, on peut aussi parler des campagnes publiques, qui utilisent des images, des vidéos et des slogans « choc », les imposant aux passants. Ou qui utilisent des comparaisons avec la Shoah, l’esclavage des Africains en Amérique et le viol (alors que plein de personnes concernées leur répètent sur tous les tons que c’est blessant et indécent, qu’il faut arrêter de faire ça). 

Tout ça, sans se soucier des dégâts psychologiques chez les personnes fragiles encore une fois.

Mais ces personnes n’ont qu’à « s’endurcir » après tout.

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6 réflexions au sujet de « De la psychophobie chez les véganes, animalistes et antispécistes (2) : la non-prise en compte des handicaps, maladies et difficultés »

  1. Victime ou handicapé de TCA depuis l’enfance, j’ai curieusement passé le cap de devenir végane, il y a quelques années, avec le deal suivant : « Dorénavant tu manges tout ce que tu veux, sauf des produits animaux ». Ce qui était psychologiquement un grand changement, non pas du fait d’une pratique acétique alimentaire, voir anorexique, mais la disparition de la culpabilité de « trop » se nourrir. Quarante ans d’esprit régime, ça fatigue, et ça ne donne rien, pour moi tout au moins. Et là, moi qui ne résistai pas un croissant au beurre ou à une barre chocolaté (j’utilise le singulier par honte), ni à un kebab frite, tout à coup, plus rien. Bon, j’ai « droit » à mon houmous journalier ou à un fomage de soja, tout de même. En même temps, la reprise d’un jardin et l’abandon de ma voiture, m’a orienté vers plus de « sport » que je ne pratiquai plus depuis plusieurs dizaines d’années. Tout ça associé à la prise modéré de cannabis m’a fait perdre une bonne quinzaine de kilo sans aucune frustration … J’ai du arrêter la divine plante, ayant constaté un laisser aller professionnel par trop négligeant et des trous de mémoire gênants, qui s’avère maintenant venir d’autre chose. Nul n’est parfait. Et j’ai repris une dizaine de kilo depuis. Mais je ne mange toujours plus de produits animaux. Se sentir droit dans ses bottes par ses convictions et comportements alimentaires ou non, est une satisfaction qui n’a pas de prix. Et, à vaincu mes cibles alimentaire animales, autrefois irrépressibles, sans le moindre souci. Je le souhaite à tout ceux qui souffrent de TCA.

    Aimé par 1 personne

  2. ❤ merci beaucoup de tenir ce blog, je te suis depuis un moment et j'ai limite bondi de joie quand j'ai vu tout tes nouveaux articles.
    Je trouve très pertinente ta série sur la psychophobie VG car je suis moi même en pleine réflexion et j'essaie de manger de moins en moins de viande, mais j'ai énormément de chemin a faire avant le végétalisme que c'est parfois décourageant, et j'ai une GROSSE capacité a culpabiliser. Bref, merci d'enlever un peu de ce poids 🙂
    Ce texte ci me touche particulièrement parce que j'ai une hypersensibilité générale, mais surtout gustative assez marquée mais "variable" selon bcp de paramètres (que je commence seulement a comprendre..) et ça n'aide pas du tout a changer de régime alimentaire.

    Je suis aussi en début de démarches pour un diagnostique vis a vis de plusieurs "traits" autistiques (je ne veux absolument pas m'approprier cette étiquette ! et quel que soi le résultat du diagnostique j'aimerais juste être fixée.) et ton blog m'a aidé a me questionner et surtout, a me sortir des a-priori et manque de connaissances que j'avais.
    J'ai la chance d'avoir des parents avec eux aussi plusieurs traits autistiques "classiques" et plus subtils, ce qui fait que je n'ai jamais eu une éducation trop "normée" (ce qui m'a surement, paradoxalement, aidée a mieux m'adapter)

    Aimé par 1 personne

    1. Soutien pour la procédure de diagnostic, et pour ta transition vers le végétalisme. Et je sais que c’est compliqué (comme je disais dans l’article, une partie des véganes n’aide pas), mais il vaut mieux que tu n’écoutes pas les commentaires des gens, et que tu ailles au rythme de ce que tu PEUX faire.

      J'aime

  3. « Le trouble de l’alimentation sélective concerne particulièrement les personnes qui ont des hypersensibilités gustatives, olfactives et visuelles (le goût, l’odorat et la vue étant les trois sens sollicités dans le fait de manger). Cela peut être des personnes épileptiques, hyperesthésiques, autistes… »

    Tactiles, aussi.

    La texture des aliments rentre en ligne de compte.
    Par exemple, je suis complètement incapable de manger un truc ayant une texture gluante sans avoir des hauts le coeur. Même si j’aime le goût.

    Aimé par 1 personne

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